Inprecor 1974–2004

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FRANCE

La déroute électorale du régime

· Inprecor n° 3, 31 mars 1977 · p. 3-7 · 4 724 mots

France Écologie

FRANCE Les élections municipales qui se sont déroulées en France les 13 et 20 mars ont une importance qui dépasse largement le cadre local dans lequel elles ont eu lieu, d'abord en raison de la situation du pays, ensuite du fait que tout le monde y a vu avant tout une sorte de "premier tour" préludant aux élections législatives prévues pour mars 1978 sinon plus tôt. La France est un des quatre pays de l'Europe occidentale où la crise du capitalisme prépare de grandes luttes, qui ne pourront pas rester limitées au domaine économique où elles se déclencheront probablement. Face à la crise économique, le gouvernement Barre, installé au début de l'automne dernier, met en œuvre un "plan" d'austérité constitué essentiellement par une opération à peine camouflée de blocage et même de diminution des salaires, dont l'augmentation ne pourra dépasser l'augmentation officiellement reconnue des prix. En attendant, tout en faisant voter un budget en équilibre pour l'année 1977, le gouvernement se voit déjà obligé de présenter une loi "rectificative" qui enregistre un premier déficit de 10 milliards de francs - et nous n'avons pas encore terminé le premier trimestre. Pour l'année écoulée, le déficit commercial a été de plus de 21 milliards de francs et le déficit de la balance des paiements de 27,5 milliards. Le franc a baissé d'environ 17% en un an. Sauf dans l'automobile, la production stagne. Le chômage ne fait que croître avec l'application du "plan Barre" Officiellement il atteint environ 1 million de personnes, en réalité il est de 1,5 millions. Il a augmenté dans les deux derniers mois de 4,6%. Parmi les chômeurs, 48% ont moins de 25 ans; 41,2% sont des femmes. Telle est la situation après six mois de gouvernement du "meilleur économiste de France" (aux dires de Giscard). Le seul résultat dont il se targue, c'est d'avoir réduit l'augmentation de l'indice du coût de la vie à 0,3% pour janvier; mais il est de notoriété que cet indice, déjà mensonger en temps ordinaire, a été quelque peu trafiqué à la veille des élections. Crise de direction de la bourgeoisie Nous avons expliqué, lors du changement de gouvernement de la fin de l'été dernier, les causes qui avaient provoqué une division dans la direction bourgeoise (1). Après les élections cantonales (mars 1976) qui avaient montré une progression de l'Union de la Gauche, Chirac, alors Premier ministre, voulait procéder tambour battant à des élections législatives en vue de prendre au dépourvu les partis communiste et socialiste.

Pierre FRANK Giscard s'y opposait, laissant entendre que, même si l'Union de la Gauche gagnait ces élections en 1978, il resterait jusqu'à la fin de son mandat, soit 1981. Il estimait certainement qu'étant en place, il serait en situation, dans le cas où les élections législatives de 1978 seraient pour lui défavorables, de reprendre les choses en main quand surviendrait inévitablement une crise au sein de l'Union de la Gauche et de son gouvernement. Renvoyant Chirac, il appela Barre pour instaurer un "plan" qui devait tenter d'apporter une amélioration à la situation économique en 1978. Depuis lors, les tensions entre Giscard et Chirac n'ont fait que croître et les élections municipales les ont mises au grand jour. Contre Chirac, Giscard a gagné à lui le CNPF, l'organisation du patronat français. Chirac, pour le contrer, a poussé à la création, sous le nom de GIR (Groupes d'initiative et de responsabilité), une sorte d'association des petites et moyennes entreprises (PME), des dirigeants des syndicats de cadres, de dirigeants de la grosse paysannerie, etc... Cela n'a pas donné grand chose jusqu'à présent et il est douteux qu'une telle association ait un grand avenir. Par contre, Chirac dispose d'une machine politique solide, l'UDR gaulliste qu'il a transformée en RPR, et dont le groupe parlementaire peut, à tout moment, provoquer s'il le désire des élections anticipées. Avec une maladresse insigne, Giscard a défié Chirac et le RPR à l'occasion des élections municipales. Le RPR disposait de la majorité à la municipalité de Paris depuis 1947, lorsque De Gaulle parvint à faire élire sa maffia derrière le nom de son frère, mort depuis. Cette année, les élections à Paris prenaient une importance particulière du fait que la capitale a désormais un nouveau statut. Pour la première elle élira un maire de Paris, c'est-à-dire un personnage qui, par le nombre des voix qu'il représentera, sera le deuxième dans le pays après le Président de la République et qui, le cas échéant, pourrait être son concurrent. Comme candidat à ce poste, Giscard désigna Michel d'Ornano (l'actuel ministre de l'Industrie politiquement et personnellement lié à lui), avec pour objectif de réduire le nombre des anciens élus gaullistes. C'était à la fois défier le RPR et vouloir le déloger d'un fromage bien savoureux.

