Inprecor 1974–2004

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RDA

Débat sur les élections

· Inprecor n° 299, 11 décembre 1989 · p. 14-15 · 893 mots

Allemagne Europe de l'Est

LE GOUVERNEMENT est-allemand a annoncé, le 8 décembre dernier, après des discussions avec l'opposition autour de la "table ronde", que les élections en Allemagne de l'Est se dérouleraient le 6 mai 1990. Inprecor a interrogé Herbert Misslitz, de la Gauche unie (GU) et Rainard Weisshunn du Nouveau Forum (Nfm) à propos de l'attitude de leurs organisations sur cette question.

Herbert MISSLITZ : La Gauche unie n'a pas encore pris position sur cette question. A titre personnel, je pense que l'attitude à adopter dépendra des résultats de la table ronde. Il ne peut être question d'accepter des élections telles que le propose, par exemple, le Parti libéral, avec un barrage de 3% et leurs conceptions sur les partis traditionnels.

Lors de discussions avec des amis de la social-démocratie, ceux-ci ont développé des idées sur un système électoral avec deux chambres [un sénat et un parlement]. Au sein des différents courants de la GU, ce projet est beaucoup discuté. Nous tenons à ajouter que nous espérons pouvoir tenir un congrès de délégués du peuple en janvier prochain. Nous n'excluons pas que, pen-

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talinisme dant ce congrès, les travailleurs de notre pays vont formuler leurs exigences et proposer leurs délégués, leurs représentants pour un mouvement de réformes plus large. Tout dépendra des positions qui vont se clarifier au fur et à mesure de la discussion, notamment autour de ce congrès. La date des élections nous semble beaucoup trop proche, mais il faut faire avec. Il semble de toute façon exclu que la Gauche unie se présente en tant que parti dans ces élections. En plus, avec la rapidité du développement des événebrochure de notre ments en RDA, il ne paraît Mandel sur les sts à l'Est. pas du tout réaliste de faire ibrairie La Brèche un pronostic quant au résul'5 011 Paris). tat de ces élections. mmander d Inprecor, 93 108 Montreuil. Rainard WEISSHUNN :

Chez nous, les opinions sur cette question sont aussi divisées qu'au sein de la Gauche unie. Ce qui sera décisif sera la nouvelle loi électorale qui définira les modalités pour se présenter à ces élections. Certains membres du Nfm exigent une loi électorale qui ne donne la possibilité de se présenter aux élections qu'aux partis politiques. Il s'agit d'éviter que le prétendu "mouvement de masse" autour du Parti socialiste unifié (SED, au pouvoir) puisse se présenter aux élections. Si cette opinion assez répandue s'avère majoritaire, cela voudrait dire que même le Ním ne pourra pas se présenter aux élections. Cette contradiction soulève aussi pas mal de discussions au sein du Nouveau forum. Il est possible qu'une partie du Ním décide de se constituer en parti politique. En revanche, une autre aile du Nim, dont je fais partie, soutient le droit des regroupements non-traditionnels qui ne forment pas des structures hiérarchiques de type parti politique, à se présenter aux élections. Herbert MISSLITZ : Si seuls les partis politiques ont le droit de présenter des candidats aux élections, cela voudra également dire par exemple, que le mouvement autonome des femmes, les syndicats ou les autres initiatives larges ne pourront pas se présenter aux élections. • Y a-t-ll des discussions sur la possibllité de constituer une sorte de front commun de l'opposition face au SED ? Herbert MISSLITZ : Déjà le 4 octobre dernier, une rencontre de différents groupes oppositionnels a lancé une déclaration commune, soulignant la possibilité d'un front commun aux élections. A l'époque, cette déclaration avait reçu un accueil favorable. Ceci dit, depuis, énormément de choses se sont passées dans notre pays. Aujourd'hui, un processus de différenciation s'est effectué au sein de l'opposition. Et les divergences vont se clarifier davantage dans les semaines à venir. Je vois mal comment des positions socialistes pourront se mettre d'accord avec les positions du Renouveau démocratique, ou les celles du Parti libéral. Une réunion du Nfm va bientôt trancher sur cette question.

Cependant, je pense qu'on pourrait trouver une position commune, moins entre la GU, le Nfm, l'Initiative pour la paix et les droits démocratiques, etc. Il est clair qu'il ne s'agit pas de partis politiques, ce qui soulève à nouveau le problème que nous avons évoqué ci-dessus.

Rainard WEISSHUNN : La déclaration commune dont parle Herbert a été faite à un moment où il s'agissait encore d'arracher les droits démocratiques minimums. Aujourd'hui, nous avons déjà obtenus ces droits en pratique, même s'ils ne sont pas encore codifiés par une loi. Les conditions pour un éventuel front commun ont donc changé. Les différenciations au sein de l'opposition sont désormais beaucoup plus avancés. Cela concerne aussi la discussion forme que doit prendre l'activité politique : mouvements et initiatives de base ou partis politiques ?

Cependant, j'espère toujours qu'il sera possible d'établir une attitude commune de l'opposition face aux partis établis. C'est en tout cas nécessaire. Si des partis comme Renouveau démocratique ou le Parti social-démocrate (SPD) ne veulent pas participer à un tel front, il doit être au moins possible de publier une déclaration commune des différents mouvements. Cela ne pourra bien entendu avoir une influence directe sur le résultat des élections que s'il est possible aux groupes qui ne sont pas constitués en partis politiques de présenter également des candidats. Sinon, il faudrait prendre position en fonction des partis qui se présenteraient et il n'est pas du tout évident que nous soutiendrons l'un

Propos recuelllis par Erdal Tan, le 11 décembre 1989

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