il s'est vu rejeté sans appel dans le plébiscite qu'il avait lui-même impossible : l'écart entre les "Oui" et les "Non" était trop important.
Tricher dans ces conditions-là, aurait pu s'avérer pire qu'accepter le
CHILI
Que se vaya ahora !
15 APRES LE COUP D'ETAT sanglant qui, en septembre 1973, portait le général Pinochet au pouvoir, celui-ci vient de se faire prendre à son propre piège : par 54,68% contre 43,04%, organisé, le 5 octobre.
La fraude, à laquelle chacun pensait depuis la désignation du général-candidat unique par la Junte le 31 août dernier, a été résultat.
Ariane MERRI
EPUIS LA LEVEE de l'état de siège en septembre, lopposition a repris la rue. Des centaines de milliers de personnes ont manifesté pour le "Non". En quelques jours, la peur héritée de 15 ans de dictature s'est littéralement évanouie, même si les rumeurs d'auto-golpe devenaient insistantes au fur et à mesure que les sondages démontraient linéluctabilité de la défaite de Pinochet.
Au soir du scrutin, avant même que les résultats officiels ne soient communiqués par le ministère de l'Intérieur, le général
Matthei, l'un des quatre membres de la
Junte, reconnut la défaite de la dictature et, de nouveau, des dizaines de milliers de personnes ont envahi les rues pour crier leur joie et demander que Pinochet s'en aille sans attendre, "que se vaya ahora !".
La constitution de 1980 tion, tution faite sur mesure et approuvée par un referendum frauduleux mars 1980.
en
Selon ce texte, la "transition" de la passation des pouvoirs aux civils, s'effectuera
- D'aujourd'hui à novembre 1989...
tout continue comme avant. Pinochet et la
Junte sont respectivement reconduits dans leurs fonctions du 11 mars 1989 au 11 mars 1990 ;
- 14 novembre 1989, la campagne présidentielle est lancée. La Constitution prévoit que l'actuel président de la
République - c'est-à-dire Pinochet - ne peut se représenter ;
11 décembre 1989, les élections présidentielle et des représentants au
Congrès sont convoquées ;
- 14 décembre 1989, premier tour des élections ;
- 10 février 1990, date probable du second tour de l'élection présidentielle, si besoin est;
- 11 mars 1990, Pinochet cède la présidence au nouvel élu. Le Congrès national entre en fonction.
Voilà ce qui est prévu. Maintenant, beaucoup pensent, au Chili, que mars 1990 ou même décembre 1989, c'est finalement bien loin, que de nombreux événements peuvent se produire d'ici là, que rien n'est immuable, et que beaucoup de points sont négociables entre gens raisonnables.
Une gifle pour le dictateur
La défaite de Pinochet est une gifle personnelle pour le dictateur qui pensait réellement se perpétuer jusqu'à la veille du XXIe siècle, pour continuer la "geste entreprise à partir du 11 septembre 1973"
De nombreux partisans du régime, civils comme militaires, étaient réticents, voire hostiles, à sa candidature. Ce n'était certes pas par humanisme, mais ils pensaient que Pinochet était le plus apte à focaliser sur son nom toute la haine de la dictature accumulée pendant 15 ans. c'est ce qui s'est effectivement produit.
Voilà encore un an, l'opposition était sur la défensive, divisée. Le mouvement populaire qui avait occupé la rue des premières protestas de 1983 jusqu'en juillet 1986, était dans l'expectative et largement écœuré des atermoiements de cette opposition, incapable d'aller de l'avant et de porter le coup décisif au régime en difficulté. la sévère répression qui suivit l'attentat manqué contre Pinochet en septembre 1986, revendiqué par le Front patriotique Manuel Rodriguez (FPMR), la énième volte-face du Parti communiste chilien qui vint quelque temps après (nous y reviendrons plus avant) firent le reste : la dictature avait le vent en poupe, les prix du cuivre s'envolaient sur les marchés internationaux, le taux de croissance
économique affichait une vigueur insoJente, et l'opposition s'occupait à régler ses comptes. Pinochet décidait, sur cette base, de pousser l'avantage, s'imposant de facto, comme le futur candidat unique du
Depuis près d'un an, il est entré en campagne, multipliant voyages et déclarations, annonçant réduction d'impôts, construction de logements, hausses de salaires, etc., toutes mesures clientélistes visant à faire apparaître sa candidature comme allant "naturellement" de soi.
