24 000 OUVRIERS du complexe sidérurgique de Hélouan, dans la banlieue sud du Caire, réclamaient depuis plusieurs mois le relèvement des primes de rendement et de l'indemnité repas, ainsi qu'une attribution démocratique des avantages en nature
Ils exigeaient la réintégration au comité d'entreprise de deux délégués ouvriers (Mohamed Moustafa et Abderrahim Haridi)
qui en avaient été exclus pour avoir défendu les revendications
EGYPTE
Résistance ouvrière
à Hélouan
(logement, soins, transports). de leurs camarades. Samia HUSSEIN
APRES UNE première 'grève active" avec occupation de l'usine, dans la nuit du 23 au 24 juillet 1989, la direction de l'entreprise publique avait accepté d'ouvrir des négociations avec les délégués syndicaux. Ils parvinrent à un accord comportant un certain relèvement des primes et le service d'un repas. Sur la question des avantages en nature et de la révision des qualifications et des barèmes d'embauche, la direction se contenta de promesses. Elle ne donna aucune réponse concernant la réintégration des deux délégués exclus du Conseil d'administration et la libération des ouvriers emprisonnés par suite de la grève du 24 juillet.
Reprise de la grève
Le 1er août 1989, les travailleurs de l'équipe du matin décidaient, en assemblée générale, la reprise de la grève active avec occupation et ils exigaient la réouverture des négociations, directement avec le ministre de l'Industrie (qui est le chef de la hiérarchie administrative pour les entreprises publiques). Ils ajoutèrent à leurs revendications antérieures :
— la dissolution du syndicat, jugé trop inféodé à la direction, et l'organisation de nouvelles élections syndicales ;
- le remplacement du PDG et de son adjoint ;
- la libération d'ouvriers arrêtés pour avoir diffusé un tract.
Un simulacre de négociations s'engagea, au téléphone, entre le ministre du Travail, le président du Syndicat des industries métallurgiques et les responsables de la "sécurité" de l'usine d'un côté, les grévistes, de l'autre. Faute de propositions satisfaisantes concernant leurs revendications, encerclés par les forces de police qui empêchaient les ouvriers de la 2e et de la 3e équipe de les rejoindre, les grévistes décidèrent de poursuivre l'occupation.
Ils ne voulaient pas renouveler l'expérience de la grève du 24 juillet, où ils avaient arrêté le mouvement sur des promesses, en laissant le soin à d'autres de négocier à leur place. Ils déclarèrent qu'ils resteraient en "grève active" jusqu'à l'arrivée du ministre de l'Industrie, avec lequel ils voulaient négocier et signer un accord sur place. Face à leur détermination, le gouvernement chargeait alors le ministre de l'Intérieur de préparer l'assaut de l'usine.
A deux heures du matin, 5 à 6 000 policiers des forces spéciales d'intervention, armés de matraques électriques et de fusils mitrailleurs, forçaient les portes et innondaient l'usine de gaz lacrymogènes, matraquant les ouvriers et tirant sur
Un ouvrier, Abdel Hay Mohamed, décéda des suites de coups de pieds dans les organes génitaux, et de balles dans le cœur et les poumons, comme le révèlera l'autopsie. 750 autres seront arrêtés et violemment battus, et quinze d'entre eux seront transportés à l'hôpital des blessures par balles aux membres, au ventre ou à la tête. Ils seront par la suite "récupérés", par les Renseignements généraux (RG) pour subir des interrogatoires, puis laissés sans soins dans les pires conditions de détention. Aux trois cents grévistes blessés en fuite, qui avaient demandé un congé maladie pour se soigner loin des hôpitaux et des RG, la direction donnera le choix entre le licenciement et le retour à l'usine... pour y être livrés à la police.
Les dirigeants de la lutte, dont l'un des deux délégués exclus, qui s'étaient livrés au Parquet pour ne pas être licenciés, seront sauvagement torturés par les RG (gégène, brûlures de cigarettes, coups), pendant plusieurs jours, afin de leur faire avouer leurs liens avec des organisations communistes clandestines. Une soixantaine de personnes soupçonnées d'appartenir au Parti communiste des ouvriers (PCO-marxiste-léniniste), accusé d'avoir incité les ouvriers à la grève, seront arrêtées, ainsi que deux dirigeants de l'Organisation égyptienne des Droits de l'homme, un avocat et un journaliste. Certains détenus entameront une grève de la faim.
