Inprecor 1974–2004

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NICARAGUA

100 000 francs pour le FSLN

Inprecor n° 295, 16 octobre 1989 · p. 26 · 537 mots

Nicaragua France

NICARAGUA 100 000 francs pour le FSLN

LA LIGUE communiste révolutionnaire (LCR, section française de la IVe Internationale) a décidé d'organiser une campagne pour récolter 100 000 francs qui seront remis au Front sandiniste de libération nationale (FSLN), pour l'aider à financer sa campagne électorale.

En effet, le 25 février prochain, se dérouleront au Nicaragua les élections présidentielle, législatives, et municipales, ainsi que l'élection des représentants du gouvernement autonome de la Côte atlantique (zone où vivent les indiens Miskitos, Sumos et Ramas, de même que des populations créoles). Huit partis ont présenté des listes pour l'élection prési-

Le principal adversaire du FSLN sera, bien sûr, l'Union nationale de l'opposition (UNO), ramassis hétéroclite des forces les plus conservatrices qui ont réussi, après de longues tractations et marchandages, à se mettre d'accord sur la candidature de Violeta Chamorro qui avait été membre du premier gouvernement issu de la révolution, en 1979, sous l'hégémonie du FSLN, mais avec la participation de ministres bourgeois. Directrice du quotidien d'opposition La Prensa et veuve du bourgeois "démocrate" Pedro Chamorro (grand patron de presse assassiné sur l'ordre du dictateur Somoza), elle joue à être la Cory Aquino ou la Benazir Bhutto du Nicaragua et se pose en martyre des "dictateurs sandinistes". D'ailleurs, le peuple nicaraguayen lit si bien dans son jeu, qu'on a récemment vu fleurir, sur les murs de Managua, l'ironique slogan : "¡Violeta Aqui no / " (Violeta, ici non !).

Aujourd'hui, la direction est confrontée à une crise économique dramatique : on ne résiste pas impunément pendant sept ans à l'agression yankee.. Le Nicaragua sandiniste a vaincu sans conteste la Contra mercenaire financée par Reagan, mais le pays est exangue. L'aide internationale (tant de l'Europe de l'Ouest que des pays dits "socialistes") est plus qu'insuffisante pour les nécessités de l'heure.

Or, l'organisation des deuxièmes élections démocratiques dans l'histoire de ce pays (les premières, en novembre 1984, confirmèrent la prééminence du FSLN qui obtint les deux tiers des voix) va coûter extrêmement cher. Alors que l'UNO reçoit ouvertement des millions de dollars des Etats-Unis (qui, après avoir misé sur un renversement des sandinistes par la force, joue aujourd'hui la carte de la "légalité démocratique") et va bientôt entamer une tournée en Europe, afin de convaincre ses gouvernements de l'aider encore plus à "rétablir la démocratie" au Nicaragua.

Le FSLN lui, dispose certes de l'énorme potentiel de mobilisation de ses militants et des membres des organisations de masse, mais l'argent fait défaut. Pourtant, l'argent est également le nerf de cette nouvelle "guerre" contre la réaction, qui promet monts et merveilles à une population légitimement lasse de la crise économique.

Le FSLN a besoin de l'appui de toutes les forces anti-impérialistes et révolutionnaires de par le monde. C'est pour cela que, lors de son passage à Paris en juin dernier, le commandant Omar Cabezas, dirigeant sandiniste, officiellement demandé à la LCR une aide dans son combat contre l'UNO.

La LCR a décidé de répondre positivement à cette demande et s'est engagée à envoyer 100 000 francs au FSLN pour financer sa campagne électorale Elle appelle ses militants et sympathisants à contribuer au succès de cette campagne. Les chèques doivent être envoyés à : LCR (mention pour Stephane), 2 rue Richard Lenoir, 93 100 Montreuil.

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