E CONSEIL GENERAL du PPS s'adresse à toutes les structures du parti en les invitant à commencer la discussion programmatique. Dans ce but le Conseil général soumet à la discussion des membres et sympathisants du PPS le projet suivant des principes d'activité du parti dans la période allant jusqu'au congrès statutaire. Il appelle à présenter les remarques, les amendements et les propositions alternatives. Il demande aux structures du parti d'achever la discussion au 31 mars 1988.
1. Le Parti socialiste polonais fut fondé dans le but de prendre la défense des groupes socialement opprimés, afin de parvenir à la libération économique et politique des ouvriers et à la suppression de l'exploitation du travail. Cela ne peut être réalisé qu'en privant la nomenklatura des fruits du travail des travailleurs, des outils et des moyens qui servent à la production matérielle des biens, afin de les remettre aux travailleurs.
Une telle appropriation des travailleurs combinée avec la mise en place de garanties institutionnelles et politiques de ce changement constitue aux yeux du PPS la voie pour remettre sur pieds l'économie polonaise. Pour parvenir à ce but nous créons un parti public et légal à la lumière des normes du droit international et en l'absence de normes appropriées du droit de la République populaire de Pologne (RPP) dans ce domaine.
Ce parti tentera de modifier la Constitution et l'ordre juridique de la RPP et en particulier d'abolir l'hégémonie du Parti ouvrier unifié polonais (POUP) ainsi que le rôle dirigeant d'un quelconque parti, qui sont en contradiction avec la tradition du socialisme démocratique. Nous sommes conscients que la réalisation de ces buts peut impliquer un conflit ouvert avec l'appareil du pouvoir et le système juridique de la RPP, qui ont été conçus de façon à protéger au mieux les pouvoir. Les communistes gouvernent la Pologne non par la volonté de la société mais du fait du diktat imposé par une puissance étrangère. C'est pourquoi l'aspiration à ce que la société puisse choisir librement le système
DOCUMENT du Parti socialiste polonais d'opinions qui lui convient justifie pleinement le recours aux méthodes de désobéissance civile.
2. Face à l'approfondissement de la crise économique et face à l'attitude des autorités qui mènent une politique de plus en plus anti-ouvrière et anti-socialiste, le droit à l'autodéfense est un droit naturel des travailleurs. La force et la violence des formes de protestation restent proportionnelless aux coups portés aux droits et aux intérêts des travailleurs. Le PPS ne se limitera pas au soutien moral des revendications sociales. La tâche du parti est de participer aux actions revendicatives, de les inspirer et de les organiser. Dans la situation sociale dramatique actuelle, la place des membres du PPS est parmi les travailleurs en grève, dans les comités constitutifs de Solidarité, au sein des organes d'auto-gestion des travailleurs, aux côtés des opprimés et
3. Le PPS considère comme une tâche particulièrement importante de soutenir les organisations d'entreprises du syndicat Solidarité. Car Solidarité est l'arme principale dans la lutte pour les droits des travailleurs. On peut dire sans exagération que de la force du syndicat dépend la prospérité et le bien-être de l'immense majorité des Polonais, dont l'existence n'est fondée ni sur le profit ni sur la participation à l'appareil du pouvoir, mais sur leur travail. C'est pourquoi nous pensons qu'il serait désastreux d'affaiblir le caractère syndical de Solidarité et de le transformer en un mouvement social ou un parti politique.
4. L'abolition du pouvoir communiste en Pologne n'est possible qu'avec la coopération des mouvements démocratiques dans tous les pays du bloc oriental. La domination de la nomenklatura du parti dans les Etats de l'Europe centrale et orientale est cimentée par la coopération au sein du Pacte de Varsovie et du COMECON. Une lutte efficace pour la liberté, l'indépendance, la démocratie et la justice sociale implique donc la coor-
dination des luttes des sociétés opprimées. Les sociétés et leurs organisations indépendantes peuvent être pour le PPS des partenaires de discussion et des alliés. Les élites du pouvoir communiste en Pologne, en Roumanie et en Hongrie mais aussi dans d'autres pays communistes essayent de se sauver en employant des méthodes brutales d'exploitation, inspirées du stade précoce du capitalisme. Ils bradent les richesses naturelles et cherchent à attirer à tout prix le capital étranger en offrant une main-d'oeuvre à bon marché.
5. Après de longues années d'existence dans l'émigration le PPS a été reconstruit dans le pays. Le PPS en exil fait partie de l'Union des partis socialistes d'Europe centrale et orientale. Nous espérons qu'à l'instar du PPS les partis socialistes seront reconstruits dans ces autres pays. Le PPS soutiendra des activités visant ce but par tous les moyens à sa disposition. Le monde capitaliste et les pays communistes sont séparés par un immense gouffre technologique. Il se reflète dans l'état du développement de l'économie et dans la structure sociale, ce qui fait qu'une série de problèmes qui se posent aux partis socialistes et sociaux-démocrates de l'Europe occidentale sont pour le PPS des questions d'avenir. Nos problèmes politiques et économiques actuels peuvent être plus faciles à comprendre pour les partis du Tiers-monde, mais le PPS avait toujours pris part de manière significative aux travaux du mouvement socialiste international. Nous croyons pouvoir nous retrouver aujourd'hui dans la famille mondiale des partis socialistes. Le PPS espère qu'il pourra prendre part aux discussions programmatiques parmi les partis socialistes européens, en poursuivant ainsi la contribution des socialistes polonais - Niedzialkowski, Ciolkosz, Gross (auteur de publications sur la seconde révolution technologique, ndlr) et d'autres - aux travaux de l'Internationale socialiste.
Varsovie, le 14 février 1988 Le Conseil général du PPS Zbigniew Chedoszko (Szczecin). Zuzanna Dabrowska (Wroclaw). Piotr Ikonowicz (Varsovie). Grzegorz Ilka (Varsovie), Artur Koszykowski (Cracovie), Andrzej Kowalski (Wroclaw). Agata Michalek (Cracovie), Cezary Mizejewski (Varsovie). Jacek Pawlowicz (Plock), Jozef Pinior (Wroclaw), Malgorzata Poszulak (Wroclaw), Tadeusz Rachowski (Varsovie).