EUROPE Conférence anti-raciste
Réunie du 5 au 7 février 1988 à Stockholm, la Conférence européenne contre le racisme a fait un tour d'horizon des situations vécues dans chacun des pays européens.
Inquiets de la montée du racisme et du fascisme en Europe, de la situation faite aux travailleurs immigrés, des restrictions apportées au droit d'asile, les organisations présentes ont examiné les moyens de combattre ensemble le racisme et de promouvoir l'égalité des droits en Europe. Cette conférence représente un événement important dans la coordination de l'action des mouvements anti-racistes d'Europe de
C'est la première réunion qui démontre une telle représentativité, et la décision prise, d'organiser des actions à partir d'axes communs dans les prochains mois, n'en prend que plus de poids.
- En France, à l'occasion de l'élection présidentielle, des protestations souvent massives ont eu lieu dans les principales villes, ce qui reflète une désapprobation radicale de la présence de Le Pen dans cette élection.
- En Europe, les mobilisations, c'est aussi la meilleure manière de s'opposer dès à présent au fait qu'à la faveur de la crise, il y ait résurgence à l'échelle européenne d'un courant raciste et fascisant. Ce danger est bien réel et des prémices en sont discernables à travers de petits groupes actifs en Europe du Nord.
- L'importance de la récente Conférence de Stockholm réside aussi, à la veille des élections européennes et de la mise en place de l'Acte unique, dans la volonté exprimée de voir s'établir partout en Europe de l'Ouest, une politique de justice et de droits pour les immigrés et les
La Conférence a adopté les décisions
1) de tout mettre en œuvre pour constituer un mouvement qui adopte la forme et les mots d'ordre adéquats en vue de devenir un grand mouvement contre le racisme et pour l'égalité.
2) De prendre toutes les initiatives pour l'émergence d'un courant anti-raciste majoritaire dans la jeunesse des pays européens : par la constitution de comités de base dans les lycées, les collèges, les universités, les quartiers et les usines.
Les délégués de chaque pays sont convenus d'organiser des initiatives européennes appropriées à la situation dans leurs pays respectifs dans le cadre d'une journée d'action européenne le 23 avril 1988 (la veille de l'élection présidentielle en France). Ce jour-là, des organisations anti-racistes, anti-fascistes et communautaires organiseront des actions pour :
a) attirer l'attention de l'opinion publique internationale sur la montée du racisme et des idées fascistes en France diffusées par le Front national, dont le président, Jean-Marie Le Pen, est candidat à l'élection présidentielle. Dans les autres pays européens, une montée similaire d'organisations fascistes se fait jour.
b) Mettre en lumière le développement de politiques gouvernementales racistes qui se traduisent par des lois toujours plus restrictives vis-à-vis de l'immigration et le traitement inhumain des réfugiés, notamment du Tiers-monde qui cherchent refuge en Europe pour fuir la terreur, la persécution et la mort.
c) Attirer l'attention sur les activités violentes et criminelles d'organisations racistes, fascisantes et néo-nazies en Europe qui mettent à profit le climat créé par le racisme d'Etat pour augmenter la haine généralisée et qui sont très étroitement impliquées dans la création d'une organisation terroriste, souvent armée d'ailleurs, à travers l'Europe.
3) D'agir pour une mobilisation massive des organisations à l'automne proveille des élections eurovue de déboucher sur les
- Liberté d'accès en Europe de l'Ouest.
- Egalité des droits pour les immigrés et les réfugiés dans tous les pays d'Europe
Liberté de circulation pour les immigrés et les réfugiés dans chaque pays et
- Droit de vote intégral pour les immigrés et les réfugiés.
4) D'appeler à une journée européenne d'initiative anti-raciste et anti-fasciste et pour l'égalité des droits, dans chaque pays d'Europe le 21 mars, date symbole de l'action internationale contre le racisme, en hommage aux victimes de l'apartheid.
Les anti-racistes et les anti-fascistes de Suède, de Norvège, du Danemark, de France, de Belgique, de Grande-Bretagne et d'Allemagne de l'Ouest, en appellent aux syndicats, aux organisations démocratiques, aux organisations communautaires et à tous ceux qui luttent contre ces formes d'oppression, à soutenir ces ac-
Cette action coordonnée n'est que le premier pas vers un mouvement de masse uni contre le racisme et le fascisme en Europe occidentale et pour une Europe qui puisse être un asile sûr pour les réfu-