Toujours dans cette perspective, il allait remanier le gouvernement pour mettre aux postes-clés ses hommes-liges, ceux qui forment ce que l'on nomme le bunker.
Sa campagne se fit sur quelques thèmes simples. Dans le domaine politique et idéologique, il y a Dieu et le Diable, le Bien et le Mal, Moi ou le chaos du communisme. Sur le plan économique, le choix est entre un régime qui a sorti le Chili du sous-développement ou le retour à l'anarchie de l'Union populaire.
Le choix de l'Oncle Sam
Nous l'avons dit, d'autres partisans du régime - civils ou militaires - étaient moins enthousiastes quant à cette belle certitude, et savaient qu'il serait plus facile de mener à bien une transition en douceur avec un personnage moins encombrant que Pinochet.
Pour leur part, les Etats-Unis ne se faisaient pas faute de le faire savoir, et quand on sait le rôle qu'a eu ce pays dans la mise en place de la Junte en 1973, il est aisé de comprendre qu'il a un avis de poids.
Tout en renforçant les liens avec les vrais maîtres politiques du pays, les militaires, les Américains ont subventionné les partis respectables de l'opposition, notamment la Démocratie-chrétienne, sachant que c'est dans leurs rangs que l'on trouve les civils présentables pour une future normalisation. C'est la poursuite des processus de transition entrepris auparavant dans les autres pays du Cône sud, l'Argentine, le Brésil, l'Uruguay. Entendons-nous bien, la doctrine chère à Jane Kirpatrick, celle qui partageait le monde entre les "ennemis totalitaires" et les "amis autoritaires" n'a pas été abandonnée par une administration républicaine soudainement touchée par la grâce de la démocratie. Elle s'est sophistiquée. Le développement des insurrections révolutionnaires dans l'isthme centro-américain, la résurgence de guérillas de masse dans de nombreux pays et, plus généralement l'instabilité politique chronique et l'explosibilité économique du sous-continent, ont amené une reformulation de la doctrine de sécurité nationale. La politique étrangère des Etats-Unis vis-à-vis de l'Amérique latine combine la mise en place de régimes civils sous haute surveillance militaire (la nouvelle Constitution brésilienne en est le dernier exemple) avec le renforcement de la guerre de basse intensité.
Cette reformulation-réorientation apparaît nettement dan le document rédigé par le fameux groupe de Santa-Fé, pour la campagne électorale de George Bush.
Mais les dictateurs ont leur autonomie. Et le général Pinochet n'a guère apprécié de se voir écarté comme un malpropre pour des raisons de haute politique après tant d'années de bons et loyaux services. Et lire ses tonitruantes déclarations contre "l'ingérence étrangère" Unis dans les affaires intérieures du Chili ne manque pas de sel. Il nous avait davantage habitués à voir diriger ses tirades enflammées contre l'Union soviétique ou Cuba, ces deux incarnations du Mal !
Au lendemain du 5 octobre, les civils, qui étaient réticents comme en partie ceux qui avaient soutenu sans réserve Pinochet, ont été bien prompts à tirer les leçons du scrutin pour préparer leur avenir.
En revanche, du côté du bunker, on ne désarme pas. Fernandez, le ministre de l'Intérieur, expliquait que le général est le grand vainqueur du scrutin puisqu'à lui tout seul, il obtient 43% des voix alors que l'opposition à dû s'y mettre à seize (nombre des partis qui composent le Commando pour le Non, sans le PC) pour faire 54%. Associé aux groupes d'extrême-droite tel Patrie et liberté, ces fidèles du régime réclament maintenant une révision de la Constitution afin que Pinochet puisse être candidat en 1989.
