NOUS PUBLIONS ci-dessous, des extraits de la résolution adoptée par la Jeunesse communiste (KNE), après la décision du Parti communiste grec (KKE) de liquider la direction de la KNE. DOCUMENT A UJOURD'HUI apparaissent plusieurs problèmes concernant le développement de l'impact, au sein de larges masses de la jeunesse, des valeurs de la classe ouvrière, exprimées par le KNE. Cette situation se reflète de façon intense dans l'activité de la KNE, mais aussi dans son propre fonctionnement et dans les problématiques qui existent parmi ses membres et ses cadres. Nous croyons que nous devons regarder en face les causes de ces problèmes, qui posent, de façon aiguë, des questions non seulement sur l'efficacité de l'activité de la KNE, mais plus généralement sur le rapport entre la gauche et la jeunesse actuelle, sur la possibilité de la première d'inspirer ses idéaux.
Opinions différentes
Et surtout, ces questions sont en rapport avec les changements que connaissent le monde capitaliste et notre pays, et qui modifient internationalement la position de la jeunesse dans la société, en changeant les termes dans lesquels la jeunesse abordera le mouvement de masse, la politique et la gauche. Elles sont aussi en rapport avec les évolutions dans les pays du socialisme existant, avec l'image que se forme la jeune génération actuelle sur les lendemains que veulent les communistes. (...)
Certes, il existe des divergences et des désaccords de la part des cadres de la KNE — et pas seulement au sein de la KNE — sur l'orientation du Rassemblement de la gauche, et ils ont toujours été exprimés dans le cadre des procédures au sein du parti. Mais ceux-ci n'ont pas empêché la KNE de travailler dans le cadre du Rassemblement de la gauche, y compris pendant les dernières élections. Si cela a été rendu public, la responsabilité n'en incombe pas au Conseil central de la KNE.
Mais ce qui est plus important ici c'est que, malgré les efforts télécommandés d'une partie de la presse pour rapporter ces divergences à des "ankyloses dogmatiques", et à "une incapacité
ПРЕВОКА,
celles-ci ont un point de départ différent : de suivre les évolutions actuelles", l'inquiétude de la part des cadres et des membres de la KNE sur le fait de savoir comment répondra la gauche aux besoins actuels, aux questions, et aux problématiques de la jeune génération. Comment pourra-t-elle se lier avec le radicalisme et la contestation de larges masses de la jeunesse, en partant de l'inspiration des principes fondamentaux de la politique et de la tactique du KKE
L'existence de ces opinions différentes ne signifie pas la création d'un "groupe" quelconque de majorité ou de minorité. Elles reflètent la diversité de la réalité elle-même, et il leur est objectivement impossible de ne pas exister. D'ailleurs, l'exigence qu'il y ait une seule opinion est contraire au principe élémentaire du fonctionnement du KKE, au centralisme démocratique qui existe précisément pour que des opinions différentes se composent en une action unie
(...) En se basant sur ce qui précède, le Conseil central de la KNE croit que les membres de la Jeunesse communiste doivent et peuvent "prendre en leurs mains propres" la marche de l'organisation. Ceci est la seule solution qui puisse assurer l'unité de la KNE par des procédures démocratiques.
Ainsi, le Conseil central décide-t-il d'organiser un congrès extraordinaire de la KNE, au cours duquel il va rendre compte de sa propre activité. Le Conseil central élu est le seul organe qui peut, d'après les statuts, ouvrir une telle est cédure. Toute autre méthode qu'arbitraire politique et organisationnel, et viole l'essence des principes statutaires de fonctionnement. De telles méthodes, si elles étaient déjà condamnables et nuisibles pour le mouvement communiste dans le passé, comme l'expérience le prouve, aujourd'hui, feraient davantage encore apparaître la gauche comme incapable de saisir le moindre message des temps actuels, comme isolée du vent de la recherche et de la discussion créative que provoque la perestroika dans tout le mouvement communiste.
Athènes, 21 septembre 1989