Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

PARAGUAY

Enjeux du mouvement populaire

· Inprecor n° 264, 25 avril 1988 · p. 25-26 · 507 mots

LA CRISE de la dictalure a deux dimensions l'impossibilité d'unifier le gros de lo bourgeoisie aulour de son projet de dominalion, el une Incapacité croissante à contróler le mouvement populaire

C'esi un régime qui coule chet, et qui est de moins en moins efficace

ANS LES ANNEES 80 sont apparus au Paraguay différents mouvements sociaux qui ne sont pas directement liés aux expériences antérieures (PC dans les années 60, et foquisme dans les années

70), mais qui sont le produit de la confrontation directe des secteurs populaires avec la dictature, autour de revendications immédiates : la terre, les salaires, la santé, l'habitat, l'éducation.

En 1985, on compte plus de vingt ocupations de terre dans les campagnes.

En 1986, a lieu la première grève importante, celle des travailleurs du principal hôpital de la capitale, et qui reçoit le soutien massif de la population. L'on assiste également à une reprise des mobilisations étudiantes dans les universités. Finalement, 1987 a été une année de crise urbaine, avec des occupations de terre dans la périphérie d'Asuncion.

C'est dans cette période qu'apparaissent diverses organisations paysannes qui revendiquent la terre et la fixation de prix décents pour les produits agricoles. Se constitue le Mouvement intersyndical des travailleurs (MIT) qui fonctionne comme un embryon de centrale syndicale (la centrale officielle étant dans les mains du gouvernement). La Fédération des étudiants d'université du Paraguay (FEUP) voit le jour qui, rapidement, va marginaliser la fédération officielle.

Apparaît également un mouvement de base chrétien qui sera à l'intiative de la plus grande manifestation contre la dictature des dernières décennies, rassemblant plus de 40 000 personnes dans la capitale, Asuncion.

Lapparition du MDP

C'est sur la base de cette progression du mouvement social qu'est fondé en mai 1987, le Mouvement démocratique populaire (MDP) qui se propose de représenter dans la transition, une alternative différente du pacte proposé par l'ambassade américaine et accepté par les partis traditionnels.

C'est cette effervescence des mouvements populaires qui a rendu non viable la participation des partis traditionnels dans les élections qui viennent de se dérouler. C'est même cette effervescence qui a amené ces partis à assumer une politique radicale face à ces élections, appelant dans la dernière phase de la campagne à "ne pas voter", défiant ainsi ouvertement la dictature. Mais les avancées du mouvement populaire sont encore trop faibles du point de vue organisationnel. Les luttes découlent aujourd'hui de la crise sociale, mais il n'y a pas d'avant-garde capable de proposer une alternative politique à la crise de la dictature.

Nous assistons encore à une grande dispersion des forces et le manque d'instances de centralisation des mouvement se fait cruellement sentir.

Le chômage et la répression policière ont aggravé ces faiblesses générales.

La crise de la dictature et les tentatives nord-américaines pour imposer une transition électorale contrôlée et conservatrice sont un défi pour les directions naissantes du mouvement populaire. Elles montrent la nécessité d'un projet politique de libération nationale et de révolution sociale capable d'exprimer toutes les aspirations du peuple.

Em Tempo 26 mars 1988

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