Inprecor 1974–2004

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SUISSE

La Ligue anticommuniste mondiale en congrès

Inprecor n° 272, 19 septembre 1988 · p. 25 · 507 mots

SUISSE La Ligue anticommuniste mondiale en congrès

DU 25 AU 29 AOUT à Genève, le Gotha de la droite internationale la plus réactionnaire a tenu ses assises sous les auspices de la Ligue anticommuniste mondiale (WACL). 250 délégués assistaient à cette assemblée peu ragoûtante.

Il faut se garder d'y voir un simple rassemblement de nostalgiques quelque peu rassis de la guerre froide. La WACL organise la jonction entre une droite hyper-conservatrice, souvent au pouvoir ou dans ses arrières-cours, et une extrême-droite fasciste active. La WACL fut créée en 1966. Ses bailleurs de fonds furent les régimes de Taïwan, de Corée du Sud, des Philippines et d'Arabie saoudite. Des dictatures dont tout le monde reconnaît aujourd'hui, même si c'est du bout des lèvres, qu'elles étaient corrompues jusqu'à la mœlle.

Cette origine sud-asiatique de la WACL n'a rien d'étonnant. Il y avait là les plus fidèles alliés des Etats-Unis dans leur combat contre la révolution chinoise et indochinoise. Enfin existait antérieurement sur ce continent la Ligue populaire asiatique anticommuniste (APCL) fondée dès 1954.

La WACL fusionna dans ses rangs diverses organisations, ayant toutes des liens avec les régimes fascistes et nazis de l'entre-guerre. Elles servirent de réservoir aux services secrets américains pour constituer leurs réseaux anticommunistes, dès la fin des années 40.

Ainsi, la WACL absorba le Bloc anticommuniste des nations (ABN) qui n'est autre que la devanture d'un réseau d'agents nazis, fascistes au chômage, recrutés par les services secrets des Etats-Unis. Comme ce fut le cas pour le réseau "Gehlen", services secrets allemands reconstitués sous protection américaine, ou les Gardes de fer roumains qui avaient prêté main-forte à la chasse aux Juifs pendant la guerre. Tous ces acteurs ont en commun l'antisémitisme et l'anti-communisme.

On y retrouve également, fidèles au rendez-vous, l'ensemble des partis néofascistes, du MSI italien de feu Almirante, à Fuerza Nueva en Espagne, en passant par divers animateurs du Front national de

Enfin, l'aile latino-américaine a fait parler d'elle. La WACL sert de plate-forme aux organisateurs des Escadrons de la mort qui sévissent au Guatemala, au Salvador, au Paraguay, tout comme à de nombreux chefs de la contra nicaraguayenne.

Tout ce joli monde est dirigé par la CIA et ses agences. C'est l'ex-général Singlaub, un proche de Reagan, mêlé à lIrangate, qui fut chargé de réorganiser la WACL. Il était chargé des liens avec les généraux putschistes Enrile et Ramos, et la presse américaine a souvent mis en relief ses contacts avec les groupes paramilitaires philippins, les Vigilantes.

Il récolte également des fonds pour la contra et travaille avec le noyau dur de l'armée et de l'extrême-droite salvadorienne (les deux se confondant d'ailleurs). Tout cela compose un joli réseau d'influence institutionnelles ou para-institutionnelles allant de l'Afrique du Sud à la secte Moon (voir Inprecor numéro 264 du 25 avril 1988).

Le congrès de la WACL a reçu des messages d'encouragement du dictateur paraguayen Stroessner, du Président de Taïwan et, bien sûr, de Ronald Reagan en personne.

La WACL a bien entendu beaucoup d'amis dans la Confédération helvétique, ce qui n'a pas empêché quelque 600 per-

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