MAROC La longue grève des mineurs de Jerrada DECLENCHEE le 28 décembre dernier, la grève des mineurs de Jerrada est la plus longue, la plus combative et la plus déterminée de ces dernières années.
Le gisement de charbon de Jerrada est exploité par la "Société des charbons du Maroc" (CDM). Cette société fut constituée en 1946, et l'Etat en détient 98,85%.
Décidée à ne pas répondre aux revendications des mineurs, la direction a choisi de fermer les puits. La production est tombée à zéro. Et, afin d'honorer ses accords avec l'usine thermique régionale, elle a décidé d'importer 4 000 tonnes de charbon.
Depuis 1981, l'Etat marocain s'est engagé sous la pression du Fonds monétaire international (FMI) à privatiser le secteur public et à libéraliser les prix. Depuis 1984, et malgré les soulèvements provoqués en 1981 et 1984 par cette politique dictée par le FMI, l'Etat s'est lancé dans les licenciements collectifs. Les directions syndicales et politiques qui siègent au Parlement et sont partie prenante du "consensus national" sont restées sans réagir, ce qui explique que l'on n'ait guère assisté à d'im-portantes luttes.
C'est dans ce contexte qu'il faut saisir la lutte des mineurs de Jerrada. Ces derniers étaient à l'origine de plusieurs conflits, le dernier remontant à 1985 et s'étant soldé par un échec : les mineurs avaient alors repris le travail sur la base de promesses de négociations qui n'ont jamais vu le jour.
Après plusieurs tentatives de la direction de leur faire reporter le mouvement, les ouvriers de Jerrada déclenchent au début décembre, une grève de 3 jours à laquelle la direction réplique par des mises à pied. Cette grève, encadrée par la Confédération démocratique du travail, est la plus importante de ces dernières années.
Le mineurs revendiquent l'amélioration des conditions de travail, une augmentation de salaire de 20%, une hausse de l'indemnité de logement de 300%, un litre de lait par jour, des médecins spécialisés dans la silicose, le respect de la législation du travail et l'abolition de la "punition zéro" qui permet au patron d'annuler le salaire de l'ouvrier malgré une journée de travail, le respect de l'action syndicale et l'ouver-
Le conflit s'est durci à compter du 27 décembre quand la direction a envoyé des nervis et du personnel d'encadrement armés de barres de fer avec des gourdins. C'est aussi à partir de cette date que les puits sont fermés. Les mineurs sont arrêtés, d'autres passent en procès. Des manisont organisées par les lycéens, les femmes de mineurs.
Pour le moment, le régime marocain d'Hassan II qui s'apprête à dilapider des centaines de milliers de dollars pour faire construire une mosquée mégalomane, oppose une fin de non-recevoir aux grévistes