Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

IRLANDE

Arrestations à Belfast

Inprecor n° 268, 20 juin 1988 · p. 24 · 459 mots

Irlande Grande-Bretagne

EN

BREF...

IRLANDE Arrestations à Belfast

A la suite de la tuerie, le 19 mars, de deux soldats du Royal Ulster Constabulary (RUC) en uniforme, qui étaient entrés en voiture, dans le cortège d'un enterrement républicain, les forces britanniques en Irlande ont lancé une offensive contre les habitants de Belfast-Ouest qui avaient pris part à la défense du cortège funéraire.

Le massacre perpétré, quelques temps auparavant, au cimetière de Miltown, par un loyaliste protestant armé, a été effacé de l'histoire, de la même façon que la longue histoire des attaques menées par les mercenaires du RUC, et de celles de l'armée britannique.

Immédiatement après la mort de ses soldats, le RUC, a annoncé qu'il s'efforcerait d'arrêter au moins 30 personnes. En une semaine, quatre hommes ont été arrêtés et interrogés. Ensuite, après une longue pause, le 22 avril, 13 autres hommes ont été arrêtés, à l'aube, dans de véritables raids, et après interrogatoire, sept d'entre

Les accusations, qui vont de meurtre à blessures graves, séquestration et détention d'informations, n'ont de bases ni morales, ni légales. Elles ont été tout simplement forgées par les Britanniques en quête de vengeance et servent à créer une atmosphère de terreur de masse dans laquelle c'est toute la population nationaliste qui sera en procès.

accompagné d'une vague d'hystérie dans la presse britannique, qui a atteint de nouvelles profondeurs dans la vilénie. Le Sunday Times a utilisé des photographies et des informations fournies par les services de renseignements britanniques pour identifier les militants républicains dans le cortège et mener une campagne de calomnies et une chasse aux sorcières contre eux.

Le soutien apporté par les médias à la chasse aux sorcières ne les a pas empêchés d'en devenir eux-mêmes victimes. La Loi de prévention du terrorisme a été utilisée pour saisir des films des compagnies de télévision et des cadres ont été menacés de se voir accusés de rétention d'information, en cas de refus d'obtempérer.

Le pas le plus extrême a été celui de la suspension d'une employée du Conseil municipal de Belfast, Roisin McDonagh, qui avait écrit un article en défense des gens de Belfast-Ouest dans le Irish Times. Elle a été menacée de licenciement, mais le soutien de son syndicat et celui de la communauté locale l'a empêché, et elle est aujourd'hui revenue à son travail, avec un blâme.

C'est la Grande-Bretagne qui est responsable de toute cette violence. L'armée britannique, le RUC et leurs auxiliaires loyalistes ont tous joué leur rôle dans la violence et les morts lors des funérailles des volontaires de l'IRA. Ils essayent maintenant d'accuser de leurs crimes des gens qui n'ont fait que se défendre. La solidarité, sous forme de protestation internationale, contre cette chasse aux sorcières et pour la libération des prisonniers est une tâche d'urgence. •

Une erreur sur cette page ?