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Dans la Vème République, le Président de la République doit être un homme incontesté, surtout pas dépendant d'un Parlement croupion : telle est l'exigence fondamentale d'une constitution bonapartiste taillée sur mesure pour De Gaulle. Depuis qu'il a été élu, Giscard a montré une faiblesse énorme et, depuis qu'il a renvoyé Chirac de sa fonction de Premier ministre, les incidents se sont multipliés qui ont réduit à néant l'aspect bonapartiste du régime. Le Parlement se montrait rétif. Le Président était contesté par la propre majorité qui l'avait (de justesse) élu. Après que Giscard eut désigné d'Ornano, le RPR poussa les hauts gris et, à titre de défi, Chirac décida de contre-attaquer publiquement en se présentant comme candidat à la mairie de Paris. Son objectif, bien qu'il le niât, était clair : créer un courant en sa faveur qui, après l'avoir porté à la mairie de Paris, le porterait à la Présidence de la République. A cet effet, il misait entre autre sur la clientèle petite bourgeoise parisienne. La campagne électorale à Paris donna le ton politique avec la division dans le camp bourgeois, tandis que presque partout ailleurs les candidats de la majorité présidentielle (giscardiens et chiraquiens confondus) se défendaient contre l'Union de la Gauche. Nous laisserons de côté les nombreux incidents, grands ou petits, qui ont marqué la campagne électorale, sinon pour signaler que la crise de la direction bourgeoise s'est exprimée, à propos de la municipalité de Paris, par un échange de lettres publiques entre ministres où l'unité du gouvernement faillit être atteinte. De l'Union de la Gauche, il y a peu à dire en ce qui concerne son comportement pendant la campagne. Une certaine rivalité subsistait entre le Parti communiste et le Parti socialiste, mais elle resta limitée au premier tour à 17 villes de plus de 30000 habitants, étant entendu que, là où cela se produisait, l'accord se ferait au second tour sur la liste arrivée en tête. Accord qui se fit partout, sans la moindre bavure. La direction du PCF qui avait été échaudée au cours d'élections partielles depuis 1974 ne cherchait pas trop à se heurter au Parti socialiste, pourvu qu'elle n'apparaisse pas distancée de beaucoup. Sur les listes de l'Union de la Gauche, des places furent offertes à des "radicaux de gauche" ', à des "gaullistes de gauche" et au PSU, mais dans presque toutes les villes, ces listes étaient composées en grande majorité par des membres du Parti socialiste et du Parti communiste. A ces élections se sont présentés dans de nombreuses villes des candidats "écologistes" qu'il était le plus souvent difficile de classer politiquement avant le second tour. Ce phénomène était, dans une mesure non négligeable, un sous-produit de Mai 68, qui a suscité une réaction à la "société de consommation" , le désir de "changer la vie" , une prise de conscience des dangers de pollution, des dangers de l'industrie nucléaire, etc... Ce sont généralement des personnes connues comme se situant à gauche - le professeur Dumont, par exemple - qui ont commencé à faire de la propagande "écologique". Mais cette question a, depuis, été prise en charge par toutes sortes de gens, les uns