Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

ETAT ESPAGNOL

Fédération des organisations écologiques

Inprecor n° 282, 20 février 1989 · p. 26 · 717 mots

Écologie État espagnol Femmes

ETAT ESPAGNOL Fédérations des organisations écologiques UNE FEDERATION des organisations écologistes (FOE) vient de se créer dans l'Etat espagnol. Cela représente, selon Combate, organe de la LCR (section de la IVe Internationale dans l'Etat espagnol) un important pas en avant pour le mouvement écologiste et pour la gauche radicalisée.

Le document d'orientation politique, intitulé Pour une fédération explique les raisons et les objectifs de ce regroupement fondé sur la réalisation commune de diverses campagnes dans la période récente :

"Nous nous réclamons d'une écologie radicale, c'est-à-dire que nous allons à la racine des problèmes pour les analyser et les résoudre. En ce sens, nous nous opposons au conservatisme qui se borne à la défense bucolique d'enclaves naturelles isolées, sans remettre en question la dynamique sociale réelle qui entraîne les dégradations. Nous sommes des écologistes sociaux et nous considérons comme très importantes les attitudes personnelles de respect envers la nature mais nous croyons que les questions d'écologie sont le produit des conditions actuelles de dégradation du milieu environnant par le système productiviste qui, dans notre cas concret, prend la forme capitaliste. De façon cohérente avec cette constatation, nous nous déclarons anticapitalistes et politiquement de gauche sans que cela suppose l'acceptation de modèles du socialisme bureaucratique.

Nous ne pensons pas que la seule méthode d'action sociale soit la lutte politique parlementaire et donc, il n'y a pas, à nos yeux, de nécessité impérieuse de créer un parti vert comme seul instrument valable pour entreprendre la transformation de la société. Plus précisément, nous pensons que les tentatives de former un parti vert dans l'Etat espagnol n'ont été, jusqu'ici, que des montages bureaucratiques qui n'avaient rien à voir avec les besoins réels des mouvements qui devaient lui servir de support (écologisme, pacifisme, féminisme...), mais étaient liées au grotesque spectacle politicien.

Nous faisons partie de groupes dont l'organisation interne est démocratique et qui préconisent la participation collective dans la prise des décisions (...)"

Dans le document intitulé Déclaration de principes, la FOE écrit :

"La vertigineuse évolution des techniques et des connaissances a créé des problèmes nouveaux et a rendu possible, pour la première fois dans l'histoire, la destruction généralisée des ressources de la planète (...)

Nous entendons par écologisme un mouvement social fondé sur l'idée de l'harmonie de l'espèce humaine avec son environnement, de la lutte pour une vie ludique, créative, égalitaire, pluraliste et libre d'exploitation, basée sur la communication et la coopération entre les personnes. En conséquence :

1) Nous considérons que la relation correcte avec la nature ne peut être ni de la détruire ni de la "dominer", ni de sauver ou de conserver des enclaves ou des îlots de naturel, mais une tâche globale de collaboration avec elle.

2) Nous comprenons le progrès comme l'amélioration croissante des conditions de vie (...) et non comme la croissance quantitative, ni tout ce qui ne signifie, de fait, le "progrès", que pour la classe dominante. (...)

4) Dans la mesure où l'humanité a besoin du travail, nous affirmons la nécessité de la lutte pour en faire une activité libre et sans exploitation, adaptée à la personne consciente de ses fins. sans aliénation. Nous défendons, face à l'agression capitaliste, toute forme traditionnelle, non nuisible de travail, si ses protagonistes n'ont pas accès à une alternative satisfaisante. (...)

6) Nous nous déclarons pour des usages décentralisés des énergies renouvelables et contre le nucléaire militaire et civil, dans la mesure où il suppose, au-delà du risque vital indubitable, un modèle de société militarisée, monopoliste, policière, ultrahiérarchique, incompatible avec l'idée d'autogestion. (...)

8) Nous croyons que l'oppression la plus répandue dans toutes les sociétés est celle dont souffrent les femmes. Nous nous déclarons solidaires des mouvements féministes qui luttent contre la discrimination de la femme, pour améliorer ses conditions de vie et de travail et qui remettent en question les rôles sexuels (division du travail, sexualité...)

9) De même nous nous déclarons solidaires de tous les peuples de la terre et en particulier du Tiers-monde. Nous dénonçons la misérable opération qui consiste à occulter certaines contradictions du capitalisme en déplaçant vers les pays pauvres les industries polluantes et leurs déchets, en même temps qu'on poursuit l'exploitation de leurs ressources naturelles et humaines. Le modèle de développement exporté vers ces pays empêche l'application de formes écologiques de développement adéquates à leurs véritables problèmes et besoins." (...)

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