Inprecor 1974–2004

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RDA

Le plan Kohl

· Inprecor n° 299, 11 décembre 1989 · p. 13-14 · 1 267 mots

Allemagne Europe de l'Est Écologie

LE CHANCELIER chrétien-démocrate Helmut Kohl, a présenté, le parlement de la république fédérale allemande (RFA). Ce plan concrètement, à la conquête du territoire et de l'économie de la

République démocratique d'Allemagne (RDA) par l'impérialisme ouest-allemand. Le partenaire libéral de la coalition de droite

(FDP), ainsi que le Parti social-démocrate (SPD) ont donné tout quelques critiques, défendant de façon plus ou moins claire le droit des citoyens de RDA à disposer de leur sort. Ce n'est que revendiqué la reconnaissance de la frontière vers la Pologne et situation politique. Mais l'accord de principe reste, même si la rhétorique de la "réunification" est rejetée, par exemple, par

(Neuvereinigung) pour éviter les allusions au Troisième Reich.

28 novembre dernier, son fameux "Plan en dix points" au vise à la réunification des deux Allemagne et, plus de suite leur accord de principe. Seul le Parti vert a émis quelques jours plus tard que certains dirigeants du SPD ont les conséquences en matière d'armement de la nouvelle

Willy Brandt, qui préfère parler d'"une nouvelle unification"

Manuel KELLNER

RESUMONS les dix point du "plan Kohl" :

1) Aides financières immédiates sur le plan humanitaire et médical. A moyen terme, abolition de "l'argent d'accueil" au profit d'un financement commun négocié entre la

RFA et la RDA des devises pour les voyageurs de RDA visitant la RFA.

2) Intensification de la coopération sur les plans économique et technique, à commencer par le système de transport de personnes ; renforcement de la coopération écologique.

3) Revendication d'élections libres.

de réformes "irréversibles" politique et économique, abolition de la "planificabureaucratique"

condition aux aides massives, car « il est clair que les gens veulent la liberté économique », ouverture de la RDA aux investissement de l'Ouest et création de

"conditions de marché".

4) "Communauté de contrats" entre

RFA et RDA (comme l'a proposé Modrow, nouveau chef du gouvernement de RDA) reflétant une multitude d'acet de commissions communes médicaux, écologie, etc.).

REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE ALLEMANDE

Le plan Kohl

5) Création d'une "structure confédérale" comme transition à une fédération des deux Allemagne, donc à un Etat unitaire de structure fédérale (comme la RFA actuelle). Pré-condition à cela : des élections libres en RDA. La réunification allemande se ferait pas à pas.

6) Intégration de la réunification allemande dans le processus d'intégration économique, politique et culturel de l'Europe, et dans les rapports est-ouest globaux.

7) Association de la RDA à la CEE capitaliste par un traité de commerce et de coopération, y compris dans le cadre de l'"horizon 92".

8) Intensification du processus entamé à Helsinki en construisant des institutions qui organisent des rapports et projets communs en matière économique, écologique et culturelle entre les pays de l'Ouest et de l'Est en général, en Europe

9) "Appui" aux négociations pour le désarmement, en conséquence de la situation mondiale en négociant avec la RDA (ce qui ne signifie rien de concret quant au désarmement ouest-allemand).

10) Politique globale, consciente des difficultés qu'elle peut rencontrer à chaque étape, visant à la réalisation du droit des Allemands à l'auto-détermination nationale.

En contraste, un groupe d'intellectuels de gauche de RDA a lancé un appel public, le 26 novembre, dont les prin-

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cipaux passages visent à défendre la souveraineté de la RDA et la chance historique de construire une alternative socialiste convaincante : « (...) Ou bien nous pouvons insister sur l'autonomie étatique de la RDA et essayer, de toutes nos forces (...) de construire une société solidaire dans notre pays, dans laquelle la paix et la justice sociale, la liberté des individus, la liberté de déplacement et la préservation de l'environnement sont garanties. Ou, en revanche, nous devons accepter que, sous la pression économique et les conditions draconiennes inacceptables que posent des couches influentes de l'économie et de la politique comme pré-condition à l'aide à la RDA, il y ait une enchère sur les valeurs matérielles et morales de la RDA qui sera tôt ou tard colonisée par la RFA. Prenons le premier chemin. Nous avons encore la chance de développer une alternative socialiste à la RFA, dans le cadre de relations égales et respectueuses avec tous les Etats en Europe. Nous pouvons encore nous rappeler les idéaux antifascistes et humanistes qui furent notre point de départ. (...) ».

