Le 4 septembre dernier, le président Sarney révélait l'existence d'un programme nucléaire parallèle qui a réussi à produire de l'uranium enrichi jusqu'au taux de 3%. C'est le taux nécessaire au fonctionnement des centrales nucléaires du modèle le plus courant. De là le programme va se poursuivre vers des taux d'enrichissement plus élevés... (Le Brésil a de grosses réserves de minerai d'uranium dans son sous-sol).
Jusqu'à cette révélation, on connaissait au Brésil d'une part le programme nucléaire scientifique banal des universités, chapeauté par la vénérable Commission nationale pour l'énergie nucléaire, la CNEM, fondée dans les années cinquante, et d'autre part un ambitieux programme de construction de centrales nucléaires, basé essentiellement sur un accord conclu en 1975 avec la République fédérale d'Allemagne. L'Etat brésilien et la
Kraftwerk Union (KWU, filiale de Siemens) créaient ensemble l'entreprise Nuclebras.
La Nuclebras projetait la construction de 8 centrales nucléaires de fabrication allemande, et la mise au point du procédé dit du "jet en tuyère"
Les centrales nucléaires KWU devaient s'ajou-ter à une centrale Westinghouse, la centrale Angra 1, achetée clé en main aux Américains à la fin des années soixante.
Le bilan de ce programme est désastreux. Angra 1, qui devait entrer en service en 1977, n'est entrée en service qu'en
1982 et n'a fonctionné depuis, qu'occasionnellement tellement elle est défectueuse. Des centrales KWU, seules Angra
2 et Angra 3 sont en chantier et ces chantiers sont arrêtés. La récession économique qui a frappé le Brésil dès 1980 a transformé l'ambitieux programme en gouffre de dettes. Nuclebras aura besoin de 5,8 milliards de dollars supplémentaires rien que pour achever Angra 2 et 3, dont 4 milliards qui ne serviront qu'à payer les intérêts des emprunts antérieurs. On a renoncé aux 6 centrales suivantes.
D'ailleurs le Brésil a des ressources hydroélectriques dont
Brésil, un bilan désastreux les poches allemandes.
LENERGIE SOLAIRE est pratiquement inexistant".
le développement en cours devrait suffire au moins jusqu'en
2016. Les progrès de l'enrichissement par "'jet en tuyère" ont été bien lents. On n'a atteint qu'un taux de 1,1% et monter jusqu'à 3% coûtera encore des fortunes. En bref, une faillite pitoyable qui n'a servi qu'a transterer de l'argent brésilien dans
Le programme parallèle révélé par Sarney a, lui, été mis en œuvre secrètement par la CNEM et les militaires dans les années soixante-dix. Il n'a pas visé des centrales civiles mais des réacteurs pour de futurs sous-marins atomiques. Il s'est basé sur une technologie d'enrichissement de l'uranium éprouvée, l'ultra-centrifugation, achetée à une entreprise allemande en 1953 et dont les Américains ont empêché le transfert au Brésil tant qu'ils occupèrent l'Allemagne, c'est-à-dire jusqu'à la fin des années
L'accident qui s'est produit à la fin septembre au
Brésil met en relief l'importance d'avoir une infras tructure et un souci suffisants en ce qui concerne les mesures de sécurité dans la manipulation de l'énergie nucléaire, dans tous les domaines où elle est utilisée
Ce sont au moins 243 personnes, dont de nombreux enfants, qui ont été sérieusement exposées à de grandes quantités de radiations de césium-
137 provenant d'un équipement médical abandonné sur une décharge publique. Les capsules scellées ayant été brisées, une poudre phosphorescente et hautement contaminatrice s'est répandue. Un mois après trois personnes mourraient et de nombreuses autres étaient toujours hospitalisées. Les techniciens chargés d'évacuer ces déchets et les agents hospitaliers qui se sont occupés des victimes n'avaient que de piètres équipements et se sont trouvés, à leur tour, exposés aux radiations. Le Dr. José Goldenberg, de l'Université de Sao Paulo, soulignait : "Le contrôle sur les équipements radioactifs