très sincères, d'autres qui y ont vu un bon tremplin pour se faire connaître. Ces candidats ont fait un score relativement important au premier tour, de sorte que le report de leurs voix pouvait devenir décisif quant aux résultats du second tour dans une quinzaine de villes. Ajoutons aussi que, dès que les sondages ont laissé prévoir un certain succès des listes écologiques, on a vu tous les candidats - y compris bien entendu ceux qui ont dans le passé le plus récent fait de leur mieux pour polluer les villes, pour y rendre la vie misérable - se montrer chaleureux partisans de l'écologie et faire les promesses les plus mirifiques, sans calculer les dépenses que nécessiterait la mise en œuvre de leurs promesses. Les candidats de la majorité présidentielle avaient ainsi totalement oublié le "plan Barre". Pratiquement, les électeurs qui ont voté "écologiste" au premier tour ont reporté leur vote au second tour dans une proportion considérable sur les listes de l'Union de la Gauche, bien que les candidats écologistes n'aient, pour leur part, donné aucune consigne de vote. Nous examinerons maintenant les résultats d'abord globalement, ensuite ceux de Paris et, enfin, nous traiterons des résultats obtenus par les listes révolutionnaires, en indiquant les conditions dans lesquelles elles furent établies. Victoire électorale de l'Union de la Gauche Le cas de Paris mis à part, l'Union de la Gauche remportait une victoire indiscutable dès le premier tour; au second tour; elle était telle que même le ministre de l'Intérieur, Poniatowski, ne pouvait plus trouver le moyen de faire dire aux chiffres le contraire de ce qu'ils disent. L'Union de la Gauche a désormais les municipalités de 70% des villes de plus de 30000 habitants (155 sur 221). Les candidats gouvernementaux avaient auparavant 15 sur 20 des plus grandes villes de France; l'Union de la Gauche en a maintenant 12. Le Parti socialiste est le plus grand vainqueur, se trouvant désormais à la tête de plus de 80 villes de plus de 30000 habitants. Il faut souligner que, là où ce parti avait déjà la municipalité, c'était le plus souvent sur la base de combinaisons avec des partis centristes bourgeois; cette fois-ci, il obtient ces municipalités en éliminant des conseils municipaux les membres des formations bourgeoises pour faire place à des membres du PCF; c'est le cas à Marseille et à Lille, par exemple. Le PCF est aussi largement bénéficiaire de cette victoire électorale : il se trouvera à la tête de 22 villes de plus de 30 000 habitants. A côté du Havre, il dirigera maintenant des villes aussi importantes que Reims, Le Mans, Saint-Etienne, etc. En outre, il aura des élus dans de nombreuses municipalités à maire socialiste. Depuis la constitution de l'Union de la Gauche, au second tour les voix communistes se, reportaient presque totalement sur les candidats socialistes arrivés en tête au premier tour, tandis que la réciproque n'était pas vraie. Cette fois-ci, le report des voix socialistes sur les candidats communistes s'est fait sans faille importante. Dans les communes de la région parisienne, l'Union de la Gauche réduit encore le nombre de celles qui votent pour les partis bourgeois. Ce qui est très caractéristique des élections qui

