EN
BREF...
ALGERIE Le PST demande sa légalisation
LE PARTI socialiste des travailleurs (PST), ex-Groupe communiste révolu tionnaire (GCR, organisation sympathisante de la IVe Internationale), a accompli, le 29 octobre dernier, les démarches pour sa légalisation, dans le cadre de la nouvelle loi sur le multipartisme, adoptée par l'Assemblée nationale algérienne.
Cette loi, un des acquis du soulèvement populaire d'octobre 1988 (voir Inprecor numéro 278 du 13 décembre 1988), n'en est pas moins entachée de restrictions réactionnaires, comme celle qui interdit l'affiliation à une organisation internationale. Par ailleurs, elle laisse une grande marge à l'arbitraire du pouvoir, dont le feu vert est indispensable pour la légalisation.
Le PST est, jusqu'ici, la seule organisation se réclamant du marxisme à avoir déposé une demande de légalisation, hormis le Parti de l'Avant-Garde socialiste (PAGS), parti stalinien s'identifiant à l'aile "gauche" du pouvoir algérien.
Nous reproduisons ci-dessous l'essentiel de l'article consacré au PST, publié dans El-Moudjahid (30 octobre 1989), organe du parti gouvernemental, le Front de libération nationale (FLN).
« Le PST a été créé à la suite des événements d'octobre 1988, après avoir milité dans la clandestinité depuis 1974, sous la dénomination de GCR. (...)
« Le PST est un parti communiste d'extrême-gauche qui prône l'instauration d'un socialisme sans classes so-
CERTES, ON
EST EN DEMO
CRATIE MAiS
VAUT MIEUX
PAS PRENDRE
TROP DE
RiSQUES!
ciales, une économie indépendante de l'hégémonie de l'impérialisme liste. Il propose le non-paiement de la dette extérieure ; l'industrialisation du pays et la consolidation du secteur public ; la démocratisation de l'enseignement ; la réhabilitation de la langue Amazigh [la langue berbère, ndlr]... Enfin, tout un programme que ne pourra réaliser "aucun courant bourgeois", selon le porte parole M. Salhi Chawki. (...)
« Le PST, par ailleurs, n'est pas une section de la IVe Internationale (il n'en était qu'un sympathisant, étant GCR), car la loi ne le permet pas, et le PST est contre cette disposition "anti-démocratique". Le porte parole a stigmatisé la crise que connaît le pays dans les domaines économique, culturel et éducationnel et n'a pas manqué, bien entendu, de prendre à partie le capitalisme bourgeois et le libéralisme anarchique privilégiant une catégorie de privés parasitaires. Le PST est également pour la laïcité, "car la religion est une affaire privée". La séparation de l'Etat et de la religion doit se faire dans l'intérêt, en premier lieu, de la religion. Quant au secteur privé, "nous ne voulons pas l'assassiner", dira M. Salhi, "mais nous projetons, à long terme, de collectiviser les moyens de production".
« Avec le PST, c'est un second parti communiste qui demande à entrer dans la légalité aux côtés du PAGS avec lequel il connaît des divergences fondamentales. "Nous sommes des communistes révolutionnaires qui ont milité durant la lutte armée pour l'indépendance du pays, pour laquelle certains communistes ne se sont certainement prononcés. Rappelez-vous l'histoire", dira M. Salhi.
« Le PST envisage de créer un heb-
A BAS LE FLN
VIVE LE FLN
domadaire, El-Khatoua, entreprise difficile à concrétiser financièrement, car il n'y a pas de commerçants au sein du
PST. "Un problème d'affinité sans doute personnelle", dira le porte parole. »