MEXIQUE Fin de la grève de la faim
LES QUATRE MEMBRES de la direction nationale du Parti révolutionnaire des travailleurs (PRT), section mexicaine de la IVe Internationale, ont cessé leur grève de la faim, commencée le 10 mai 1989 (voir Inprecor numéro 288 du 15 mai 1989). Cette décision a été annoncée lors d'un meeting organisé, le lundi 5 juin, devant la cathédrale de Mexico. Le but de cette action, à laquelle s'étaient jointes une quinzaine d'autres personnes à travers le pays, était de faire pression sur le gouvernement mexicain pour exiger la réapparition en vie de José Ramon Garcia Gomez, militant du PRT dans l'Etat de Morelos, enlevé à son domicile, le 16 décembre 1988 (voir Inprecor numéro 279 du 9 janvier 1989), et la libération d'Eladio Torres Flores, le plus ancien prisonnier politique du Mexi-
Après avoir été reçus, le 2 juin, par Fernando Gutiérrez Barrios, du secrétariat à l'Intérieur du gouvernement, nos camarades ont jugé satisfaisants les engagements pris par le gouvernement me-
Alors que les actions menées durant cinq mois, afin de faire pression sur le gouvernement pour la réapparition en vie et la libération immédiate de José Ramon, n'avaient, semble-t-il, rencontré aucun écho auprès de ses instances, le vaste mouvement de solidarité nationale et internationale et l'action de nos camarades viennent d'arracher une première
Le 2 juin, le gouvernement mexicain s'est engagé, à la demande du PRT, à convoquer une nouvelle fois la commission spéciale chargée d'enquêter (voir Inprecor numéro 281 du 6 février 1989) sur les circonstances de la disparition de José Ramon Garcia et de vérifier toutes les hypothèses existantes, sans en négliger aucune (contrairement à ce qui s'était passé lors de la première enquête), ainsi que de découvrir son actuel
lieu de détention. D'autre part, la délégation du PRT a obtenu qu'Eladio Torres soit libéré lors de la troisième phase de l'amnistie des prisonniers "sociaux", annoncée le 1er juin par le gouvernement, même si la forme juridique que prendra sa libération reste à préciser. En effet, Flores et d'autres prisonniers politiques n'avaient pas pu béneficier des premières mesures de grâce présidentielle décrétées par le Président Salinas de Gortari dans un but de propagande politique.
Jugeant que ces deux points concédés par le gouvernement étaient suffisamment satisfaisants, nos camarades ont décidé de mettre fin à leur action engagée depuis 26 jours. Cependant, l'arrêt de la grève de la faim ne signifie pas la fin de la lutte pour la réapparition de José Ramon et de tous les disparus, ainsi que pour la libération de tous les prisonniers politiques. C'est pour cela que les camarades du PRT, après avoir remercié vivement tout ceux qui, au Mexique comme ailleurs, ont apporté leur soutien aux grévistes de la faim, demandent à ce que le vaste mouvement de solidarité internationale qui s'est exprimé à cette occasion reste vigilant jusqu'à la libération complète de José Ramon et de Eladio Torres.