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rcoing

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Conflans-Ste Honorine

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1. Villes de plus de trente tele matines es biuts-de-Seine, Seine-Saint-Denis et Val-de-Marne).

tour (nou compris Paris et les communes des viennent d'avoir lieu, c'est que l'Union de la Gauche a fait basculer en sa faveur l'Ouest de la France, une région qui était une des plus conservatrice du pays, en raison de l'influence de l'Eglise catholique. Avec un retard et avec une force moindre, on assiste aussi à quelques succès importants de l'Union de la Gauche dans l'autre région très conservatrice du pays: l'Est.

On sait que la majorité présidentielle et gouvernementale est composée de trois fractions : le RPR, les Républicains indépendants, des centristes de toute nature. En province, toutes ces formations ont été atteintes par la défaite. Les uns et les autres cherchent à se consoler... en invoquant les villes qu'ils ont réussi à conserver avec beaucoup de difficultés.

Le vote de Paris

Paris, c'est-à-dire la partie de la région parisienne qui constitue administrativement la ville de Paris, est un cas particulier en ce sens que le pouvoir a délibérément provoqué depuis des années le déplacement d'un nombre considérable de travailleurs hors de celle-ci. Depuis 1971, il y a eu ainsi une hémorragie de 300000 électeurs environ; le nombre d'ouvriers a baissé de 26%, celui des professions libérales et de cadres supérieurs a augmenté d'autant. C'est parce que, du point de vue sociologique, Paris a connu une telle transformation que la bourgeoisie a cru possible de lui donner un maire, ce qu'elle a rarement fait depuis près de deux siècles qu'elle dirige le pays. De ce fait, il aurait fallu une poussée gigantesque à gauche pour que la bourgeoisie soit délogée de l'Hôtel. de

Ville de Paris.

Le déplacement en faveur de l'Union de la Gauche qui s'est produit dans tout le pays s'est également manifesté à Paris d' une façon relativement sensible, compte tenu de la composition sociale de cette ville. Dès le premier tour, les candidats de l'Union de la Gauche obtenaient 60 000 voix de plus qu'en 1971 et, au second tour, ils ont encore gagné 3% par rapport à l'élection présidentielle de 1974. Il en est résulté que l' Union de la Gauche a non seulement retrouvé les 5 secteurs où elle avait eu la majorité jusque là, mais a gagné un secteur supplémentaire dans le centre de la ville - accroissant ainsi le nombre de ses élus. Mais la majorité reste aux partis bourgeois et c'est entre ceux-ci que la lutte a été féroce. Chirac l'a nettement emporté sur Giscard dont le poulain, d'Ornano, a été battu par l'Union de la Gauche dans le XVIllème arrondissement de Paris, ainsi que d'autres partisans anti-RPR de Giscard (le ministre Françoise Giroud en particulier). Chirac deviendra donc maire de Paris à la tête d'un conseil municipal comprenant 52 élus de ses listes, contre 17 des listes pro-Giscard, et 40 élus de l'Union de la Gauche. Toutefois cette victoire de Chirac, remportée sur Giscard, n'est pas telle qu'elle puisse fournir un stimulant considérable au RPR dirigé par Chirac pour contrebalancer dans tous le pays l'élan que suscitera la victoire de l'Union de la Gauche. Nous reviendrons sur cette question quand nous envisagerons les perspectives ouvertes par les élections des 13 et 20 mars. Les listes révolutionnaires Etant donné l'importance politique qu'avaient ces élections municipales, il était apparu indispensable à la LCR que des candidatures s'y présentent sous une forme appropriée pour défendre un programme révolutionnaire. La loi électorale rendait difficile la présentation de telles candidatures. A la différence des élections législatives, elle exigeait une implantation locale relativement importante car on ne pouvait faire acte de candidature si l'on n'était pas inscrit sur les listes des électeurs de la ville. Ainsi, à Paris, pour être présent dans tous les secteurs, il fallait présenter plus de 200 noms; en province la proportion était plus grande : dans une ville d'environ 200 000 habitants comme Clermont-Ferrand, il fallait plus de 80 noms. Un autre problème était apparu au cours des mois passés, lors d'élections législatives partielles à Tours et dans un arrondissement de Paris, celui de la concurrence résultant de la présentation de multiples candidatures de formations d'extrême-gauche. Dans les deux cas mentionnés, il y avait eu quatre ou cinq candidatures de cet ordre; les électeurs ne pouvaient distinguer ce qui les séparait et l'audience de chacune d'entre elles en fut affaiblie. La nécessité d'avoir une implantation locale limitait certes le second danger, mais ne le supprimait pas totalement. Aussi la LCR proposa la constitution de listes unitaires, proposition qui fut entendue par Lutte ouvrière et par l'Organisation communiste des travailleurs (OCT). Les trois organisations aboutirent à la signature d'une plate-forme nationale commune (2) à laquelle pourrait souscrire toute organisation qui voudrait participer à l'établissement d'une liste commune et mener une cam-