La bourgeoisie refuse tout compromis
La résistance s'organisera dans l'usine, où 2 000 ouvriers travaillant dans le secteur où fut assassiné leur camarade, refusèrent de toucher leur paye du mois d'août, avant que leurs camarades ne soient libérés. Ce n'est que sous la menace du licenciement que certains acceptèrent de percevoir leurs salaires. La Commission des libertés de l'Ordre des avocats délègua plusieurs avocats pour défendre les ouvriers incarcérés. Des comités de soutien se constituèrent, publics (intellectuels et artistes) ou clan-
Mais le ministère de l'Intérieur refusera de donner la liste des 600 à 700 grévistes aux mains des Renseignements généraux, dispersés entre les différentes prisons du Caire. Seulement 120 d'entre eux ont fait l'objet d'une procédure judiciaire légale. Mélangés avec des détenus de droit commun, blessés au cours de l'assaut ou des interrogatoires et laissés sans soins, ne pouvant recevoir la visite de leurs familles, les ouvriers incarcérés sont dans des conditions d'isolement particulièrement pénibles.
Dans la lutte des métallos de Hélouan, comme dans celles qui l'ont précédée dans le textile, les industries mécaniques et les chemins de fer, la violence de la répression montre que la bourgeoisie égyptienne n'est prête à aucun compromis et qu'elle ne peut accepter aucune forme d'organisation autonome, même réformiste et corporatiste,
De fait, les divergences qui pouvaient exister au sein de l'appareil d'Etat sur les modalités et le rythme de la libéralisation économique, sont amenées à disparaître avec l'aggravation de la crise économique et la réduction de la marge de manœuvre du régime
S'étant fixé la tâche de devenir un des principaux garants de l'ordre impérialiste et de ses intérêts au Proche-Orient et en Afrique, et s'étant endetté pour plus de 48 milliards de dollars auprès des puissances impérialistes (surtout les Etats-Unis et la France), l'Etat de la bourgeoisie égyptienne n'a pas d'autre choix que d'accentuer l'exploitation de la classe ouvrière. Il doit, en effet, à la fois rembourser les intérêts de ses emprunts (ou au moins une partie d'entre eux), et maintenir ses bénéfices et ceux des capitaux étrangers investis dans le pays. Ces derniers sont d'ailleurs relativement peu importants, le capital étran-
ger ayant préféré opter pour une stratégie d'endettement de l'Etat et des entreprises locales, publiques et privées, plutôt que pour l'investissement direct.
Ce sont les entreprises publiques qui assurent la quasi-totalité des exportations égyptiennes de produits industriels. Il s'agit essentiellement de produits semi-finis (textiles, aluminium, ciment et engrais) qui seuls peuvent être exportés, d'une part parce que les grandes firmes et les Etats capitalistes ont décidé de "délocaliser", au moins partiellement, ces productions vers le Tiers-monde, pour en faire baisser les cours mondiaux, et d'autre part, parce que l'état actuel de l'appareil productif égyptien ne permet pas de concurrencer les firmes des autres pays capitalistes sur des produits plus élaborés.
De généreux "bakchichs"
De ce fait, les grandes entreprises publiques, qui sont les seules à pouvoir fournir les surplus nécessaires au paiement du service de la dette, ont prioritairement bénéficié des crédits internationaux pour la modernisation de leurs équipements. Leurs achats de matériel ont constitué un débouché important pour les firmes impérialistes, surtout avec l'aggravation de la crise dans les pays capitalistes développés après 1974. Les contrats colossaux passés avec les firmes étrangères ont permis aux bureaucrates à la direction de l'Etat et des entreprises publiques de se servir au passage de généreux "bakchichs" passés eux aussi sur le compte de la "dette".
Plusieurs facteurs ont contribué à mettre l'Etat égyptien dans l'incapacité de rembourser ses dettes :
— Le premier d'entre eux tient certainement au fait que la majorité des crédits a servi à financer des achats de matériel militaire et des investissements dans l'infrastructure (métro, ports, chemins de fer, télécommunications, égoûts, etc.), or, ces dépenses ne peuvent donner lieu directement à une production de marchandises exportables, qui procureraient des devises à l'Egypte.
