BRESIL Importante victoire du Parti des travailleurs
UN TREMBLEMENT DE TERRE politique : c'est l'expression qui revient le plus fréquemment dans la grande presse internationale pour décrire le résultat des élections municipales brésiliennes.
Si les résultat définitifs ne sont pas encore totalement connus, on sait déjà ce qui en est pour les capitales des différents Etats du Brésil.
Le Parti du mouvement démocratique brésilien (PMDB) auquel appartient le président Sarney, prend une véritable gifle en perdant les villes les plus importantes du pays.
Et surtout, Saõ Paulo, la plus grande ville d'Amérique du Sud (11 millions d'habitants) a porté à la mairie la candidate du Parti des travailleurs (PT), Luiza Erundina. Elle devance Paulo Maluf, du Parti social démocratique (PSD), politicien de droite dont le nom est associé à la dictature militaire et à diverses affaires de corruption.
De même, le PT conquiert Porto Alegre et Vitoria, deux capitales d'Etat.
A Rio de Janeiro, la seconde ville du pays, c'est le candidat du Parti démocratique du travail (PDT) que dirige le "caupopuliste Leonel Brizola qui
Le PT, qui est né en 1980 de la résurgence du mouvement syndical classiste
La fait sa campagne autour des revendications ouvrières, du moratoire de la dette extérieure (120 milliards de dollars) et de la réforme agraire, promise en 1985 quand les militaires laissèrent la place à la Nouvelle république, mais qui est aujourd'hui au point mort.
Cette victoire du PT n'est pas une divine surprise. Elle arrive dans une vague de luttes sociales et de grèves ouvrières qui touchent principalement l'important secteur public brésilien (fonction publique, métallurgie, secteur pétrolier, etc.)
L'inflation atteindra sans doute les 1 000% pour l'ensemble de 1988. Le 4 novembre dernier, le gouvernement, les représentants du patronat et les syndicats - sauf la Centrale unique des travailleurs
(CUT) où se retrouvent les militants du PT - signaient un pacte social dont l'objectif était de limiter la hausse de l'inflation (et surtout des salaires !) à... 25% par mois.
Mais la faillite économique du PMDB n'est pas seule en cause. D'un certain point de vue, beaucoup plus grave fut de l'armée, trois jours avant le scrutin, contre les sidérurgistes en grève de Volta Redonda: les militaires ont tiré sur les ouvriers occupant faisant 3 morts et plusieurs dizaines de blessés. Cette opération a illustré de manière sanglante ce qu'est le pouvoir des forces armées tel que prévu dans la Constitution dont vient de se doter la Nouvelle république.
Donner aux militaires la responsabilité de "veiller au respect de la loi et au maintien de l'ordre intérieur" n'est pas un
Une autre partie de bras de fer se joue aujourd'hui entre le gouvernement et les 45 000 ouvriers du pétrole qui sont en grève sur des questions salariales.
Le Président Sarney a demandé au Congrès de proclamer la grève illégale parce que touchant aux "intérêts nationaux". Si cette mesure est adoptée, elle lui permettrait — comme le prévoit toujours la Constitution — de procéder au licenciement des grévistes et à leur remplacement par d'autres ouvriers acceptant les conditions posées par l'Etat-patron.
Dans un an, en novembre 1989, auront lieu les premières élections présidentielles au suffrage universel depuis 1960. Le Parti des travailleurs sera présent avec la candidature de son président,