EN
BREF...
FRANCE Mobilisation contre le sommet des 7 pays industrialisés
DEPUIS LE DEBUT DE L'ANNEE, la France vit à l'heure de la célébration du bicentenaire de la révolution française de 1789. Le gouvernement français a choisi le 14 juillet, anniversaire de la prise de la Bastille, pour inviter les chefs d'Etats des 7 pays les plus riches du monde à tenir leur sommet annuel à
Cela ne pouvait rester sans réaction. Il y a déjà plusieurs mois, la Ligue communiste révolutionnaire (LCR), section française de la IVe Internationale, a pris l'initiative de proposer une action unitaire contre ce sommet. Depuis, l'appel unitaire de la LCR s'est élargie de manière significative à de nombreuses forces politiques et personnalités françaises et internationales.
A l'automne 1988, l'assemblée du Fonds monétaire international (FMI) à Berlin avait déjà suscité de nombreuses manifestations. Cette fois encore, les maîtres de l'économie mondiale ne pourront pas siéger en paix. 300 personnalités de 26 pays ont répondu à l'appel de Gilles Perraut, écrivain et militant antiimpérialiste renommé, en rendant public un texte qui affirme, entre autre : "Le Tiers Etat, aujourd'hui, c'est le Tiersmonde. Pour garder au 14 juillet 1989 son sens, sa dignité et son efficacité, nous appelons au rassemblement des représentants des peuples exsangues. (...) Face à l'opinion, eux aussi feront leurs comptes et chercheront ensemble les voies et les moyens de démanteler la Bastille de l'impérialisme économique. Nous en appelons aussi aux forces progressistes en France et en Europe. Nous manifesteront dans les rues de Paris, à la Bastille, le 8 juillet 1989. Nous donnerons la parole aux représentants de ceux qui luttent pour le droit des peuples à disposer d'eux mêmes : contre la dette, les dernières colonies, l'apartheid en Afrique australe." On retrouve parmi les signataires les responsables de la LCR et de la IVe Internationale ; de la Nouvelle Gauche ; du Parti socialiste unifié (PSU); des Rénovateurs Communistes ; des différents comités de solidarité anti-impérialiste ; des organisations et personnalités des dernières colonies françaises Union populaire de libération de la Guadeloupe (UPLG), Groupe révolution socialiste (GRS), Wassissi lopwé du FLNKS-France, E.Delépine, Luc Reinette prisonnier politique guadéloupéen récemment amnistié, etc.) ; des organisations antiracistes (Harlem Désir, président de SOS Racisme, et les secrétaires du Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples (MRAP) et de la Fédération des associations de soutien aux travailleurs immigrés (FASTI), Felix Damette du courant des "reconstructeurs communistes" dans le Parti communiste français) ; quelques élus socialistes ; les milieux chrétiens militants (Témoignage chrétien, Terre des hommes, Monseigneur Gaillot). Au niveau international, l'appel est repris par de nombreuses personnalités et courants politiques, de l'opposition algérienne en exil, à Boris Kagarlitski du front populaire de Moscou ; de militants des territoires occupés par Israël et de l'opposition israélienne, avec Michel Warshawski, aux responsables du Parti socialiste polonais-Révolution démocratique (PPS-RD) ; de Tonny Benn, dirigeant de l'aile gauche du Labour Party britannique et d'autres députés travaillistes, à Landing Savanné, ex-candidat à l'élection présidentielle au Sénégal ; de Bernadette Devlin, d'irlande du Nord, à des députés du Parti des travailleurs (PT) brésilien ; de Herri Batasuna, Pays Basque, à Rosario Ibarra du Mexique et Hugo Blanco du Pérou ; des "Grünen" (Verts) allemands, aux signataires de la Charte 77 en Tchécoslovaquie ; de responsables de Democrazia Proletaria, en Italie, à Othelo de Carvalho du Portugal, etc. D'autres vont encore les re-
Il s'agira d'un rassemblement exceptionnel, d'autant plus que les célèbres chanteurs Renaud et Johnny Clegg, ainsi que deux autres groupes connus participent pleinement à l'initiative, et concluront la manifestation par un concert gratuit qui rassemblera des dizaines de milliers de jeunes à la place de la Bastille. Le dimanche 9 juillet, un colloque rassemblera les principaux signataires de cet appel, et sera axé sur le problème des dernières colonies, à la veille de leur intégration dans "l'Europe" ; sur l'exigence du boycott de l'apartheid ; et sur l'annulation de la dette des pays dominés. Le Président français, François Mitterand, a récemment pris l'initiative d'annuler la dette envers l'Etat français des 35 pays les plus pauvres. Mais cela n'affaiblit pas la détermination de ceux qui veulent exiger l'annulation de toute la dette face au sommet des 7 plus riches. Le "cadeau" de Mitterand ne représente, en effet, que 2,5 milliards dollars sur un total de 80 milliards dus à la France, et les 1 320 milliards dollars dus aux pays industrialisés dans leur ensemble. Les émeutes d'Argentine, après celles du Venezuela, sont là pour rappeler la profondeur de la crise engendrée par le système impérialiste. Le rassemblement du 8 juillet sera donc une occasion de dénoncer ce scandale de la dette grâce à une mobilisation internationale.