Pas question, répondent les deux principaux partis de droite, l'Union démocratique et indépendante (UDI) et le Parti de rénovation nationale (PRN) qui vise aujourd'hui l'après-Pinochet.
De toute tacon, les partis civils comp tent pour peu de choses dans les prises de décisions importantes. Elles sont du seul ressort des militaires qui, d'ailleurs, ne se privent guère d'afficher leur mépris pour les "politicards".
Toute la politique de la hiérarchie militaire est guidée par deux objectifs fondamentaux : premièrement, maintenir l'unité des forces armées au-delà des divergences tactiques qui peuvent apparaître ; deuxièmement, assurer la perpétuation et la projection du régime dans l'après-Pinochet, régime dont ils sont la clé de voûte.
Ces deux objectifs sont inséparables, le second est impensable sans le premier. Voilà pourquoi, malgré les réserves, vraies ou feintes, exprimées pendant des mois par certains quant à la candidature de Pinochet, la Junte a finalement investi le général. Aucun commandant des trois auarmes ne pouvait prendre la responsabilité d'une fracture aux sein des forces armées, d'autant que l'armée de terre que dirige Pinochet, est tout de même un gros morceau à diriger.
Réserves vraies ou feintes, avons-nous dit. En effet, depuis plus d'un an, on n'en finissait pas d'entendre les phrases" de tel ou tel chef de corps d'armée faisant le portrait du candidat idéal... qui ne ressemblait pas à Pinochet. Le général Matthei s'en est fait une grande spécialité, maniant avec un art consommé, l'ouverture et la fermeture.
Sans doute ces déclarations, qui venaient toujours à point nommé, maient-elles des discussions serrées au sein de la hiérarchie militaire, mais elles avaient à coup sûr un autre objectif : laisser dans l'expectative le plus longtemps possible, l'opposition en lui faisant miroiter la possibilité d'une candidature de consensus, et l'amener ce faisant à multiplier les concessions. Si l'on fait le bilan, cette tactique a été payante : le régime, la Junte n'ont fait pour leur part aucune concession, même la plus minime. Ils ont suivi à la lettre le calendrier prévu par la Constitution ; ils ont obligé l'opposition à accepter le cadre du plébiscite, tout en ne relâchant pas d'un iota la répression qui, selon le rapport d'Amnesty International, s'est même intensifiée du fait de l'apparition de commandos para-militaires
N'en doutons pas, cette tactique qui a donné de si bons résultats dans les mois précédant le plébiscite, va se poursuivre plus que jamais dans la pé riode qui s'ouvre.
La perpétuation du régime
La Constitution de 1980 qui servira donc de base à l'après-Pinochet, régit les droits politiques et le fonctionnement des institutions. comme c'est le cas de toutes les constitutions. Mais celle-ci est particulièrement gratinée.
"Tout acte de personne ou de groupe destiné à propager des doctrines qui attentent à la famille, propage la violence ou une conception de la société, de l'Etat ou de l'ordre juridique, de caractère totalitaire ou fondé sur la lutte des classes, est illicite et contraire à l'ordre de la publique"
C'est là le fameux article 8, qui met hors-la-loi toute la gauche. Mais l'application est faite à discrétion et les militaires sont seuls juges. Ainsi, le Parti humaniste et le Parti démocratique national qui avaient demandé leur légalisation en se soumettant à toutes les conditions requises par la Loi sur les partis politiques
(dépôt de 30 000 noms, etc.) se sont vu opposer une fin de non-recevoir le 12 septembre.
Mais le plus important, c'est sans aucun doute la mise en place du Conseil national de sécurité (CNS). Il est formé des commandants des 4 armes (comme la Junte) plus le président de la République, le président du Tribunal suprême et le président de la Chambre haute. Par le seul jeu mathématique donc, les militaires y sont majoritaires, mais cette prééminence va au-delà de la question de nombre.