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pagne commune dans le cadre des principes politiques établis par cet accord. La déclaration s'affirmait sur un programme révolutionnaire contre le régime capitaliste et mettait en garde les travailleurs contre l'incapacité de l'Union de la Gauche de résoudre les problèmes. et les revendications des travailleurs. La déclaration commune faisait également savoir dès avant le premier tour que les listes "Pour le socialisme, le pouvoir aux travailleurs" se désisteraient au second tour pour les listes de l'Union de la Gauche formées par le PS et le PCF (3). C'est ainsi que des listes révolutionnaires furent présentées dans tous les 18 secteurs de Paris et dans une trentaine de villes de plus de 30 000 habitants. Jamais il n'y eut un tel silence sur ces listes de la part de la télévision, de la radio et de la grande presse, ou aussi de la part des partis de l'Union de la Gauche. Jamais mentionnées avant le premier tour, elles furent remarquées nationalement après celui-ci. Or jamais listes révolutionnaires n'obtinrent autant de voix, jamais elles n'eurent un pourcentage aussi élevé (cf. le tableau ci-dessous).

Les résultats

AUBERVILLIERS: 2,7 % BELFORT: BESANÇON : 2,7 % BORDEAUX: 1,7 % BOURGES : 1,4 % CAEN: 2,9 % CARCASSONNE : CENON : 2,2 % CLERMONT: 2,8 % COLOMBES: 2,5 % DIJON: 1,9 % GRENOBLE : 1,9 % LILLE: 2,4 % LYON: 1,8 % Ce tableau ne comprend pas le yenne s'y établit à 2,88%. On voit dans ce tableau que ces listes ont obtenu un pourcentage double ou triple de celui généralement atteint dans le passé. Il faut relever que ces pourcentages se retrouvent dans des villes largement dispersées dans tout le pays. Il faut également remarquer que, dans plusieurs cas, on trouve un pourcentage encore plus élevé dans des quartiers ouvriers de certaines villes. Ainsi, à Nancy, si la moyenne est de 8,3%, la liste révolutionnaire obtient 14,4% au Haut-de Lièvre où il existe un grand ensemble de plusieurs milliers de travailleurs; de même dans le quartier de St-Epvre où elle obtient 11%. Il en est de même à Rouen où la moyenne est de 7,6% et où, dans une cité de cheminots, elle atteint près de 11%. A Clermont-Ferrand où la moyenne est de 5,6%, elle obtient jusqu'à 8,1 et 8,3% dans des quartiers ouvriers. A Orléans où la moyenne est de 12%, elle atteint 17 et même 18% dans un quartier, La Source, où habitent les employés du plus grand centre de chèques postaux de France. Si à Grenoble, Toulouse ou Montpellier, les résultats obtenus sont faibles, cela est explicable par tane à Montpellier, ou le PSU.

expliquent ces chiffres par l'extrême g de

MARSEILLE : 1,8 %

1974 (Krivine et Laguiller

1977

MONTBELIARD : 2,2 %

6,7 %

MONTPELLIER: 1,6 %

NANCY: 1,6 %

4,7 %

3,3 %

ORLEANS : 2,05 %

PERPIGNAN: 2%

4,6 %

4,7 %

RENNES: 2,2 %

8,3 %

ROUEN: 2%..

ST-ETIENNE : 2,2%

. 6 %

6.4 %

ST-OUEN : 2,8 %

STRASBOURG: 1,1 %

5,6 %

4,8 %

TOULOUSE : 2,2 %

5,2 %

TOURS : 1,3 %

1,4 %

VIERZON :

VILLEURBANNE

6,4 %

VENISSIEUX:

5,5 % pourcentage des voix recueillies à Paris. La mole fait que les listes écologistes dans ces deux villes s'était manifestement placées à gauche de l'Union de la Gauche et étaient parfois alliées à des groupes locaux, comme Lutte occiA Paris également, les listes "Pour le socialisme, le pouvoir aux travailleurs" ont obtenu un score meilleur que jamais, bien que les conditions particulières de l'élection dans cette ville aient largement contribué à polariser dès le premier tour sur les deux listes de la majorité gouvernementale et sur la liste de l'Union de la Gauche, cette dernière paraissant avoir une chance sérieuse du fait de la division de la majorité. Les résultats obtenus par les listes révolutionnaires ont, de toute évidence, une signification politique qu'il convient de mettre en lumière. Passons sur certains propos de journalistes ou de candidats de l'Union de la Gauche selon lesquels ils seraient dus à des "erreurs" commises par les électeurs : "erreurs" aux quatre points cardinaux du pays. Les dirigeants du PSU le fait qu'ils n'avaient pas présenauche