- Le second réside dans le mode d'attribution des crédits et leur utilisation: des gaspillages considérables, dus à la vénalité des bureaucrates gestionnaires des entreprises publiques, à leur incompétence ou à la désorganisation systématique de la cohérence économique de l'appareil d'Etat depuis 1974, ont considérablement réduit l'efficacité des matériels et machines achetés avec ces emprunts, et compromis les possibilités de leur remboursement. De plus, ces investissements, qui ont eu souvent pour conséquence d'accroître les capacités de production pour certains produits (textiles, barres d'aluminium, engrais), ont été réalisés sans tenir compte des capacités réelles d'absorption du marché mondial.
Dans le même temps, les crédits étaient conditionnés par l'arrêt des exportations vers les pays socialistes et les autres pays du Tiers-monde dans le cas d'accords de troc (sans devises). Les entreprises égyptiennes se sont donc retrouvées avec d'énormes stocks d'invendus, d'une part à cause des restrictions mises par les grands pays capitalistes aux importations en provenance du Tiers-monde, et d'autre part, parce que les organismes internationaux qui gèrent la dette des pays du Tiers-monde (Fonds monétaire international, Banque Mondiale) ont développé les mêmes productions (matières premières, produits semi-finis textiles et métallurgiques) dans tous les pays.
Un Etat endetté
Les facteurs explicatifs "exogènes" de l'incapacité de l'Egypte à rembourser ses emprunts, réunissent autour d'eux un "consensus" qui va des économistes libéraux aux réformistes, parce qu'ils mettent en cause "l'extérieur" sans impliquer les forces politiques et les rapports de classes à "l'intérieur". Il s'agit essentiellement de la baisse des prix mondiaux du pétrole (depuis 1984-85) d'une part, de la hausse des taux d'intérêt sur les crédits et la réduction des durées de remboursement (dès 1980), d'autre part.
La première a gravement réduit les ressources de l'Etat; les remises des émigrés ont diminué avec le ralentissement de l'activité économique dans les principaux pays pétroliers arabes. La seconde a considérablement accru le poids de la dette sur l'économie égyptienne : depuis 1981, les remboursements (intérêts et sommes arrivées à échéance) sont supérieurs aux nouveaux crédits, et le solde négatif pour l'Egypte n'a cessé de s'accroître.
Avec un appareil productif sans réelle cohérence interne, une économie désarticulée, orientée vers la satisfac-
| tion des besoins des grandes firmes des pays impérialistes, la bourgeoisie égyptienne n'a pas d'alternative possible à la politique d'ouverture suivie actuellement.
Les réformistes du Rassemblement unioniste progressiste (RUP) et du Parti communiste égyptien (PCE) se trompent et trompent les travailleurs en affirmant qu'il serait possible de développer une autre politique économique, avec d'autres alliés (les pays dits "socialistes" et les autres pays du Tiers-monde) sur la base d'une accumulation dirigée vers la satisfaction des besoins prioritaires de la population, en maintenant la même structure sociale, les mêmes rapports de production, le même appareil d'Etat. De fait, les réformistes n'ont rien d'autre à proposer que la réédition de l'expérience nassérienne, de celle du Parti Baas en Syrie et en Irak ou du "socialisme algérien" (1), malgré leur échec commun, alors que la situation internationale leur était beaucoup plus favorable qu'elle ne pourrait l'être aujourd'hui.
Restructurations
Get austérité Conscients du caractère irréaliste de leurs propositions, incapables de prôner la révolution socialiste, les réformistes réclament un simple "aménagement" des programmes de restructuration et d'austérité imposés à la classe ouvrière. Ils demandent à cette dernière de modérer ses revendications et voudraient bien que l'Etat bourgeois leur accorde une petite place pour mettre en œuvre leur politique de compromis. Pourtant, ce dernier n'est prêt à aucune concession, comme le montre la répression violente dont les membres du PCE figurent parmi les premières victimes.
