PAYS DE L'EST Appel contre la répression en RDA
Les autorités de République démocratique d'Allemagne ont procédé, ces dernières semaines, à une vague d'arrestations et d'expulsions d'opposants au régime. Des militants de plusieurs pays de l'Est ont signé un texte de protestation à l'intention du Conseil d'Etat de la RDA. Si ce n'est pas la première fois que des opposants des différents pays de l'Est signent ensemble des textes ou déclarations, (ce fut notamment le cas lors du 30e anniversaire de la Révolution hongroise en octobre 1986), en revanche, nous trouvons pour la première fois des signataires en Union soviétique.
Ce texte, que nous publions ci-dessous, a été transmis à l'Agence française de presse (AFP) par l'East European Cultural Foundation qui publie notamment la revue East European Reporter.
Jeudi 4 février, 15 heures -Centre européen. Au Conseil d'Etat de la RDA Nous, citoyens de conviction démocratique de Hongrie, de Pologne, de Tché coslovaquie, d'Union soviétique et de Yougoslavie, avons appris avec stupéfaction l'emprisonnement de cinq citoyens de RDA : les militants de l'Initiative pour la paix et pour les droits de l'Homme, Bärdel Bohley, Lotte et Wolfgang Templin qui ont deux enfants âgés de 3 et 13 ans, Ralf Hirsch et Werner Fischer. Ils ont été accusés par les organes de la Sécurité d'Etat de RDA de haute-trahison et risquent de très lourdes peines. Ils n'ont rien fait d'autre que réclamer leur droit à une pensée différente et l'utiliser pour exprimer leurs opinions sans autorisation officielle. Ils sont maintenant détenus parce qu'ils n'ont pas pu accepter la violation des libertés démocratiques et la violence policière. La direction de l'Etat et du parti de la RDA a ainsi violé l'Acte final d'Helsinki auquel elle avait souscrit.
Nous demandons la libération immédiate des cinq emprisonnés et la suspension des poursuites judiciaires engagées
Nous demandons la libération des autres citoyens de la RDA qui ont été condamnés à des peines allant jusqu'à un an pour la participation ou l'intention de participation à la manifestation du 17 janvier : Vera Wollenberger, Andreas Kalk, Till Döttcher et d'autres citoyens de la RDA Nous demandons que le gouvernement de la RDA mette immédiatement fin à toutes les formes de pression y compris les me naces d'emprisonnement de longue durée par lesquelles il contraint les citoyens de RDA à choisir l'exil. Nous demandons qu'en RDA aussi on respecte la liberté de parole et le droit au libre échange des informations. Nous sommes solidaires de tous ceux qui sont, dans votre pays, persécutés pour leurs convictions.
Prague, Brno, Bratislava ; Budapest ; Varsovie, Wroclaw, Poznan, Cracovie, Szczecin et d'autres villes polonaises ; Moscou ; Belgrade, Ljubljana, Zagreb et sept autres villes yougoslaves.
Le 4 février 1988.
Signataires :
Tchécoslovaquie :
Notamment : les trois porte-parole actuels de la Charte 77 : Bohumir Janat, Milos Hajek et Stanislav Devaty.
- les premiers porte-parole de l'année 1977 : Jiri Hajek et Vaclav Havel
- le Comité de défense des personnes injustement poursuivies (VONS), Section tchécoslovaque de la Ligue des droits de l'Homme, membre de la FIDH. Pour ce Co-
mité, Vaclav Benda et Petruska Sustrova, Ladislav Lis, vice-président de la FIDH, Karel Srp, de la section de Jazz, Vaclav Maly, prêtre catholique, trois membres du Groupe pour la paix, de la Charte, à savoir Jiri Dienstbier, Jaroslav Sabata et Jan Urban; deux membres du Groupe indépendant écologiste : Lenka Mareckova, Martin
Pour le Groupe de solidarité polonotchécoslovaque : Jozef Pinior (Pologne) et Ana Sabatova,
Miklos Duray, membre du Comité pour la défense de la minorité hongroise en Tchécolovaquie,
Trois membres du Comité préparatoire de la Société des amis des Etats-Unis, Petr Bartos, Bedrich Koutly et Pavel Jung-
Frantisek Starek de la revue indépendante Vokno,
Petr Uhl de la revue indépendante Information sur la Charte 77.
78 signatures individuelles parmi lesquelles : György Dalos (écrivain), Peter Esterhazy (écrivain), György Gattö (traGyörgy Konrad, Ferenc Köszeg et György Petri (poète), Miklos Tamas Gaspar (philosophe) et Judith Vasarhplyi.
78 signatures de membres de Solidarité, de Wolnost i Pokoj et du Parti socialiste polonais et des indépendants. Parmi les signatures : Zbigniew Bujak, Jacek Juron, Jan Jozef Lipsky, Jan Litinsky, Adam Michnik, Janusz Onyszkiewicz, Vladislav Frasiniuk, Magda Saputovic, Jacek Szymanderski (du WIP), Bogdan Borucewicz, L. Moczulski, Barbara Malak et
Union soviétique :
Quatre membres du club de presse Glasnost : Larissa Jussipovna Bogoraz, Youri Khronopoulo, Serghei Kovalev, Lev Timofeev.
Yougoslavie :
74 signatures dont : Zagorka Golu-
Aristide Havlicek, prêtre catholique, Mihailo Markovic au nom du Comité pour la défense de la liberté de membre du Groupe pour la culture de la paix, Milan Nikolic, sociologue, membre du groupe yougoslave d'Helsinki à Belgrade, Tania Petovar, juriste et porte-parole du même groupe à Belgrade, Slobodan Petrovic, Rudi Selikon, Aloivi Sustar, Archevêque de Slovénie, Andrei, président de la Société de philosophie de Slovénie et Franci Zazrl, rédacteur en chef de l'hebdomadaire Mladina (Slovénie).
NB. L'orthographe de tous les noms n'a pu être vérifiée (dictée par téléphone). Pour toute information complémentaire s'adresser à : The Secretary East European Cultural Foundation P.O. Box 222, London WC2H 9RP.