Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

GUADELOUPE

Libérez Bruno Anastase !

Inprecor n° 269, 4 juillet 1988 · p. 25 · 408 mots

GUADELOUPE Libérez Bruno Anastase !

Bruno Anastase, jeune appelé du contingent, victime de violences racistes est actuellement enfermé à la prison de Basse-Terre en Guadeloupe. Une campagne pour sa libération se développe actuellement aux Antilles.

Bruno appartient au 2e régiment du SMA, 2e compagnie de Travaux-école (section agricole). Cette compagnie est une unité disciplinaire camouflée, où les soldats subissent toutes sortes de brimades, et Bruno y aurait été affecté à l'instigation d'un adjudant-chef (se réclamant ouvertement de Le Pen) qui le poursuivrait, paraît-il depuis quelque temps déjà, de sa sollicitude raciste et aurait déjà eu l'occasion de le maltraiter.

Le vendredi 6 mai, Bruno se sentant malade ne peut se rendre au rassemblement. Des gendarmes sont appelés et, en compagnie de l'adjudant-chef en question, ils pénètrent dans la chambre du jeune Guadeloupéen, se jettent sur lui, le maîtrisent et le rouent de coups. Bras et jambes enchaînés, il est ensuite transporté à la gendarmerie du Morne Miquel, tabassé à nouveau (assez sévèrement pour que les autorités militaires, pénitenciaires et judiciaires aient refusé, jusqu'à présent, de le laisser voir par ses parents, son avocat ou un médecin extérieur à l'administration carcérale), jeté nu dans un cachot, pour être finalement emprisonné à Basse-Terre dans des conditions relevant beaucoup plus de l'époque esclavagiste que des temps modernes.

Les Guadeloupéens, ne peuvent admettre qu'un des leurs soit traité de la sorte, c'est leur dignité à tous qui est bafouée en la personne de ce jeune compatriote. Mais il est également du devoir de tous les Français de se joindre à la protestation.

Les amis et parents de Bruno se sont constitués en comité pour sa libération et ont alerté l'opinion.

Mardi 31 mai, un meeting public suivi d'une manifestation de rue, une foule importante de Guadeloupéens. Samedi 4 juin, une nouvelle manifestation a eu lieu à Pointe-à-Pitre et jeudi 9 juin, le pont de la Gabarre a été barré par des manifestants.

Aujourd'hui, le comité guadeloupéen, soutenu par près d'une trentaine d'organisations parmi lesquelles des confédérations syndicales (CGTG, UGTM), des organisations étudiantes comme l'UEAG et TUNEG, des organisations comme Combat ouvrier ou le Groupe révolution socialiste (GRS), section antillaise de la IVe Internationale, soutiennent les efforts pour la libération de Bruno Anastase, contre le mépris colonial affiché par l'Etat français, dont le ministre socialiste des Armées, J.P. Chevènement, niant la vérité, veut faire passer Bruno pour le coupable dans cette affaire, quant au préfet il a affirmé sa volonté de réprimer les

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