L'aggravation de la crise économique rend de plus en plus nécessaires des "restructurations" de grande ampleur, qui se traduisent par l'accentuation de l'exploitation et la remise en cause des acquis des travailleurs. La dégradation rapide des conditions de vie et du pouvoir d'achat de la classe ouvrière, conduit à la radicalisation des luttes et au renforcement de la répression. Cette situation ne peut déboucher, à terme, que sur un affrontement généralisé entre la classe ouvrière et l'appareil d'Etat bourgeois. L'issue de ce dernier dépendra du degré d'organisation de la classe ouvrière, de l'expérience acquise dans les luttes, et des armes qu'elle aura su se forger contre l'appareil répressif de l'Etat.
Les dernières luttes ont révélé que la mobilisation et la solidarité ouvrières étaient très fortes. Entre la première
1) Au cours des années 60, le président égyptien Gamal Abdel Nasser, chef de file du mouvement nationaliste arabe, instaura un "modèle socialiste" fondé sur l'étatisation de l'industrie et la réforme agraire, qui sera imité en Syrie, en Irak et en Algérie. A partir de la décennie suivante, la faillite de ce "socialisme" étatique bourgeois sera telle qu'il cèdera progressivement la place à "'infitah" (l'ouverture), synonyme de (re)privatisation et de libéralisation.
grève dans les textiles, où les travailleurs avaient attendu deux ans une décision de justice avant de se mobiliser, et celle de Hélouan, où les ouvriers ont organisé l'occupation de l'usine face à la police, et dénoncé la commission syndicale quand celle-ci a bradé les revendications, d'importants progrès ont été réalisés. Le refus catégorique du pouvoir de négocier et la violence de la répression ont fait tomber certaines illusions des travailleurs sur la possibilité d'éviter l'affrontement violent avec l'Etat.
Stratégie "capitularde"
Néanmoins, le degré d'organisation du mouvement ouvrier reste très faible : privé d'organisations syndicales autonomes depuis 1952, méfiant vis-à-vis des organisations politiques à cause des méthodes peu démocratiques du PCE et de sa stratégie "capitularde" dans les luttes passées, soumis à la pression de Renseignements généraux rompus à la pratique d"infiltration" des organisations clandestines, mouvement ouvrier n'est pas suffisamment structuré pour pouvoir imposer à l'Etat, à court terme, un rapport de forces en sa faveur.
Le pouvoir, au contraire, s'est préparé de longue date à l'affrontement : une grande partie de l'équipement militaire acheté en France, en RFA ou aux EtatsUnis, est destiné aux combats de rue et à la répression des grèves et des manifestations. Les trois jours de couvre-feu et la démonstration de force de l'armée, lors de la révolte des soldats (conscrits) de la police en 1986, a montré que l'armée était prête à garantir "efficacement" l'ordre bourgeois. Rodée aux combats "anti-terroristes" dans sa chasse sées, la police a montré, dans la répression de la grève de Hélouan, qu'elle était prête aussi aux combats "anti-grévistes".
Mais même bien équipées et bien entrainées, l'armée et la police ne pourront pas s'opposer indéfiniment à la mobilisation de près de 10 millions d'ouvriers, largement soutenus par les autres catégories de travailleurs (fonctionnaires, étudiants, artisans, petits paysans). C'est donc une lutte de longue haleine dans laquelle s'engage la classe ouvrière, cours de laquelle elle devra reconstruire ses organisations et dans laquelle les révolutionnaires, malgré la faiblesse leurs forces actuelles, ont un rôle important à jouer.
Pour les travailleurs égyptiens, les grands pays capitalistes sont d'abord les colonisateurs et les agresseurs d'hier et les créanciers d'aujourd'hui. Ils n'ont pas oublié l'agression tripartite (Grande Bretagne-France-Israël), en 1956, contre la nationalisation par l'Egypte du Canal de Suez. Ils savent que ce sont les firmes et les Etats des principaux pays impérialistes qui, par l'intermédiaire de leurs organismes dits "internationaux" (FMI, Banque Mondiale, Club de Paris), imposent le relèvement des prix du pain, des vêtements, de l'énergie, la "restructuration" et la privatisation des grandes entreprises publiques, et les licenciements qui les accompagnent, la dévaluation de la Livre égyptienne et les hausses des prix qu'elle entraîne, le blocage de leurs salaires, la réduction des dépenses budgétaires scolaires et de santé, etc. Ils découvrent avec la répression, qu'une grande partie de ces emprunts, pour le remboursement desquels on leur demande de se serrer la ceinture, ont servi à acheter à ces mêmes pays impérialistes les chars et les fusils mitrailleurs utilisés pour briser leurs grèves.
