POLOGNE Grève de la faim
DEUX SEMAINES après l'arrêt des grèves à l'appel de Lech Walesa la bureaucratie n'a toujours pas donné des signes de sa volonté d'ouvrir les négociations au sujet de la légalisation du syndicat Solidarité. Bien au contraire. La répression s'abat de plus belle sur les grévistes sous forme de licenciements, d'arrestations, d'incorporations dans l'armée etc.
Pour protester contre la répression en cours, un groupe de militants a entamé le 12 septembre une grève de la faim dans l'appartement de Creslaw Borowczyk, emprisonné avec deux de ses camarades du Parti socialiste polonais (PPS), Jozef Pinior et Jolanta Skiba, pour avoir organisé un meeting dans l'usine Dolmel en mai dernier. Dès les premiers jours, cette action a rencontré un important écho à Wroclaw et dans la région, qui témoigne de la sensibilité des travailleurs aux revendications mises en avant par ses initiateurs.
Nous publions ci-dessous la déclaration des grévistes, diffusée à quelques quinze mille exemplaires par les soins du RKS (direction clandestine de Solidarité) de Wroclaw.
"La répression à l'encontre des vistes de mai et d'août, la multiplication des licenciements, des mutations-sanctions, des avertissements formulés en présence des fonctionnaires de la Sécurité, ainsi que les procès en cours à l'encontre des organisateurs des protestations ouvrières, témoignent que la politique du gouvernement envers les militants indépendants et démocratiques n'a subi aucun changement fondamental. On ne peut parler de démocratisation en cours en Pologne, tant que l'activité syndicale est illégale, que l'opposition démocratique est forcée d'agir dans la clandestinité et tant qu'il y a des prisonniers politiques , dont le nombre s'est récemment accru.
Au vu de cette situation, le groupe d'initiative composé de militants du PPS, de Solidarité et indépendants a entamé le 12 septembre 1988 une grève de la faim d'une semaine, dans l'appartement de Czeslaw Borowczyk, actuellement emprisonné.
Nous exigeons:
1. L'arrêt de la répression à l'encontre des participants des grèves de mai et d'août 1988.
2. La libération des prisonniers politiques : Pawel Babinski, Czeslaw Borowczyk, Adam Hodysz, Henryk Piec, Jozef Pinior, Jolanta Skiba et Roman Zwiercan.
3. La garantie de sécurité pour Kornel
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gré.
Morawiecki et les autres militants de l'opposition démocratique.
Habitants de Wroclaw ! Pour montrer votre solidarité avec les réprimés, venez nous rencontrer, rue Stalowa 88/1.
La grève été initiée par : Milka Tyszkiewicz, 28 ans, PPS-Wroclaw ; Jacek Pawlowicz, 25 ans, PPS-Plock ; Jacek Suchorowski, 33 ans, ouvrier de Hutmen,
PPS-Wroclaw ; Piotr Ikonowicz, 32 ans, PPS-Warszawa ; Aleksander Jakowczyk, 27 ans, militant indépendant, medecin ; Miroslawa Pawlik, 57 ans, retraitée, Solidarité ; Robert Kazimierczak, 19 ans, lycéen (avec la permission des parents). Lel4 septembre, Tadeusz Zielinski, 61 ans, KPN-Plock, s'est joint aux grévistes."