SUISSE Symposium contre le travail de nuit
EN JUIN prochain s'ouvre à Genève, la Conférence de /'Organisation internationale du travail (OIT), qui traitera de la Convention 89 qui interdit le travail de nuit des femmes dans l'industrie. Cette convention, entrée en vigueur en 1951, avait été ratifiée par 56 pays.
Sous la pression des organisations patronales, le Conseil fédéral helvétique a déjà annoncé son intention de ne pas renouveler l'adhésion de la Suisse à cette convention, ou de la réviser dans un sens qui supprimerait quasi toute protection des travailleuses contre le travail de nuit dans l'industrie. Un comité composé de militants syndicaux et féministes a décidé d'organiser le 10 juin, à Genève, juste avant l'ouverture de la Conférence de l'OIT, un symposium contre le travail de nuit. Nous reproduisons ci-dessous l'appel pour ce symposium.
Le travail de nuit est inacceptable parce que : — Le travail de nuit est nocif pour la santé. Il est aujourd'hui reconnu que les personnes qui travaillent la nuit -hommes ou femmes - subissent des atteintes graves à leur santé : troubles du sommeil, troubles gastro-intestinaux et problèmes psychiatriques, entre autres. Il est impossible d'éliminer les tensions qui résultent des problèmes sociaux et familiaux liés au travail de nuit ainsi que la fatigue chronique qui découle du manque de sommeil nocturne. Il est prouvé maintenant que l'organisme ne s'adapte jamais aux rythmes perturbés et qu'une tension constante résulte du fait que les différentes fonctions biologiques n'ont plus de réelles périodes de repos.
- Le travail de nuit conduit à l'isolement. Le travail de nuit oblige à vivre à contretemps par rapport à la majorité de la société et rend donc la participation aux activités collectives difficile ou impossible. A l'isolement social s'ajoute l'isolement dans l'entreprise car le travail de nuit est le plus souvent une voie de garage. Enfin, le travail de nuit d'un des membres de la communauté domestique nuit à la qualité de vie de tous les autres.
— Le travail de nuit n'est pas le résultat d'un libre choix. Pour la majorité des travailleurs, le travail de nuit est une pure contrainte. Soit parce qu'en le refusant, ils seraient sans travail ; soit parce que le salaires usuel dans la branche est si bas qu'il leur faut absolument l'améliorer par des primes ; ou encore, vu le manque d'équipements collectifs pour la garde des enfants, parce que le travail de nuit apparaît comme une solution pour les parents.
- L'égalité doit aller dans le sens d'un progrès social. La protection des femmes contre le travail de nuit se justifie parce qu'elles sont encore traditionnellement responsables des tâches ménagères plus que les hommes. En outre, l'interdiction du travail de nuit n'est pas un obstacle à leur promotion puisque ce sont, la plupart du temps, des activités répétitives qui sont effectuées la nuit.
La plupart des progrès sociaux ont été réalisés pour des groupes restreints avant d'être généralisés. C'est maintenant dans le domaine du travail de nuit que l'interdiction doit être généralisée aux hommes.
— Le travail de nuit peut être socialement nécessaire (hôpitaux, transports, par exemple). Dans ce cas, il faut obtenir des conditions de travail compensatoires. Mais, pour tous et toutes, il est nocif. Pour tous et toutes, il doit être interdit lorsqu'il n'y a pas nécessités sociales.
Le rôle pionnier que la Suisse a joué au siècle passé dans la protection des travailleurs sur le plan international doit être confirmé. Aujourd'hui le mouvement syndical ainsi que les partis et associations progressistes doivent s'engager pour le maintien de l'interdiction du travail de nuit des femmes dans l'industrie, comme l'impose l'actuelle convention 89 de l'OIT, et pour son extension aux hommes.
Introduction (Livio Maitan)
La question nationale dans l'histoire de l'URSS (Antonio Moscato)
Les questions nationales en Yougoslavie (Catherine Verla)
Déclaration des droits des peuples (Le programme de 1919)
Pouvoir soviétique et question nationale (Léon Trotsky)
Discours au XIlle Congrès (Khristian Rakowski)
La question ukrainienne (Léon Trotsky)
Ukraine : question nationale et question sociale (Ivan Djuba)
Stalinisme, question nationale et séparatisme en URSS (Oliver Mac Donald)
Pour l'indépendance de l'Ukraine soviétique (Z. Kowalewski)
Prises de positionde la IVe Internationale
Les revendications du Haut-Karabakh
Débats aux pays Baltes (Mikhail Solokov)
La question géorgienne
Quatrième Internationale
Le numéro 32-33 sur la question nationale en URSS est paru, au sommaire :