Inprecor 1974–2004

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SUISSE

Lettre à Duarte

Inprecor n° 254, 30 novembre 1987 · p. 27-28 · 439 mots

Syndicalisme

SUISSE Lettre à Duarte

L'Union des syndicats du Canton de Genève (USCG) a adressé une lettre au président du Salvador, José Duarte, au ministre du Travail, Miguel Gallegos et à Mgr. René Revelo de la Commission nationale de réconciliation, à propos de l'accord de paix en Amérique centrale (voir Inprecor numéro 250 du 5 octobre 1987). Nous publions ci-dessous un extrait de cette lettre.

"(...) Comme syndicalistes nous sommes solidaires de tous les opprimés qui luttent pour leurs droits et nous considé rons de notre responsabilité d'agir, par tous les moyens, pour que ces promesses deviennent réalité. L'annonce du "dialogue avec les groupes d'opposition" est un engagement clair. Or, les nombreuses organisations syndicales paysannes, étudiantes et humanitaires regroupées dans l'Unidad Nacional de los Trabajadores Salvadorenos (UNTS) se sont heurtées jusqu'ici à un net refus de toute négociation de la part des autorités salvadoriennes. Il s'agit pourtant d'organisations légales et non armées et leurs revendications sociales et démocratiques vont toutes dans le sens de l'accord du Guatémala.

Au cours des derniers mois, ces organisations ont même été soumises à une nouvelle vague de répression. Plus de 130 syndicalistes et coopérants dont nous détenons la liste ont été assassinés, blessés ou arrêtés et torturés depuis septembre 1986. Le Décret 296 condamne de manière draconnienne la grève dans les services publics où les nombreux conflits de ces derniers mois se sont soldés par la militarisation des entreprises. L'armée a tiré sur les manifestants le 31 mai, le 8 et le 15 juillet. (...)

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Aussi attendons-nous que le gouvernement d'El Salvador et la Commission nationale de réconciliation chargée de contrôler l'application de l'accord du Guatémala appliquent celui-ci, d'ici au 7 novembre, sur les points suivants :

1. L'arrêt des détentions, assassinats et poursuites de syndicalistes, coopérants et membres d'organismes humanitaires.

2. L'arrestation et le jugement des responsables de ces meurtres et détentions.

3. La reconnaissance sans condition de l'UNTS, de ses syndicats ou associations et de leurs délégués dans les entreprises.

4. L'abrogation du Décret 296 et la levée de toutes les peines et condamnations pour faits de grève, la réintégration de tous les syndicalistes licenciés pour leur participation à des conflits du travail.

5. L'ouverture de négociations avec l'UNTS, ses syndicats et ses associations pour satisfaire leurs revendications sociales, démocratiques et humanitaires.

6. La réalisation de mesures concrètes pour le cessez-le-feu et l'humanisation du conflit dans le dialogue avec le FMLN-FDR. (...)"

Cette lettre de l'USCG est soutenue par de nombreux responsables syndicaux de branches comme les Services publics, le Livre et Papier, la Chimie, les PTT, le Bois et Bâtiment, ou de villes comme Fribourg, Lausanne, Zoug, Soleure, Olten, Gruyère-Vevey.

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