Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

HAITI

Le père Aristide en danger de mort

Inprecor n° 272, 19 septembre 1988 · p. 26 · 370 mots

HAITI Le père Aristide en danger de mort

DEPUIS QUE LE GENERAL Namphy est revenu au Palais national le 19 juin, l'étau n'a cessé de se resserrer autour des organisations populaires. Le 10 juillet, l'avocat Lafontant Joseph, co-fondateur de la Ligue haïtienne des droits de l'Homme, était retrouvé assassiné.

Le 25 juillet, deux locaux de la Confédération autonome des travailleurs haïtiens (CATH), situés en province, étaient attaqués. Le 14 août, à l'issue d'un rassemblement de 300 jeunes du département de l'Artibonite, quatre d'entre eux étaient tués par un commando dirigé par le préfet. Cinq autres jeunes, membres de la direction du Mouvement des jeunes de Labadie, qui organisait la réunion, disparaissaient.

Durant cette période, comme sous la présidence de Manigat, l'opposition bourgeoise et les partis réformistes étalaient leur impuissance. Leurs espoirs résident dans des divisions au sein de l'armée, la victoire de Dukakis aux Etats-Unis ou, pour certains, dans un dialogue "constructif" avec Namphy. Dans ces conditions, le prêtre Jean-Aristide s'est fait le porte-parole radical et quasi unique de ceux qui entendent combattre résolument la dictature. Et son église de Saint Jean Bosco est devenue le symbole de cette lutte. C'est là que la CATH et les organisations populaires de la capitale avaient célébré la journée du ler Mai. C'est là que le 28 juillet, jour anniversaire de l'occupation militaire, fut organisé un grand rassemblement anti-impérialiste.

Le 4 juillet, Jean-Bertrand Aristide n'échappa à la mort que grâce à la vigilance des jeunes qui l'entourent, et qui interceptèrent un homme porteur d'un pistolet pendant la messe. Le mardi suivant, un commando jettait des pierres et tirait des

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HER TO DEFEND

HER FREEDOM OF

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coups de feu sur les fidèles qui sortaient de la messe.

Le dimanche 11 septembre, cette escalade de violence sest achevée par lincendie de l'église et une horrible tuerie. En pleine messe, une bande d'une centaine d'individus pénétrait dans l'église et attaquait les deux mille fidèles à coups de pistolet, de machettes et de piques, tuant ou blessant des dizaines de personnes. Le père Aristide qui, il y a un an, avait déjà failli être tué, a pu s'échapper. Mais pour les militaires et les duvaliéristes, est aujourd'hui l'homme à abattre.

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