CE MOUVEMENT a été le résultat aussi bien de la crise durable que le régime bureaucratique connait depuis trois décennies, que des mesures économiques et sociales adoptées à partir de la fin des années 70. Il a été marqué par des revendications démocratiques et égalitaires, menaçant le fondement même du régime bureaucratique. Il a créé, dès le début, de nouveaux instruments qui, dans les meilleures traditions révolutionnaires, ont assuré l'organisation du mouvement lui-même, l'émergence de jeunes dirigeants et dirigeantes, et le contrôle de ceux-ci par des assemblées de masse. La classe ouvrière s'est associée dès les premiers jours à la mobilisation et a commencé à organiser des noyaux de syndicats, indépendants des vieilles structures sclérosées. Avec les étudiants, elle a joué un rôle actif dans l'épisode le plus significatif et le plus émouvant des journées révolutionnaires : cette fraternisation des masses et des jeunes soldats, qui a empêché pendant dix jours, l'application de la loi martiale.
"Socialisme de marché" et répression sanglante
Dans le cadre de cette crise, la bureaucratie a révélé, plus que jamais, sa faiblesse intrinsèque ; l'étroitesse de sa base sociale ; son isolement de ces masses qu'elle prétend abusivement représenter ; son incapacité à faire fonctionner ses mécanismes de domination et de manipulation, dès que les masses se mobilisent ; ses propres divisions sur la question de savoir comment faire face à une crise de plus en plus profonde et à la remise en question de son pouvoir. C'est dans un tel contexte, qu'après quelques semaines d'hésitations et d'atermoiements, ses dirigeants ont estimé qu'ils n'avaient d'autre choix que de déclencher une répression à grande échelle, en jetant par dessus bord tout souci "libéral" ou "réformiste". Ils ont ainsi fait la preuve que le "socialisme de marché" n'est pas une garantie de démocratie.
Pour écraser un mouvement aussi massif, ils ne pouvaient qu'avoir recours à l'armée, en misant d'abord sur les secteurs de celle-ci qu'ils contrôlaient d'une façon plus stricte. C'est l'armée qui a écrasé le mouvement à Pékin et qui, en collaboration avec la police, les services secrets et toutes sortes de provocateurs et d'indicateurs publiquement mobilisés, procède maintenant à des arrestations massives. L'armée chinoise, née au feu d'une guerre populaire et anti-
CHINE
LES EVENEMENTS d'avril-juin
1989 en Chine, resteront dans l'histoire comme un jalon capital de la lutte des masses contre la domination de la caste bureaucratique. Un mouvement gigantesque d'étudiants, d'ouvriers, d'intellectuels et d'autres couches travailleuses a déferlé à Pékin et dans d'autres grandes villes, en paralysant pratiquement la vie du pays.
DOCUMENT impérialiste, parachève sa dégénérescence historique en devenant protagoniste d'un massacre de ces masses populaires dont — malgré ses contradictions - elle avait été l'expression pendant des décennies.
Les sinistres personnages qui sont apparus à la télévision chinoise après le massacre, et en premier lieu, le vieux super-bureaucrate Deng Xiaoping, ont relancé, pour justifier leur crime, la vieille rengaine stalinienne : il fallait défendre l'Etat "socialiste" contre des contre-révolutionnaires qui voulaient restaurer le capitalisme. On ne saurait imaginer une falsification plus monstrueuse, une contre-vérité plus flagrante ! Fondamentalement, au delà de telle ou telle autre formule ou de tel ou tel autre symbole, le mouvement a revendiqué des droits démocratiques élémentaires contre l'oppression de la caste bureaucratique. Il a revendiqué la suppression des privilèges et de la corruption, des inégalités sociales croissantes.
Réformes marchandes
Get inégalités
Ce ne sont pas des nostalgiques du capitalisme qui luttent avec de tels objectifs et adoptent, pour les atteindre, des formes d'auto-organisation des masses ! Ce ne sont pas des nostalgiques du capitalisme qui unissent leurs voix pour chanter l'Internationale !
Les responsables du drame de la Chine sont les bureaucrates de la caste dominante. Quarante ans après la victoire de la révolution, aucune institution démocratique n'a été mise en place. Le sort du pays dépend des décisions que prennent les dirigeants d'un parti dépourvu de toute démocratie interne.
C'est à cause de ces décisions que l'économie chinoise a connu crise sur crise, et ses contradictions, loin de s'atténuer, se sont davantage approfondies. Ce sont les bureaucrates qui ont expliqué que la solution des problèmes résidait dans l'introduction de l'économie de marché, qui ont fait des concessions sans précédent aux multinationales des pays capitalistes et ont encouragé le développement d'un secteur privé national, aussi bien dans l'industrie et le commerce, que dans l'agriculture. Ce sont eux qui ont porté des coups durs au niveau de vie de la majorité des ouvriers et des paysans, et provoqué la réapparition, pour la première fois depuis 1949, du fléau du chômage massif. Ce sont eux qui ont mené, et mènent, une politique de compromis avec l'impérialisme des Etats-Unis, au détriment des luttes révolutionnaires, en premier lieu en Asie, et dressent l'éloge des bourgeoisies d'Europe occidentale, voire de leurs représentants les plus réactionnaires.
Pour la démocratie socialiste
La Quatrième internationale, qui a toujours dénoncé avec force tous les crimes de la caste au pouvoir, est sans réserve aux côtés des étudiants, des ouvriers, des intellectuels et des paysans chinois. Elle est aux côtés de tous ceux et de toutes celles qui ont donné un exemple éclatant de combativité et d'initiative révolutionnaire, et qui, en s'appuyant sur leur expérience dramatique, contribueront à faire surgir cette direction révolutionnaire dont les événements de Pékin ont démontré encore une fois la nécessité. C'est une condition sine qua non pour que, dans les crises que la société chinoise connaîtra inévitablement dans l'avenir, soit posé concrètement le problème du renversement du pouvoir bureaucratique et de son remplacement par des institutions révolutionnaires démocratiques, visant à garantir l'auto-organisation des masses et une gestion de l'économie démocratiquement planifiée.
Mobllisation unitalre dans le monde entier pour arrêter la répression !
Soutien à la lutte des étudiants, des ouvriers, des Intellectuels
Get des paysans chinols ! A bas la dictature bureaucratique ! Bureau du Secrétarlat uniflé de la Quatrième Internationale 10 Juin 1989