CHILI L'Eglise divisée face à Pinochet
L'éclatement de l'Eglise chilienne face la dictature n'est pas un phénomène nouveau. La visite du Pape, en avril dernier, a montré au grand jour les divergences politiques qui peuvent exister dans l'institution, entre une aile radicale se réclamant de la théologie de la libération, une aile traditionaliste soutenant ouvertement la dictature et un "centre" regroupant la majorité des évêques, dont le correspondant politique serait plus ou moins la Démocratie-chrétienne.
La note d'information que nous publions est tirée du Latin American Weekly Report du 7 janvier 1988.
Noël a été une période difficile pour la réconciliation de l'Eglise catholique au
Inprecor tchèque numéro 6-7 est paru !
Au sommaire
- La Thécoslovaquie à l'heure Gorbatchev : réforme ou démocratisation ? Petr Uhl - Que doit faire l'opposition politique politique en Tchécoslovaquie Josef Kreibich Plate-forme de la Fédération socialiste des Clubs ; - Sur le roman "Les enfants de l'Arbat" Lubos Kohout - Marxisme et libération. Sur la théologie de la libération Michael Lowy
Les documents sur les Clubs en URSS sont parus dans Inprecor numéros
; celui de Michaël Lowy dans IVe Internationale numéro 24 ; l'article de Pter Uhl paraîtra dans le prochain numéro d'Inprecor.
Chili. Après une période de renforcement de l'aile conservatrice de l'épiscopat grâce à l'aval du Pape, les "progressistes" se sont repris, choissant l'un d'entre eux, à une simple voix de majorité, comme président de la Conférence épiscopale, mettant ainsi en pleine lumière les différences politiques existant entre les deux ailes, et les portant sur la place publique.
Peu de temps après cette élection, le nouveau dirigeant de la Conférence, l'évêque de Talca, Carlos Gonzalez, déclarait lors d'une conférence de presse que s'il avait l'occasion de rencontrer le Président Augusto Pinochet, il lui demanderait des élections libres, une réforme constitutionnelle et la fin des tortures et du banissement des opposants.
Gonzalez a dit clairement que le plébiscite tel qu'il est prévu par le gouvernement en accord avec la constitution de 1980, ne correspond pas à sa définition d'élections libres. Connu comme gressiste", Carlos Gonzalez a largement écrit sur l'engagement chrétien dans la politique et pense que dans le futur "il ne serait pas impossible d'imaginer le développement de mouvements politiques prônant un socialisme non-marxiste ou un capitalisme humanisé dans lequel les pauvres n'auraient pas la plus mauvaise part".
Lors de cette conférence de presse, Gonzalez citait les conditions que l'ensemble de la conférence épiscopale considère comme nécessaires à un processus électoral normal : égalité d'accès aux médias pour toutes les forces politiques, organisation indépendante du processus électoral, accès au registres électoraux pour les 8 millions d'électeurs potentiels. (D'après la Constitution de 1980, les électeurs "marxistes" n'ont pas le droit de vote, Inprecor)
Une déclaration infiniment plus radicale est venue d'un groupe de 100 prêtres, missionnaires et religieuses qui, dans un manifeste, condamnent les plans du régime pour garder le pouvoir et appellent explicitement au départ de Pinochet, qu'ils décrivent comme "le premier responsable de toutes les atrocités que nous avons connues"
La contre-offensive des conservateurs, largement reprise par la presse, est venue de Bruno Rychlowsky, un prêtre catholique qui enseigne la philosophie à l'Université catholique de Santiago, et qui est connu comme étant un ami personnel de Jean Paul II. "Durant ces 57 dernières années, je n'ai jamais vu au Chili, un gouvernement qui soit aussi favorable à l'Eglise catholique", devait-t-il déclarer.
Il décrit les auteurs du manifeste de Noël comme "empoisonnés par le marxisme athée" se faisant ainsi l'écho d'autres membres de la hiérarchie qui pensent que ces prêtres sont "en rebellion ouverte contre la doctrine du Pape" et que si leurs "excès" n'étaient pas combattus, l'Eglise subirait "sa plus grande division de ce siècle dans ce pays".