Les compétences de cet organisme sont illimitées. Elles vont des conseils au président, jusqu'à la demande d'enquête sur n'importe quel fonctionnaire ayant une quelconque relation avec la sécurité intérieure (concept extensible s'il en est) ou extérieure de l'Etat. De fait, sur toutes les questions politiques, la Constitution prévoit un co-gouvernement, un partage des pouvoirs non-équitable, entre le Président et le CNS. En revanche, le Congrès, composé de deux chambres, se voit réduit à la portion congrue en matière de décisions.
L'opposition
Deux partis dominent l'opposition au régime. A droite, la Démocratie-chrétienne, dont le président Patricio Aylwyn dirige le Commando pour le Non, à gauche, le Parti communiste. Au milieu, la nébuleuse des partis socialistes (Almeyda, Nuncz, etc.) et autres.
La Démocratie-chrétienne est incontournable pour le processus de transition. Elle se sait forte du soutien des EtatsUnis, de la confiance des milieux d'affaires, de l'oreille favorable qu'elle pourra trouver dans la hiérarchie militaire. La DC jouit d'une base populaire, notamment syndicale. Mais, dans cette perspective de négociations avec les militaires, la direction actuelle de ce parti a écarté de la prise de décision tous ceux qui étaient liés au mouvement syndical et donc sensibles aux pressions populaires.
Au plan économique, la DC a d'ores et déjà rassuré les milieux d'affaires en déclarant qu'il était hors de question de revenir à l'étatisation de l'UP, et que la "réussite" économique du Chili se poursuivrait.
Au plan politique, l'objectif est la mise en place d'un gouvernement entre civils et militaires. Il est significatif que le grand concert qui fut convoqué par l'opposition à Santiago le 7 octobre pour fêter la victoire, avait pour nom "Fête de la démocratie et de la réconciliation nationale". C'est le maître-mot de la DC, réconcilier l'armée et le peuple qu'un malentendu vieux de 15 ans, ont éloigné l'un de l'autre. Gageons qu'un élément-clé de cette réconciliation sera l'impunité totale des assassins et tortionnaires en uniforme. S'il est bien un point sur lequel les militaires ne négocieront pas, c'est celuici. La loi de Point final, passée en Argentine risque de paraître un modèle de subversion anti-militariste à côté de ce qui va se concocter sur ce plan au Chili.
Enfin, et ce n'est pas la moindre des choses, une grande partie de la force de la DC, est la conséquence des tergiversations, des volte-face et de la confusion qui règnent au sein du PC. Le Parti communiste, par sa force, son implantation dans les couches populaires, surtout les poblaciones, ces abcès de bidonvilles qui couvrent Santiago, est le seul qui, s'il le vouPC s'est mis dans une bien mauvaise posarrangé pour le mettre constamment sur la défensive depuis deux ans.
Reprenons brièvement le cours des événements. En 1983, rappelons-le, le PC chilien, l'un des plus droitiers et des plus opportunistes d'Amérique latine qui pourtant n'en manque pas, fait un tournant spectaculaire, appelant à la rebellion populaire et créant un bras armé, le FPMR. Ce dernier fera quelques jolis coups spectaculaires attirant à lui une partie de la jeunesse de ces poblaciones, qui aspirent à une solution radicale contre la dictature, loin des politiciens bon chic-bon genre de la DC. En septembre 1986, c'est l'attentat manqué contre Pinochet. La répression affecte durement le Front. Peu de temps après, le PC revient sur la lutte armée, provoquant une crise au sein du FPMR. Puis, alors qu'il avait toujours dénoncé le processus électoral du plébiscite en arguant justement du caractère profondément anti-démocratique de la Constitution de 1980, le PC appelle dans un premier temps ses militants à s'inscrire sur les listes électorales "pour empêcher la fraude qui se prépare", tout en maintenant sa consigne de boycott. Cette position est intenable : le reste de l'opposition l'accuse de prendre la responsabilité d'une future victoire de Pinochet; les couches qu'il influence ne comprennent pas pourquoi s'inscrire si ce n'est pour voter; enfin, au fur et à mesure, la polarisation s'accentue pour ou contre Pinochet.
