Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

HONGRIE

Opposition ouvrière aux syndicats officiels

Inprecor n° 259, 15 février 1988 · p. 25 · 552 mots

Syndicalisme Europe de l'Est

HONGRIE Opposition ouvrière aux syndicats officiels

Le Comité ukrainien pour la paix a reçu du Centre d'information hongrois de la presse libre (Londres) le texte d'un tract distribué en réponse aux réformes économiques du gouvernement et à ses nouvelles réglementations fiscales. Ce tract a été largement distribué dans un grand nombre d'entreprises et de zones ouvrières de Budapest et de Miskolc. Nous publions ce texte ci-dessous.

"Quittez les syndicats !

Les effectifs syndicaux ne font que se réduire, les revenus en provenance des cotisations des adhérents diminuent de plus en plus. Le Conseil national des syndicats (SZOT) a pris peur et tout simplement décidé d'obtenir la déduction directe des cotisations de notre salaire. On signe une fois et on paie pendant toute notre vie de travail.

Qu'est-ce que c'est que ce genre de syndicat ?

Le syndicat est censé protéger nos intérêts, mais il est davantage soucieux des intérêts du parti que des nôtres. Le syndicat est soi-disant une organisation démocratique, sauf qu'il ne veut pas que les adhérents interviennent dans ses décisions. Les syndicats sont supposés être des mouvements de masse, cependant leur structure est une copie conforme de la structure rigide du Service civil.

Les dirigeants des syndicats profèrent des mots d'ordre séduisants sur la protection des ouvriers et du plein emploi, mais leur principal souci est de sauvegarder leur propre pouvoir.

Les représentants officiels du syndicat ne sont pris au sérieux, ni par les directeurs ni par les employés, et pour de bonnes raisons, car ils sont incapables de faire quoi que ce soit pour ceux qui les ont

Qu'attendons-nous d'un syndicat ?

Il doit protéger nos intérêts, et pas seulement derrière des portes closes dans des réunions entre SZOT et gouvernement, mais dans chaque usine, dans cha-

Il doit soutenir toutes les initiatives spontanées, tous les efforts unitaires des travailleurs qui ont les mêmes intérêts pour sauvegarder ces intérêts.

Il doit demander une formation de reconversion des chômeurs et des primes de mutation pour tous ceux qui ne peuvent trouver un travail correspondant à leurs possibilités ou qualifications, à une distance raisonnable de leur domicile.

Il doit demander la légalisation du droit de grève et doit apporter son soutien aux grèves quand c'est justifié.

Il doit lutter pour le droit des citoyens à la libre association et pour la liberté de

Pourquoi sommes-nous toujours membres des syndicats ?

A cause de l'intolérance, de l'habitude, de la peur. Mais nous n'avons rien à craindre. L'appartenance syndicale n'est pas obligatoire et si des milliers et des dizaines de milliers d'entre nous quittent les syndicats, personne ne peut nous en pu-

17 000 permanents syndicaux vivent sur nos cotisations. Le budget de 2 milliards de forints du SZOT provient de nos contributions.

Malgré les apparences, les syndicats dépendent de nous, aussi devrions-nous les obliger à se mettre à notre service. Comment ?

Les adhésions volontaires sont une tradition vieille d'un siècle dans le mouvement syndical. Refusons d'avaliser la déduction des cotisations de notre paie.

Mais cela n'est pas suffisant. Quittons les syndicats et si les dirigeants prennent peur ils discuteront avec nous.

Exigeons une réforme radicale de la charte syndicale, exigeons de nouvelles élections syndicales et élisons nos propres candidats aux postes syndicaux.

Dans la situation économique qui empire continuellement nous seuls pouvons protéger nos propres intérêts.

Quittons les syndicats !

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