1) UNP : United National Party, (Parti de l'Unité nationale), est le parti conservateur vainqueur aux dernières élections du
3) SLFP : Sri Lanka Freedom Party (Parti de la liberté), éliminé du gouvernement aux dernières élections du 21 juillet 1977.
Le gouvernement réactionnaire de Sri Lanka, qui dispose d'une écrasante majorité parlementaire depuis les dernières élections législatives, a déclenché une vaste offensive contre les droits syndicaux fondamentaux. Deux semaines seulement après les élections de juillet 1977, il avait publié une déclaration qui précisait son intention de «restructurer» le mouvement syndical existant et de placer tous les syndicats sous le contrôle de l'Etat (voir Inprecor no 12, 13 et 17, nouvelle série). Cette offensive fait partie d'un plan plus général, tendant à faciliter une large ouverture de l'économie ceylanaise aux capitaux impérialistes (notamment par le truchement de «zones de libre-échange» établies sur le territoire de l'ile, à l'image de ce qui est déjà pratiqué en Corée du Sud, à Singapour et dans d'autres pays asiatiques). Il cherche également à créer un régime autoritaire répressif (une nouvelle constitution du type présidentielle a déjà été imposée au pays). «Redresser l'économie ceylanaise» en mettant les travailleurs à la portion congrue et en les réprimant, voilà l'orientation générale du gouvernement de l'UNP (1).
Quatre ministres avaient été désignés pour élaborer un projet de loi dans ce sens. Les résultats de leurs travaux - auxquels se sont ajoutés les efforts de divers conseillers - se 21 juillet 1977. 2) LSSP : Lanka Sama Samaja Party (Parti de l'égalité), ex-parti trotskyste.
Sri Lanka Il est vital que s'organise la solidarité internationale avec la lutte du mouvement syndical de Sri Lanka pour défendre ses libertés et droits fondamentaux. sont cristallisés dans un «Livre blanc» publié en janvier 1978 par le ministère du Travail.
Le «Livre blanc» contient des propositions qui incluent notamment l'élimination de fait du droit de grève et le droit accordé aux patrons de licencier comme bon leur semble les salariés. Ces propositions sont appuyées par des mesures coercitives contre des individus, des groupes de travailleurs et des organisations syndicales qui s'y opposeraient, mesures incluant des licenciements automatiques, des amendes et même des peines de prison.
Le mouvement syndical de Sri Lanka, qui regroupe un ensemble de plus de 1,5 million de syndiqués, a répondu à cette offensive en formant un front unique de 16 organisations, rassemblant tous les syndicats importants de l'ile à l'exception de ceux qui sont contrôlés par UNP. Des marxistes révolutionnaires ont joué un rôle non négligeable dans la constitution de ce front unique, par suite des fonctions dirigeantes qu'ils occupent au sein
Ceylon Mercantile Union (CMU - Syndicat des employés du commerce).
Il faut ajouter que l'offensive antisyndicale s'est prolongée ces derniers jours par une offensive contre les étudiants et par la fermeture d'une des principales universités du pays.
L'offensive antisyndicale
Le 10 mars 1978, treize des seize organisations syndicales représentées au sein du front unique, ont publié une déclaration commune, rejetant et dénonçant le «Livre blanc» pour son caractère antisyndical. Pendant une quinzaine de jours, des piquets massifs de protestation des syndiqués ont manifesté en de nombreux endroits pour appuyer cette protestation. Il s'agit de la première manifestation de militantisme ouvrier unitaire dans l'ile, depuis que la désastreuse participation gouvernementale du LSSP (2) et du PC dans un cabinet de coalition avec le parti bourgeois SLFP (3) avait brisé l'élan unitaire puissant de la classe ouvrière ceylanaise au milieu des années 1960.
Il est vital que la solidarité internationale s'organise avec cette lutte du mouvement syndical de Sri Lanka pour défendre ses libertés et droits fondamentaux. Déjà le SOHYO (Conseil général des syndicats du Japon) a publié une déclaration, au nom de ses 4,7 millions de membres, s'opposant au «Livre blanc». En octobre 1977, la Fédération internationale des syndicats des travailleurs de l'alimentation et des professions connexes, représentant 2,2 millions de syndiqués dans 61 pays différents, avait, elle aussi, publié une protestation analogue et avait appelé tous les syndicats affiliés à agir de même.
En Grande-Bretagne, l'Institut du contrôle ouvrier - qui regroupe d'importants secteurs du mouvement syndical - a exprimé son opposition à l'orientation antisyndicale du gouvernement de Sri Lanka et s'est engagé à organiser des activités de solidarité avec les syndicats ceylanais.
Nous publions ci-joint deux documents clé concernant ce combat du Sri Lanka : la déclaration syndicale commune sur le «Livre blanc» du 10 mars 1978, et le texte d'une résolution adoptée par une assemblée générale du CMU qui, malgré une pluie battante, a réuni plus de 3000 personnes en plein air à Colombo, le 12 mars 1978.
La déclaration syndicale commune explique en détail le caractère pernicieux des propositions du gouvernement de l'UNP. La résolution du CMU autorise la direction de ce syndicat à prendre toutes les mesures adéquates afin d'organiser la résistance contre ces propositions «jusques et y compris la grève générale».
Nous appelons tous nos lecteurs à diffuser largement ces deux documents dans le mouvement ouvrier de tous les pays, et à prendre toutes les mesures en vue d'organiser le plus large mouvement de solidarité international avec nos frères et nos sœurs de classe au Sri Lanka qui se battent pour défendre leurs droits syndicaux élémentaires.
Le meeting du 8 mars 1978, à Colombo sous la pluie.
Au micro,
Bala Tampoe, dirigeant du
CMU.