Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

GRANDE BRETAGNE

Hypothermie et libéralisme

Inprecor n° 284, 20 mars 1989 · p. 27-28 · 445 mots

Grande-Bretagne

GRANDE BRETAGNE Hypothermie et libéralisme

DEPUIS une dizaine d'années, l'Angleterre de Madame Thatcher glose doctement sur les progrès d'une nouvelle épidémie : l'hypothermie. Chaque année, la statistique reconnaît que près d'un millier de Britanniques meurent de froid. L'hiver 1981-1982 a atteint le triste record de 528 décès, pour décembre et

En réalité, ce fléau frappe un nombre très supérieur de personnes, sans que le certificat de décès ne porte explicitement la mention "hypo-

Les victimes sont avant tout des personnes âgés (86% d'entre eux ont plus de 65 ans). D'octobre à mars, on enreerratum

Une coquille a rendu incompréhensible une partie de la résolution sur les réformes en URSS, publiée en page 13, dans le dernier numéro d'Inprecor (du 6 mars 1989). A la fin du premier paragraphe du chapitre numéro Il (Les enjeux), il fallait lire:

"(...) la logique de la réforme veut que ce soient les prix et les salaires, libérés de la tutelle administrative et déterminés par le jeu de la concurrence qui assurent cette liaison. De ce point de vue, la nouvelle réforme ne se distingue pas de celle des années 60 (...)". L

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gistre en effet 39 000 morts supplémentaires, parmi les plus de 60 ans, par rapport au reste de l'année. En Angleterre, un homme de 65 ans a une espérance de vie de 13,3 ans (17,2 ans pour les femmes), ce qui place ce pays dans le peloton de queue en Europe.

Le froid, on s'en doute, est beaucoup plus dur avec les pauvres. Un retraité vivant avec moins de 60 livres par semaine dépense 14 à 17% de son revenu pour le chauffage et l'éclairage, contre seulement 6% dans la moyenne de la population. De surcroît, près de 50% des ogements abritant des personnes âgées bénéficiant d'un revenu minimum, ne jouissent pas du chauffage central. Ce qui signifie que, passant l'essentiel de leur temps à la maison, elles sont lourdement pénalisées par rapport à la population encore active. Les femmes sont aussi plus durement touchées compte tenu du fait qu'elles vivent en moyenne plus longtemps.

Face au scandale de l'hypothermie, en bonne logique libérale, l'administration Thatcher a choisi une forme d'assistance "personnalisée" : lorsque moyenne des températures hebdomadaires (du lundi au dimanche suivant) est inférieure à zéro degré, le département de la Sécurité sociale fait paraître des annonces dans la presse pour que les ayants-droit sachent qu'ils peuvent revendiquer une allocation de 5 livres pour "temps très froid". Tout se gâte, bien sûr, si la semaine de mauvais temps court du jeudi au mercredi, mais que la moyenne hebdomadaire, invariablement calculée du lundi au dimanche, dépasse zéro degré, ou que l'ayant-droit néglige de consulter la presse !

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