Les firmes occidentales ont fait de juteux profits en contrepartie de l'endettement de l'Egypte : les françaises, avec la construction du métro du Caire, d'une centrale nucléaire à l'ouest d'Alexandrie, et de nombreuses usines, sans parler de mandes, les suisses, les britanniques, les japonaises, dans la vente d'usines "clés en main", de machines routes et de ponts, et bien entendu de
L'Egypte, vision touristique ?
Les travailleurs des pays impérialistes ont peu d'informations sur la situation de leurs camarades égyptiens. Les médias ne présentent l'Egypte que sous son aspect touristique. Ils ne disent guèrent que le salaire mensuel d'un fonctionnaire titulaire d'une licence est d'environ 40 dollars, qu'un kilo de viande en représente environ 12 %, que ce salaire ne permet pas de couvrir les dépenses minimales d'un célibataire au Caire: transport (15 à 30 %), logement (15 à 30 %), nourriture (30 à 60 %), cigarettes (30 %), sans parler de l'habillement. Le salaire d'un ouvrier qualifié d'une grande entreprise, primes comprises, peut atteindre l'équivalent de 130 dollars par mois, ce qui ne suffit pas non plus à entretenir une famille.
La scolarité des enfants et les soins médicaux sont de plus en plus coûteux, le prix des transports a quadruplé cinq ans, celui du pain (la nouriturre de base en Egypte) a été multiplié par cinq, etc. La plupart des salariés ont un deuxième emploi pour pouvoir "joindre les deux bouts", de nombreuses femmes mariées exercent un emploi et plus d'un million d'enfants de moins de quinze ans travaillent, alors que le chômage touche encore près de 15% de la population masculine adulte.
Hormis les lecteurs fidèles des rapports d'Amnesty International, peu d'occidentaux savent que l'état d'urgence est toujours en vigueur, que les arrestations arbitraires d'opposants politiques sont chose courante, que la torture est systé-
Les médias occidentaux présentent le régime égyptien, fidèle allié des puissances impérialistes, comme "l'artisan de la paix au Proche-Orient". Ils ne précisent pas que l'Egypte dispose maintenant d'une des plus puissantes armées de la région, prête à intervenir en Afrique ou en Asie si les intérêts de ces puissances ou un "pays ami" se trouvaient
Ces mêmes médias ne cessent de vanter les "progrès de la démocratie" en Egypte, qu'ils présentent comme le pays du pluralisme politique et de la liberté de la presse. Or la pseudo-libéralisation survenue après 1975, avec l'autorisation donnée aux courants du Parti "socialiste" (unique) de se constituer en "partis" et celle accordée aux politiciens de l'ancien régime pré-nassérien de reconstituer le parti réactionnaire du "Wafd", s'est strictement limitée aux partis bourgeois.
Pseudo-libéralisation
Get répression
Le PCE, clandestin au sein du RUP (issu de l'ex-Parti "socialiste"), est toujours poursuivi en tant que tel et ses militants, régulièrement incarcérés et torturés. Les autres organisations d'extrême gauche sont harcelées en permanence par les RG, et toute mobilisation ouvrière est immédiatement et brutalement réprimée. La violence de la répression à l'encontre des organisations intégristes islaqui, jusqu'à présent, tituaient le seul danger réel pour les bureaucrates de l'appareil d'Etat bourgeois, laisse présager celle que celui-ci s'apprête à exercer contre la classe ouvrière et ses organisations, si les travailleurs menaçaient, par leur mobilisation, les intérêts du capital local et étranger.
Pour toutes ces raisons, il est impératif de briser l'isolement dans lequel se trouve la classe ouvrière égyptienne, aussi bien à l'échelle régionale qu'internationale. La solidarité avec les luttes des ouvriers égyptiens devrait être à la mesure de ce qu'ils représentent: la principale classe ouvrière du monde arabe, la deuxième du continent africain, et l'une des plus importantes du Tiersmonde.
22 octobre 1989
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