Inprecor 1974–2004

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POLOGNE

Deux dirigeants du Parti socialiste toujours emprisonnés

Inprecor n° 268, 20 juin 1988 · p. 28 · 635 mots

Pologne Syndicalisme

POLOGNE Deux dirigeants du Parti socialiste toujours emprisonnes

Deux des militants arrêtés lors de la vague des grèves qui secoua la Pologne en avril et mai 1988 sont toujours en prison. Il s'agit de Czeslaw Borowczyk et de Jozef Pinior, deux dirigeants du Parti socialiste polonais (PPS). Leur tort est d'avoir appelé à la grève de solidarité les travailleurs de l'usine "Dolmel" de Wroclaw, lorsque, le 5 mai au matin, ils ont appris que la police polonaise a brutalement agressé les grévistes du complexe sidérurgique "Lénine" de Nowa Huta. Depuis une campagne pour leur libération se poursuit en Pologne. Deux de leurs camarades, arrêtées en même temps qu'eux, Jolanta Skiba et Aleksandra Sarata, ont été relâchées fin mai, à la suite d'une intervention auprès des autorités de l'évêque de Wroclaw, mais

Le 15 mai dernier le Comité executif central du PPS a publié une lettre ouverte aux socialistes européens, dont nous reproduisons ci-dessous un extrait :

«Depuis sa fondation le Parti socialiste polonais est une des organisations oppositionnelles les plus harcelées en

Le PPS est une organisation politique de syndicalistes indépendants. Il met en œuvre de manière conséquente le programme de la défense des principaux droits du citoyen et du travailleur. Il prône les idées du socialisme démocratique, qui paraissent attractives pour la société polonaise, pour les travailleurs organisés au sein du syndicat indépendant autogéré "Solidarité" -et c'est cela qui fait du PPS un danger pour le système communiste dominant en Pologne.

Durant les journées d'avril et mai, "chaudes" pour le monde du travail polonais, les militants du PPS ont pris part aux actions de protestation et aux grèves dans les entreprises et les facultés. Ils en étaient souvent les inspirateurs. Une de ces actions a servi de prétexte pour réprimer le PPS.

Le 5 mai, dans l'enceinte de la fabrique de matériel électrique "Dolmel" de Wroclaw ont été arrêtés Jozef Pinior, Czeslaw

Borowczyk, Jolanta Skiba et Aleksandra Sarata. Ils ont été inculpés sous l'absurde accusation d'avoir agressé un fonctionnaire de la milice industrielle et sont emprisonnés pour trois mois. Actuellement leur procès est en préparation, procès au cours duquel ils risquent des peines de plu-

Jozef Pinior est un des principaux dirigeants de "Solidarité". Avant le 13 décembre 1981 il fut membre de la direction régionale du syndicat en Basse-Silésie, puis, au sein de "Solidarnosc" clandestin, il fut président du Comité régional de grève (RKS) de Basse-Silésie et membre de la plus haute instance de "Solidarnosc", la Commission provisoire de coordination (TKK). Il fut emprisonné à ce titre. Membre fondateur du PPS, il en est un des principaux dirigeants. En tant que dirigeant socialiste et syndical il a pris part à de nombreux meetings et actions de protestation dans les entreprises et les usines. Il jouit d'une immense autorité auprès des travailleurs de Basse-Silésie.

Czeslaw Borowczik fut président de la Commission clandestine d'entreprise de "Solidarnosc" à "Dolmel" de guerre. Emprisonné, puis représentant publie de "Solidarnosc" de "Dolmel", il est le dirigeant incontestable des travailleurs de cette entreprise. Membre fondateur du PPS, il est le vice-président de son Comité exécutif central (CKW).

Jolanta Skiba est membre fondatrice du PPS. Elle fut auparavant militante de l'opposition démocratique à Wroclaw. Emprisonnée à de nombreuses reprises, elle est secrétaire du Comité ouvrier régional (OKR) du parti à Wroclaw.

Aleksandra Sarata est militante des droits de l'Homme, liée à l'opposition démocratique et au Comité d'autodéfense sociale "KOR" depuis les années 70. Elle sympathise avec le PPS.

Le procès préparé à leur encontre relève d'une vengeance politique contre les principaux dirigeants du PPS. La fondation du PPS le 15 novembre 1987 constitue un précédent dans le bloc communiste - s'il survit cela ouvrira des perspectives de développement de partis socialistes dans ces pays. (...) Nous sommes certains que les socialistes européens feront tout, pour que nos dirigeants retrouvent la liberté".

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