Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

CANADA

La grève des postiers

Inprecor n° 254, 30 novembre 1987 · p. 27 · 372 mots

Syndicalisme

CANADA La grève des postiers

Après 17 jours de grève, la loi antiouvrière C-86 a forcé les 23000 postiers en lutte à retourner au travail. En imposant cette loi anti-syndicale, le gouvernement conservateur a clairement pris parti pour la Société des postes dont le projet de privatisation de certains services va transformer 4 200 employés syndiqués, payés 13,43 dollars canadiens de l'heure (1 $ can = environ 4,5 francs français) en employés hors syndicat, payés au salaire minimum.

Cette loi menace d'imposer d'énormes amendes au SPC et à ses membres. Elle prévoit de suspendre pendant cinq ans de leurs responsabilités syndicales les dirigeants qui ne la respecteraient pas.

Toujours d'après cette loi, un médiateur sera nommé pour tenter d'arriver à un règlement. En cas d'échec, le gouvernement nommera un arbitre qui devra prendre en considération un rapport de conciliation qui s'appuie d'emblée sur le projet de privatisation de la Société des postes.

Le gouvernement fédéral canadien, la Société des postes et les médias ont mené une énorme campagne de propagande contre les membres du SPC, qui sont décrits comme des gens trop bien payés, des "paresseux, des égoïstes et des fanatiques

Mais la vérité sur les conditions de travail dangereuses et la répression que subissent les postiers a commencé à être connue pendant la grève.

La direction de la Société des postes a tout fait pour intimider et réprimer les postiers qui se battent pour leurs droits.

Elle a combattu les piquets de grève en envoyant des commandos de jaunes, habitués de ce genre d'expéditions. Le président local d'Edmonton du SPC a déclaré que plusieurs grévistes ont été heurtés et blessés par les cars transportant ces jaunes et qui ont forcé les piquets de

A Saint-Jean de Terre-Neuve une gréviste a eu le bassin fracturé par un camion remorque qui a défoncé la ligne de piquet et à Ottawa une gréviste a été assommée par un policier.

La participation aux piquets de grève, en solidarité avec les postiers, de la part de syndicats d'autres branches a varié selon les régions. A Vancouver, des membres de plus de 15 syndicats sont venus renforcer les piquets. Mais dans d'autres villes, comme à Montréal, ils n'ont été rejoints que par un petit nombre de mili-

Une erreur sur cette page ?