Inprecor 1974–2004

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PORTUGAL

Expulsion d'un membre de la commission politique du PCP

Inprecor n° 268, 20 juin 1988 · p. 27-28 · 633 mots

Portugal Syndicalisme

PORTUGAL Expulsion d'un membre de la commission polifique du PCP

Une militante s'est levée et dit : "heureusement que le parti n'a pas pris le pouvoir en 1975, sinon j'aurais été obligée de m'exiler à l'étranger"

Le parti en question, c'est le Parti communiste et la scène se passe dans une réunion à Lisbonne : l'assemblée générale du secteur intellectuel de ce parti dans la capitale. Des 300 participants, une franche majorité s'oppose à la politique suivie par le Comité central quant à la crise intérieure et, pour la première fois dans l'histoire de ce parti, tout se sait immédiatement : les journaux du jour publient reportages et commentaires à qui mieux mieux.

Quelques jours auparavant, le CC a pris une mesure sans précédent : il a expulsé de la Commission politique (le BP) Zita Seabra, une dirigeante très connue, ayant été de longues années permanente du parti où elle milite depuis l'âge de 15 ans, dans la clandestinité sous la dictature

Malgré une majorité qui s'était dégagée au Comité central pour qu'elle soit expulsée de ce CC voire du parti, la Commission politique a décidé de limiter ses sanctions publiques en prenant une mesure plus modérée, et dans tous les cas, dans six mois se tiendra le congrès du PCP et Zita ne sera pas réélue.

Les accusations - il ne s'agit pas d'un procès organisé avec accusation et droit à la défense - vont de questions politiques à des questions de comportement personnel. Politiquement, et c'est ce qui est le plus important, ce qui était en cause, c'étaient les soi-disant liens de Zita avec le "groupe des Six" (voir Inprecor numéro 264 du 25 avril 1988), regroupement de militants connus, qui ont publiquement demandé des modifications des statuts et du programme du Parti, comme des critiques vis-à-vis de l'orientation politique suivie. Il est certes indiscutable qu'il y ait accord politique entre cette militante exclue de la commission politique et le groupe de contestataires, qui se sont caractérisés par leur défense de la perestroïka et leurs appels à "rénover le PC".

Ces accusations sont enrichies par des références à des manquements dans l'exécution de tâches et certains contacts fractionnels, et c'est là que nous arrivons au détail le plus important, à sa participation à un réveillon ... dans la maison d'un autre militant communiste, en l'occurrence le plus connu des dirigeants de la CGTP, la centrale syndicale liée au PCP, José Luis Judas. En faisant cette accusation, la direction du PCP, met en cause directement les dirigeants communistes de ce syndicat, ce qui transforme le paysage de la

Jusqua présent, ces s'étaient bien gardés de prendre une quelconque position explicite sur ce sujet, même si José Luis Judas avait déploré le manque de correspondance entre le poids social de la centrale et l'expression politique des partis de gauche. A bon enten-

L'existence de contradictions entre l'appareil syndical et l'appareil du parti est de notoriété publique, depuis longl'organisateur du procès contre Zita Seabra était responsable du contrôle de la structure syndicale, et connaît les tensions permanentes qui existent dans ce secteur. D'autre part, la CGTP a révélé une grande capacité d'action, notamment dans son adhésion au mot d'ordre de grève générale convoquée par la centrale "concurrente", le 28 mars dernier, fait totalement impensable voilà un an. Dans ce contexte, la crise du PCP gagne une nouvelle di-

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mension. Il est difficile de faire des prévisions : en faisant l'éloge de Ligatchev, la direction du PCP espère que la perestroïka se réorganisera en accord avec sa tradition. Prévoyant des mouvements sociaux dans le pays, elle passe en pertes et profits une crise du secteur intellectuel et même du syndicat, en renforçant la "maison" et en attendant que la tempête soit calmée.

Toute la question est de savoir si cette tempête aura réellement une fin.

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