Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

URSS

Des chômeurs soviétiques s'adressent à Gorbatchev

Inprecor n° 257, 18 janvier 1988 · p. 11 · 438 mots

URSS et Russie

LES DEUX TEXTES suivants sont parus dans le numéro 5 du journal samizdat, Glasnost. Nous en reprenons des extraits à partir de la dépêche de l'Ukrainian Peace Committee du 29 octobre 1987. Des chômeurs soviétiques s'adressent à Gorbatchev.

A U SECRETAIRE général du

Comité central du Parti communiste d'Union soviétique, le camarade M.S. Gorbatchev, et au président du Présidium du Soviet suprême d'URSS, le camarade A.A Gromyko.

Chers camarades,

Nous sommes au chômage, dans notre propre pays, à cause de nos principes ; parce que nous réagissons énergiquement à toutes les injustices et sommes, en conséquence, devenus gênants et insupportables aux yeux de l'adminis-tration des entreprises et des établissements, qui soutiennent en paroles, le changement, mais en fait l'entrave de toutes les façons possibles.

Nous vous demandons de nous accorder une audience, pour nous écouter attentivement et appliquer la seule solution correcte à notre problème.

Nous avons critiqué les phénomènes négatifs qui se produisent dans notre société : la production de biens de mauvaise qualité, inutilisables, l'étroitesse d'esprit, l'abus des positions de pouvoir, etc. Nous avons été persécutés pour avoir critiqué les fonctionnaires de l'administration. Ils nous ont jeté hors de nos entreprises sous divers prétextes : non accomplissement des obligations contractuelles, réductions d'effectifs, absence d'attestation, etc.

Mais nous avons trouvé du courage en nous-mêmes, parfois sans même le soutien de nos collègues, pour ne pas nous résigner et continuer la lutte, dans le cadre des lois établies... En se débarrassant des travailleurs qui font des objections et contrecarrent leurs décisions, les directeurs des entreprises se profilent eux-mêmes comme des "calomniateurs", des "fauteurs de trouble", des bons à rien, psychologiquement pertubés, etc.

Ils essayent de faire des travailleurs des ennemis des collectifs ouvriers. Avec impunité, des directeurs semblables, dans d'autres entreprises causent des dommages moraux et matériels énormes à notre société. Nos droits, garantis par la Constitution, sont piétinés par les moyens les plus brutaux, mais, malgré cela, nous continuerons la lutte difficile et inégale, parfois seuls, et sans même être sûrs d'un résultat positif.

Nous réclamons une enquête objective basée sur les principes qui nous sont chers et la restitution de notre emploi. De plus, nous demandons que tous ceux qui se sont rendus coupables en faisant de nous des victimes et en nous punissant pour les avoir critiqués aient à répondre devant un tribunal, conformément à l'article 139 du Code pénal d'Union soviétique.

Si vos appels, qui proviennent des individus les plus éminents, à prendre en mains la lutte contre les phénomènes négatifs, ne sont pas uniquement des bruits vides de sens, alors nous espérons une solution juste et rapide de nos problèmes. (2 juillet 1987).

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