Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

LES NOTRES

Encarna Albarran

Inprecor n° 295, 16 octobre 1989 · p. 26-27 · 701 mots

France

LES NOTRES Encarna Albarran

LE 25 AOUT dernier, notre camarade Encarna Albarran, militante de la Ligue communiste révolutionnaire (LCR, section de la /Ve Internationale dans l'Etat espagnol), maquettiste de Combate (journal de la LCR) et d'inprecor en castillan, est décédée à l'âge de 27 ans, emportée par une leucémie foudroyante.

Dans le numéro de rentrée de Combate, nos camarades de la LCR lui ont consacré une page pleine d'émotion. Nous en publions quelques extraits.

"Elle était forte et tendre comme la mer et la plage. Chez elle, la joie était aussi innée que la respiration. Elle aimait qu'on l'aime et elle aimait aimer, aimer tout ce qui passait à sa portée, son compagnon José, bien sûr, mais aussi ses collègues et son ordinateur. Et son jour-

Toute cette force, cette tendresse, cette joie, ces envies d'aimer ont coulé comme de l'eau fraîche sur Combate, du jour où elle a commencé le maquetter, et durant ces quatre années inoubliables.

Nous l'avons découverte comme, si souvent, les hommes apprécient la valeur des femmes : appelant "découverte", ce qui n'est rien de plus qu'une manifestation d'ignorance et d'incapacité à établir une relation d'égalité vraiment humaine avec elles. Elle travaillait ici, juste à côté de la rédaction, faisant les envois de Combate. Une fille sympathique que nous saluions depuis notre olympe de dirigeants et à qui nous faisions une blague de temps en temps.

En feuilletant, aujourd'hui, les pages des Combate de ces quatre ans, il est impressionant de voir comment elle a appris, comment elle s'est améliorée de 1 jour en jour. Non d'une manière très

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jour en jour. Non d'une manière très spectaculaire, mais plutôt avec une esL'impression principale qui vous domine, après avoir feuilleté tant de pages, est un sourire, et ce, malgré toute la dou-

Il nous sera très difficile de nous habituer à vivre sans elle. Elle va nous manquer bien davantage dans notre vie que dans notre travail. Nous ressentirons l'absence de quelque chose d'indéfinissable qui irradiait, quelque chose qui nous traversait quand elle était auprès de nous et qui faisait que nous nous sentions bien. A cause de cela peut être, je crois qu'après sa mort, est apparu entre les gens qui la connaissait, non seulesentiment de solidarité, mais une espèce d'amitié supplémentaire. Cela doit être un cadeau qu'elle nous a laissé, elle qui prenait tant de plaisir à faire et à recevoir des cadeaux.

Je suis convaincu que le souvenir d'Encarna restera chez ceux qui ont eu la chance de la connaître. Parce que quand la douleur se sera éloignée, quand sa chaise vide ne nous donnera plus un choc, quand nous n'aurons plus un frisson en voyant dans la rue une fille qui lui ressemble vaguement, ou en découvant dans un tiroir l'un de ces croquis, etc. Quand ce jour arrivera, nous rechercherons souvent le souvenir d'Encarna. En espérant qu'avec lui nous revienne un souffle de toute cette vie, de toute cette joie qui nous ont été otées en

Miguel Romero (BP de la LCR)

"Nous nous rappelons ce jour, il y a neuf ans, où elle était assise à côté de Flora, derrière un stand de solidarité avec l'Amérique latine à la fête du PCE, avec ce sourire qui illuminait tout, et avec cette force et cette conviction dans les yeux qui nous annonçaient que, peu de mois plus tard, elle viendrait partager ses idées avec les nôtres dans les JCR et dans la Ligue. (...)

Et nous nous rappelons, durant des des heures interminables, que son sourire et sa conviction révolutionnaire ont été, pendant ces neuf années, présents dans toutes les mobilisations et mouvements de Madrid et de Carabanchel [ville proche de Madrid où habitait Encarna, ndlr].

Mille fois, son grand manteau rouge a fait son apparition dans les réunions du Comité anti-OTAN, dans les manifestations féministes, pacifistes, étudiantes, ouvrières, internationalistes, fois, avec ces sachets de fruits secs dont elle inondait les réunions de notre cellule.... Ce manteau, ce regard plein de vie et ce boulot révolutionnaire quotidien ont été présents à tout moment, que cela soit lors de la grève générale du 14 décembre ou lors de la constitution du collectif "Sans casernes"...

Hasta la victoria, Encarna. Toujours, nous nous rappelerons de toi."

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