Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

ARGENTINE

Le « Mundial » 1978, l'occasion d'une campagne contre la dictature

· Inprecor n° 27, 28 avril 1978 · p. 32 · 672 mots

Argentine et Chili France État espagnol

l'occasion d'une campagne internationale contre la dictature

ARGENTINE

Pour la première fois depuis de nombreuses années, une campagne de masse contre une dictature militaire se développe aujourd'hui en Europe, à l'occasion de la tenue en Argentine de la prochaine Coupe du monde de football.

Cette campagne de boycottage de l'Argentine en tant que pays organisateur se déroule autour de deux revendications essentielles :

* Libération de tous les prisonniers politiques et syndicaux, y compris des «disparus» (ceux dont la détention n'est pas officiellement reconnue par la junte militaire argentine).

* Rétablissement de toutes les libertés politiques, syndicales et démocratiques.

L'appel au boycottage de la Coupe du monde a été lancé, à la fin de 1977, en France et en Suède. Depuis, la campagne a pris une ampleur considérable avec la mise sur pied de comités unitaires de mobilisation dans la plupart des pays d'Europe occidentale. En quelques semaines, 30 000 signatures ont été recueillies en France pour demander au gouvernement français d'intervenir contre l'organisation de la Coupe du monde par Argentine. Près d'une centaine de comités existent déjà, regroupant surtout des jeunes.

En même temps, se créait un Comité des parents et amis des Français disparus en Argentine qui, de son côté, interpellait le gouvernement; des comités d'avocats, de journalistes, de médecins, de psychologues, ete., exilés en France, gagnaient de nombreux appuis.

MUNDIAL 1978

Le 25 février dernier, à Paris, s'est réunie une coordination de 17 comités européens, venus du Danemark, d'Allemagne fédérale, de France, de Belgique, d'Espagne, de Suisse et des Pays-Bas. Plusieurs militants des sections de la IVe Internationale participaient à cette réuleurs pays respectifs sur la base de leur activité en faveur du boycottage de la Coupe du monde.

Cette réunion décida d'organiser une série d'initiatives à l'échelle sion du deuxième anniversaire du coup d'Etat du général Videla - et le 28 avril. Une nouvelle rencontre internationale est convoquée à Amsterdam, le 6 mai prochain.

Le 23 mars à Paris, un rassemblement de protestation de 2000 perd'Amérique latine pour l'informa-

Get la solidarité), du COBA (Comité pour l'organisation du boycottage de l'Argentine pour la Mundial de 78), de la CFDT (Confédération française démocratique du travail), du Parti socialiste et de la Ligue communiste révolutionnaire (section française de la IVe Internationale), se retrouvaient à la tribune d'un meeting unitaire.

En Espagne, la campagne de boycottage a reçu l'appui de l'ensemble des forces politiques et syndicales du mouvement ouvrier, à la seule exception du PCE qui n'a pas encore pris position, alors que le syndicat des Commissions ouvrières, dirigé par les militants du PCE, s'est, lui, joint à l'appel, signé également par les organisations nationalistes.

A. VITOLD

En Suède, le Parti social-démocrate s'est déclaré favorable au boycottage de la Coupe du monde.

La presse internationale s'est largement fait l'écho de cette importante campagne. Cela a mis la junte militaire de Videla en position dé-

• face pi Voire, publie.

grands frais par les tortionnaires ar gentins pour tenter de sceller l'union sacrée autour du football afin d'appater les capitaux étrangers dans cet «ilôt de stabilité», a ainsi été mise en échec.

La campagne pour le boycottage est un tremplin pour l'activité permanente de dénonciation des dictatures non seulement d'Argentine, mais aussi du Chili, d'Uruguay, du Brésil, etc. Elle permet aussi de dénoncer concrètement les mille liens qui unissent les multinationales et leurs gouvernements à ce type de régime et de montrer que pour ces «démocraties» la surexploitation des peuples des pays dominés par l'impérialisme est un moyen très profitable de déplacer les effets de la crise généralisée du capitalisme des métropoles occidentales vers les pays dépendants.

Deja, des voix de plus en plus nombreuses s'élèvent de toute part en faveur du boycottage du prochain congrès de cancérologie, pré. vu pour le mois d'octobre à Buenos Aires.

Toutes ces initiatives doivent permettre de mettre à l'ordre du jour la rupture des relations diplomatiques entre les divers pays con cemes et le regime sanglant de la junte militaire argentine et l'exigence que cessent immédiatement toutes les ventes d'armes aux dictateurs argentins et latino-américains.

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