FEMMES Femmes arabes en prison
Jusqu'à une époque récente, les militantes des sociétés arabes trouvaient une maigre consolation pour l'oppression sexuelle dont elles sont l'objet en tant que femmes, dans le fait qu'elles étaient généralement épargnées par la répression politique. Un certain machisme oriental et une certaine conception de "l'honneur" avaient pour corollaire une immunité relative des femmes dans le domaine politique. Il n'est jusqu'aux autorités israéliennes elles-mêmes qui ne tenaient compte de cette particularité.
C'est aujourd'hui chose révolue du moins en Syrie et dans les territoires occupés par Israël. Dans les prisons de la dictature syrienne, le nombre de femmes détenues sous l'accusation d'appartenir au Parti de l'action communiste a atteint, par suite de la grande offensive répressive déclenchée contre ce parti depuis l'été 1987 (voir Inprecor numéro 254 du 30 novembre 1987), un record absolu dans l'histoire du pays. En fait, près du quart des 1 500 personnes arrêtées pour interrogatoire au cours de cette offensive sont des femmes, dont plusieurs dizaines ont été maintenues en détention. Vingt-cinq d'entre elles, détenues dans la prison de Douma, ont entamé le 24 mai dernier une grève de la faim pour obtenir des droits aussi élémentajres que celui de recevoir la visite de leurs familles ou celui de comparaître devant un tribunal, assistées de l'avocat de leur choix (les détenus du PAC, dont certains sont en prison depuis plus de dix ans, n'ont jamais eu le "privilège" d'être jugé !). La grève a duré plusieurs semaines et a pu arracher quelques concessions à la dictature, notamment au sujet du droit de visite. Une rumeur non confirmée fait état de la mort d'une des grévistes par suite de sévices.
De l'autre côté de la frontière, dès avril | dernier, cinquième mois de soulèvement, les autorités d'occupation ont décidé de ne plus faire exception pour les femmes, que jusque-là elles évitaient d'arrêter. Plusieurs dizaines de femmes palestiniennes ont été incarcérées depuis lors, s'ajoutant 5 500 hommes, jeunes et adultes, détenus en rapport avec le soulèvement en cours. Vu l'absence de centres de détention pour les femmes en Cisjordanie et à Gaza, les détenues palestiniennes sont placées dans les prisons israéliennes, en violation de la Convention de Genève de 1949 qui stipule que les détenus d'un pays occupé doivent être maintenus sur leur propre territoire. Par ailleurs, comme leurs sœurs syriennes, les Palestiniennes sont détenues sans inculpation et sans procès et soumises à diverses formes de torture au cours de leurs interrogatoires.
Les unes comme les autres ont besoin de façon urgente d'une action spécifique de solidarité et de défense de la part des organisations démocratiques et féministes, dans les pays impérialistes en particulier. Ces organisations doivent être alertées.