Une "patrie allemande unie"

Dans les dernières grandes manifestations populaires, surtout à Leipzig, les slogans pour la "patrie allemande unie" sont devenus très populaires.Certains orateurs ont même été hués et sifflés, lorsqu'ils tentèrent de démontrer les dangers de se faire dévorer par le capital ouest-allemand et par la puissante RFA. Les derniers jours, une différenciation des positions dans les manifestations de masse est clairement apparue, puisque les uns revendiquaient l'Allemagne unifiée, tandis que les autres brandissaient des pancartes avec des inscriptions comme « Nous ne voulons pas devenir une plantation de Kohl / [Kohl = choux]».

Néanmoins, contrairement aux premières semaines du soulèvement, les plans réactionnaires, revanchards et restaurateurs peuvent s'appuyer sur les sentiments exprimés par une partie des masses est-allemandes. Bien entendu, ces plans visent à restaurer un capitalisme dominé par les grands trusts ouest-allemands, et donc également à abolir tout ce qui reste de l'acquis de l'économie non-capitaliste, surtout au plan social et au niveau du rythme de travail..

Par ailleurs, le mouvement a connu une certaine radicalisation. La population a notamment investi les locaux de la stasi (la police secrète) afin d'empêcher la destruction des documents compromettants sur la corruption des dignitaires du régime.

Pas d'excès !

Face à ce phénomène, le ton a commencé à changer dans une partie des médias ouest-allemands. On commence à craindre que les masses n'aillent un peu trop loin. Si par exemple, on exagère la mise en lumière des petites et grandes affaires illégales des bureaucrates, surtout en matière de transferts financiers internationaux marchandages illégaux, on risque de trouver également la part de responsabilité et de coopération, non seulement des banques suisses, mais aussi de capitalistes et peut-être aussi de politiciens bourgeois. Si en plus, les masses se radicalisent trop, Il serait difficile pour le capital ouest-allemand d'organiser la course aux profits en RDA, ce qui nécessite tout même qu'il y ait un peu d'ordre.

Maintenant premières grèves d'avertissement ont éclatées dans quelques usines, que des comités de bases semblent commencer par s'arroger certaines fonctions d'Etat, qu'ici et là on a pu voir les premières pancartes — certes semi-ironiques — avec le slogan "tout le pouvoir aux conseils", la crainte de "l'anarchie" unit la

Quand le troisième garde de la direction du SED maintenant au sommet du parti et les com-

On mentateurs bourgeois.

par Erne:

commence à espérer, que

SED le rénové pourra, après changement de nom, jouer un rôle stabilisateur, garantissant l'ordre public, au moins jusqu'aux élections. L'instabilité fait peur :

« Pas d'excès de démocratie à l'Est » !

Mais les moyens de ce semblent très pouvoir faibles aujourd'hui. Modrow, nouveau président du cabinet, a appelé à l'ordre, lors du récent congrès du SED,

Inprecor a publié un et à la télévision. Mais le camarade Ernes seul argument qu'il a trouvé bouleversem pour persuader les masses

Elle est en vente à la populaires à rejeter l'anar-

(9 rue de Tunis, chie, le chaos et la violence

On peut également la c a été que la fête de Noël est

2 rue Richard Lenoi proche, et qu'il ne faut pas troubler cette belle fête familiale ! Le retour à la force semble presque exclu dans l'immédiat. Ceci dit, s'il ne s'agit plus de répression émanant d'un régime

"communiste totalitaire", mais d'une intervention contre des "exagérations extrémistes", les forces de l'ancien régime pourraient alors intervenir avec cette nouvelle légitimité fournie par les médias occidentaux.

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11 décembre 1989

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