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BREF...
CHILI Autocritique du PC chilien
LE PARTI communiste du Chili (PCC) pensait tenir son 15e congrès à la fin 1973, mais le coup d'Etat militaire de septembre l'en empêcha cette année-là. 16 ans plus tard, après la défaite de ses théories par la critique des armes putschistes et l'expérience de la lutte contre la dictature, le Comité central (CC) du plus grand parti communiste d'Amérique latine (excepté celui de Cuba) a convoqué un nouveau congrès qui inclue une autocritique d'un grand intérêt.
Selon le CC, le congrès devra être audacieux et innovateur, réel et non formel, pour impulser la rénovation du parti. Le document met l'accent sur la nécessité que le congrès soit "décidément critique et autocritique". Pour les communistes chiliens, ce congrès réalisé 19 ans après le précédent servira à :
"Faire une évaluation de l'activité du parti, et spécialement de ses organismes dirigeants et de ses cadres, et des réajustements réalisés à différents moments, motivés par de nouvelles et complexes exigences de la situation."
L'autocritique commence avec une estimation des erreurs commises après l'accession au pouvoir de l'Unité populaire, et souligne que si les forces populaires étaient au gouvernement et les masses organisées dans la lutte, cela ne fut pas suffisant pour parvenir à la con-
"Comme cela paraît évident dans les thèses préparatoires pour le 15e congrès qui n'a pu avoir lieu à la fin 1973, nous avons eu des conceptions étapistes de l'accession à la totalité du pouvoir, ainsi qu'une estimation démesurée de la bataille économique, sans tenir compte de l'aspect politico-militaire. Il y eut même absence de precision sur le moment exact que vivait le processus révolutionnaire. Nous avons été imprégnés de légalisme et nous avons eu des illusions sur le cours pacifique de la ré-
Nous n'avons pas suffisamment tenu compte de l'assertion de Lénine selon laquelle, en temps de révolution, la lutte des classes transcroît souvent, de façon accélérée, en guerre civile ouverte, et nous avons donc considéré comme absolues dans les faits, la voie et les formes prises par la lutte, sans qu'il existe à la direction du parti une concep tion claire de la question militaire proprement dite ni une conviction suffisante à propos de la nécessité d'une véritable préparation sur ce terrain." (...)
"Les formes de la démocratie bourgeoises nous ont influencés, le parlementarisme et l'évolution démocratique chilienne, sans expérience concrète des niveaux les plus difficiles de la lutte de classe, ainsi que l'évaluation insuffisante de la bourgeoisie, de ses partis et dirigeants politiques qui, en temps de révolution, sont capables d'abjurer tous leurs postulats démocratico-libéraux et de se joindre à la contre-révolution pour défendre le système et ses intérêts. En ce qui concerne les forces armées, nous n'avons pas pleinement compris ce que signifie et comment s'exprime leur caractère de classe."
Après avoir tracé une analyse de sa politique de Rébellion populaire, le Comité central du Parti communiste du Chili trace des lignes pour la discussion au prochain congrès : le rôle de la classe ouvrière, des paysans, de la jeunesse, des femmes, le christianisme progressiste et l'unité de la gauche dans la lutte révolutionnaire. Parmi les questions essentielles de sa politique il consacre un espace important à la politique militaire, en soulignant :
"Au cours de ces 15 années de dictature nous avons fait un rude apprentissage. La vie a exigé de nous des progrès théoriques et pratiques, pour comprendre le rôle de la violence dans la résolution des grands conflits sociaux et pour dépasser ce que nous appelons 'vide historique' dans notre politique (...). Nous avons formé des cadres avec des déterminées dans la scien28ce militaire, ils ont fait preuve de dévouement révolutionnaire, de courage et d'intégrité, de créativité et d'audace. Nous rendons un hommage bien mérité camarades tombés dans cette
"L'expérience nous amène à la conclusion qu'il est indispensable de nous préparer et de disposer de capacités suffisantes pour exercer la violence populaire si la situation l'exige. Cela nous a fait comprendre la nécessité d'avoir une politique générale et pratique de tout le
"Le Parti salue la naissance du Front patriotique Manuel Rodriguez (la guérilla liée au PCC) et pousse à son développement. Des militants du Parti et des Jeunesses communistes se sont intégrés à ses rangs. Le Front patriotique a rempli des tâches qui ont aidé à la déstabilisation de la dictature et à compléter la lutte à multiples facettes du peuple."
Au cours de son analyse des perspectives d'avenir et du rôle qui incombe au PC, dans le processus chilien, le Co-
"Nous avons besoin d'un parti qui soit à l'unisson de notre politique de Rébellion des masses, capable de répondre correctement aux inquiétudes idéologiques et politiques qui vont se présenter, de connaître la réalité et d'utiliser avec habileté tactique, à chaque moment, les formes de lutte qui y correspondent. Si nous considérons, y compris, la possibilité que les forces populaires reviennent au gouvernement à travers des élections, nous devons comprendre la nécessité de pouvoir compter sur une force matérielle pour écarter du chemin toute tentative réactionnaire de renverser les avancées de la démocratie."