Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

GRANDE-BRETAGNE

Nouvelles attaques contre les droits des homosexuels

Inprecor n° 260, 29 février 1988 · p. 27-28 · 741 mots

Grande-Bretagne Syndicalisme

Lors de la grève historique de 1984-

85, des mineurs, le mouvement homosexuel avait apporté son soutien aux mineurs et établi des liens d'une importance historique pour le mouvement ouvrier dont les effets sur la lutte pour les droits des homosexuels avaient été considéra-

L'année suivante des homosexuels avaient, de la même façon, organisé des groupes en solidarité avec d'autres luttes ouvrières, le travail le plus impressionnant ayant été le soutien à celle, qui a duré un an, des travailleurs de l'imprimerie qui défendaient leur emploi.

Le soutien du Syndidat des mineurs

(NUM) a eu d'importantes conséquences.

En 1985 la Confédération des syndicats

(TUC) a débattu et adopté une résolution qui, pour la première fois s'opposait à la discrimination sur la base de l'homosexualité. Quelques semaines plus tard, au milieu d'un grand battage, la Campagne ouvrière pour les droits des lesbiennes et des gays imposait un débat historique au congrès annuel du Parti travailliste (LP -

Labour Party), et le vote pour soutenir cette campagne fut majoritaire. Il devait d'ailleurs être confirmé l'année suivante.

Ces événements de 1985-1986 marquaient à la fois l'accélération et le point culminant d'un mouvement qui avait débuAbonnez-vous aux Cahiers d'Etude et de Recherche technologique au Japon Muto Ichiyo. 6. Le populisme en Amérique latine, sldr. M. Löwy. L'abonnement (neuf numéros par an) : 180 FF (indiquer à partir à l'ordre de P. Rousset. Envoyer

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té dans les années 70 lorsque ceux qui faisaient campagne pour les droits des homosexuels s'étaient tournés vers le mouvement ouvrier. Suivant l'exemple de la campagne pour les droits des femmes, les militants avaient commencé à s'organiser au sein des syndicats et du Parti travailliste pour faire reconnaître leurs revendications comme importantes pour le mouvement ouvrier et pas comme une simple question de choix individuel. Ils s'étaient alors organisés dans quelques grands syndicats, Employés municipaux ou Ensei-

Elargissant son horizon politique, la nouvelle génération de dirigeants de gauche de la social-démocratie avait également pris cette question en charge. C'est le Conseil du Grand Londres qui, sous la direction de Ken Livingstone, a été le plus loin, réussissant à populariser des problèmes comme ceux de l'égalité. Bien que les changements concrets aient été minces, ils étaient un véritable exemple et donnèrent une impulsion à l'auto-organisation et à la confiance en eux-mêmes des homosexuels hommes et femmes, confirmant également la nécessité de se tourner vers le mouvement ouvrier. Mais, côté plus négatif, cela créa des illusions sur les possibilités ouvertes par les municipalités socialistes et courcircuita la compréhension de la nécessité d'une campagne longue et vigoureuse dans la classe ouvrière.

Mais de nouvelles attaques sont lancées contre les droits des lesbiennes et des gays. le 7 décembre 1987, la député conservatrice Jill Knight annonça son intention de proposer une nouvelle clause dans la loi régissant les conseils municipaux. Elle veut empêcher les autorités locales de "promouvoir" l'homosexualité ou de publier du matériel qui le ferait, empêcher que l'homosexualité soit reconnue comme prétendue relation familiale" dans les écoles, et empêcher toute subvention à qui que ce soit destinée à ces objectifs.

Après le 7 décembre, les homosexuels durent compter non seulement avec Jill Knight et la droite du Parti conservateur mais avec le Parti travailliste dont la réimmédiate fut de soutenir cet amendement et seuls les libéraux s'y opposèrent totalement. Cette trahison frontale a créé un choc, malgré les tergiversations passées de la direction travailliste dont chacun était conscient.

Mais confrontée aux centaines de gens soutenant les droits des homosexuels qui ont envahi le Parlement le 14 décembre, la direction travailliste a dû repenser quelque peu sa position. Elle a accepté d'introduire des amendements garantissant que des mesures anti-discriminatoires seraient toujours autorisées. Mais alors que l'amendement des libéraux rejette la position de Knight et permet l'enseignement de différentes orientations sexuelles, la direction travailliste est restée dans le cadre des positions du Parti conservateur. Il semble qu'elle préfère prendre ses distances par rapport à la gauche, au nom d'une mythique chasse aux voix, plutôt que de s'en tenir à ses principes.

Le 9 janvier a eu lieu la plus grande manifestation pour les droits des lesbiennes et des gays de l'histoire de Grande-Bretagne. Elle a rassemblé, contre le projet Knight, 12 000 personnes qui traversèrent tout Londres et la mobilisation a continué par la suite. Quel que soit le résultat des votes, ce projet de loi donne le feu vert au déchaînement des préjugés et de la violence.

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