Le dernier tournant
Finalement, en juin dernier, le PC se rallie au Non. En revanche, le FPMR ( au sein duquel, il semble qu'il y ait eu une scission provoquée par le PC voulant le reprendre en main) maintient sa consigne de boycott, ou plutôt évacue le problème de la consigne de vote en mettant l'accent sur la mobilisation populaire, tout en annonçant une trêve des actions armées.
Et maintenant ? Les déclarations de Volodia Teitelboim, le vieux dirigeant stalinien rentré d'exil ne laissent planer aucun doute. Interrogé par le quotidien espagnol El Pais, le 3 octobre, sur ce qu'il entendait par "soulèvement populaire démocratique", expression qui avait fait de nombreux remous dans le Landernau de l'opposition bourgeoise, Teitelboim répond : "Je ne l'ai jamais imaginé comme une manifestation armée, mais comme une manifestation pacifique, du peuple, de la nation dans la rue". Et il poursuit : "Le gouvernement provisoire que nous propo sons est une formule démocratique, car il ne s'agit ni d'un gouvernement formé par un part, ni par tous les partis de la gauche, sinon par toutes les forces de l'opposition, du centre, de la droite etc (...) Il devra être précédé d'une série de conversations pour parvenir à un accord entre toutes les forces, accord qui y compris, d'une manière ou d'une autre, devra être conclu et se réaliser avec les forces armées". La citation se passe de commentaires, quant aux véritables desseins du PC. Ce n'est d'ailleurs pas une nouveauté, Sanfuentes, le dirigeant de l'intérieur, disait la même chose dans une interview à ce même journal, le 30 juin dernier.
Coup de pied de l'âne, interrogé sur le bilan de l'UP, Teitelboim ne trouve rien de mieux que de mettre au compte de la gauche révolutionnaire, la responsabilité de son échec : "un secteur de l'UP, confondant les étapes, décidait de brûler ces mêmes étapes, de passer rapidement au socialisme. Cette situation n'était pas possible dans le Chili d'alors, et je crois que cela contribua également à alimenter la propagande de la droite"
Que peut-il se passer maintenant ? Comme nous venons de le voir, tout le monde souhaite, chacun avec ses nuances et la défense de ses intérêts propres par exemple, pour le PC, sa reconnaissance comme parti), une transition sans bavures, à l'amiable avec les militaires. Il y a un large consensus sur cette question. Mais le parcours à suivre ressemble à une équation à beaucoup d'inconnues. L'une d'elles est l'acharnement de Pinochet et son bunker.
Le trauma de la dictature Une autre, et qui peut réserver bien des surprises, est l'attitude que prendra le mouvement populaire. Nous l'avons dit après deux ans de reflux, les couches populaires ont réoccupé la rue depuis la fin du mois d'août. La chape de plomb de la peur semble s'être envolée. Le mouvement ouvrier est en pleine phase de recomposition avec la refondation de la Centrale unitaire des travailleurs (CUT) en août dernier. Les frustrations économiques ressenties par toutes ces fractions de la population qui vivent à la limite de la survie alors que les parvenus du libéralisme étalent insolemment leurs richesses, sont une charge explosive. Les aspirations démocratiques, la volonté de vivre, tout simplement, d'une jeunesse qui a payé en premier le tribut de la répression, en sont une autre. Mais en même temps, la dictature a laissé trop de marques pour que les gens se lancent à l'aventure. Comme en Argentine, le traumatisme de la répression pèse et pèsera sur le mouvement populaire.
La vision de ces manifestants qui au soir du plébiscite, emportés par la joie, se jetaient dans les bras des carabaniers pour les embrasser, ces mêmes carabiniers qui allaient leur tirer dessus le lendemain, est un signe qui doit inciter à la réflexion.
17 octobre 1988