APRÈS les Partis communistes hongrois et polonais, un porte-parole officieux de l'équipe Gorbatchev vient à son tour de condamner l'intervention militaire des armées du Pacte de Varsovie en août 1968 en Tchécoslovaquie. Eugène Ambartsoumov, conseiller de Gorbatchev pour les relations avec les pays socialistes et chef de département à l'Institut du système socialiste mondial, à Moscou, a accordé une interview au quotidien italien La Repubblica (13-14 août 1989) dans laquelle il affirme catégoriquement : "Ce fut une erreur pratique et une violation du principe de la souveraineté nationale de la Tchécoslovaquie". Dans la même interview, Ambartsoumov révèle qu'un membre du Bureau politique du Parti communiste d'Union soviétique (PCUS), Voronov, avait voté contre l'intervention militaire. Il fut démis de sa fonction.
Ambartsoumov avait déjà pris une position très nette en dénonçant l'intervention militaire du pacte de Varsovie contre les conseils ouvriers et le gouvernement d'Imre Nagy, dans la Hongrie de 1956. Dans un article publié par Les Nouvelles de Moscou (numéro 26 du 23 juin 1989), il qualifie cette intervention de "politique cruelle et despotique", découlant d'un "stalinisme originel" que Krouchtchev ne fut jamais capable de surmonter. De plus, il compare la contre-révolution en Hongrie à la répression du mouvement démocratique chinois, en tirant la conclusion Ziyang, récemment encore secrétaire général du Parti communiste de Chine et qui sympathisait avec les étudiants, ne connaîtra probablement pas le sort d'Imre Nagy, mais l'ombre sinistre de l'automne 1956 plane sur la Chine contemporaine".