Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

ISRAEL

Manifestation contre l'occupation

· Inprecor n° 269, 4 juillet 1988 · p. 24-25 · 556 mots

Palestine et Israël

PLUS DE 350 femmes en noir ouvraient la marche dans un cortège impressionnant par sa dignité et sa discipline, et les soldats de réserve du Yesh Gvul fermaient le défilé sous la banderole "Nous refusons de prendre part à la répression". Michel WARSCHAWSKY

L A GRANDE MANIFESTATION qui

s'est déroulée à Tel-Aviv le samedi 4 juin pour commémorer 21 années d'occupation, marque un tournant dans l'histoire du mouvement pacifiste israélien.

D'abord par le nombre de manifestants: plus de 6 000 personnes s'étaient retrouvées à Tel-Aviv, pour la moitié Juifs et pour la moitié Arabes, ce qui en fait, et de loin, la plus grande manifestation contre l'occupation. vétérans, c'était l'occasion de se souvenir de la manifestation organisée vingt ans auparavant où une cinquantaine de militants proches du Matzpen se lançaient seuls à l'assaut de ce qui semblait être le nouvel empire sioniste ...

La composition de la manifestation elle aussi est nouvelle : aux côtés des militants de la gauche, du Yesh Gvul et, en particulier du Parti communiste israélien qui avait fait un effort important pour faire venir ses partisans de Galilée, une forte participation d'Israéliens qui, avant le soulèvement, se considéraient encore

Alde

Selana yana DIL

Les ruptures se sont succédé au sein de Shalom Archav (DR)

comme des militants à part entière de Shalom Archav. Pour beaucoup d'entre eux, et les jeunes en particulier, c'était la première fois qu'ils manifestaient leur rejet total de l'occupation. Les ruptures qui traversent depuis plusieurs mois le mouvement Shalom Archav, exigeaient de l'aile militante du mouvement contre l'occupation, et de l'ensemble des organisations de gauche qui en forment l'ossature, de saisir le nouvel enjeu et d'adapter son mode de fonctionnement à la situation nouvelle qui se dessine. Après de rudes batailles, le tournant a été pris.

Pour la première fois dans l'histoire du mouvement pacifiste israélien, le concept de manifestation unitaire est adopté, chaque groupe ou mouvement pouvant manifester sous ses slogans avec le respect de son identité propre.

C'est un comité de liaison des mouvements de protestation qui a coiffé la préparation de la manifestation, autour de trois slogans communs : fin de l'occupation, pour une paix israélo-palestinienne, rappel des soldats des territoires occupés.

Un déroulement unitaire

Les quinze contingents qui formaient la manifestation laissaient aux milliers d'indécis un choix très large et ne les obligeaient pas, pour la première fois, à se soumettre à tel ou tel sigle ou programme politique. C'est ainsi que les partisans d'une solution basée sur deux Etats en Palestine se retrouvaient derrière le sigle du mouvement "Non à l'occupation" ; ceux qui défendent le retrait inconditionnel pour sauvegarder le caractère démocratique d'Israël se retrouvaient dans le contingent de "L'année 21", la plus importante dissidence actuelle de Shalom Archav ; quant à ceux qui voulaient exprimer leur solidarité avec le mouvement palestinien et leur soutien aux revendications de la direction unifiée de l'Intifada, ils ont manifesté dans le contigent "A bas l'occupation".

La presse israélienne, qui avait ironisé sur le nombre d'organisations qui appelaient à la manifestation a dû, le lendemain, changer de ton. Ce 4 juin, une force politique nouvelle s'est affirmée qui, dans sa diversité, représente un pôle alternatif à Shalom Archav, toujours à la recherche d'une identité politique susceptible de répondre aux problèmes de fonds posés par l'Intifada.

Jérusalem,16 juin 1988.

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