1,8 % 9,5 % 1,9 % 8,3 % . 12 % 3,1 % 2,31 % . 7,6 % 3.2 % 9,5 % . 5 % 1,9 % 4,2 % . 4,6 % 2.4 % . 9,8 % té de listes car ils figuraient sur les listés de l'Union de la Gauche. Sans aucun doute, les listes révolutionnaires ont recueilli des voix qui, dans le passé, s'étaient prononcées en faveur des listes du PSU. Cela prouve seulement que ces voix n'étaient pas la propriété du PSU et que les électeurs n'ont pas suivi le PSU dans son intégration de facto à l'Union de la Gauche. Le sens politique du vote pour les listes révolutionnaires n'est pas affecté par le vote antérieur des électeurs; tout au plus pourrait-on dire que le vote actuel est politiquement plus accusé que l'ancien vote PSU. Il faut également mentionner que les votes révolutionnaires étaient assez nombreux pour donner matière à réflexion, sur le plan municipal seulement, aux deux partis ouvriers de masse. Ainsi, à Saint-Etienne et à Montpellier, les organisations locales du Parti communiste ont accepté de donner la parole dans leurs meetings à des militants de la LCR et de publier leurs

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communiqués de désistement. Ainsi, à Lille, le maire sortant Pierre Mauroy, qui tient un autre langage à l'échelle nationale, à invité nos camarades à participer à une conférence de presse pour le second tour. Nous n'avons aucune illusion sur ces attitudes : nous savons ce que trois ou quatre mille voix peuvent faire faire à des opportunistes pour être élus. Le fait est qu'il s'agit là d'une situation un peu nouvelle provenant de changements dans certains rapports de force. Les leçons plus générales que l'on peut tirer des résultats obtenus par les listes révolutionnaires sont les suivantes : a) en premier lieu, ces résultats reflètent le courant général de radicalisation qui traverse la classe ouvrière française. Il est certainement plus élevé que nous ne pouvions le présumer du fait que, dans la dernière année, les masses se trouvaient placées dans le domaine des revendications économiques sur la défensive et se montraient attentistes sur le plan politique en vue des perspectives de victoire de l'Union de la Gauche; b) ces résultats témoignent aussi que, d'ores et déjà, bien avant que l'Union de la Gauche arrive au gouvernement, il existe parmi les travailleurs un courant relativement substantiel qui a au moins des doutes sur les capacités et les volontés des partis de l'Union de la Gauche et qui pense qu'il sera nécessaire de mettre la main à la pâte pour aller plus loin que ces partis ne le désirent. Dans leur ensemble, ce ne sont pas des adhésions politiques à un programme précis, mais une méfiance envers la politique actuelle et les projets de l'Union de la Gauche; c) ce courant d'avant-garde a pu se manifester parce que les trois organisations (LCR, LO, OCT) ont agi de façon unitaire dans ces élections (sans dissimuler, soit dit en passant, les divergences qui les séparent). C'est là une donnée extrêmement importante parce que, à la différence des deux constatations précédentes, elle n'est pas une donnée objective de la situation par rapport aux organisations de l'extrême-gauche, mais quelque chose qui dépend d'elles. L'action unitaire a pu donner à réfléchir aux partis de masse de la classe ouvrière et contribuer à faire élire en quelques villes des municipalités ouvrières. Mais, et ce serait autrement plus important et décisif, si elle parvenait à se réaliser dans d'autres domaines de la lutte de classe, des domaines où les masses peuvent intervenir autrement que par des bulletins de vote, des domaines où les mots d'ordre, les objectifs, les moyens mis en avant par les révolutionnaires peuvent permettre d'intervenir d'une façon beaucoup plus grande que leur nombre apparemment ne leur permettrait. Les perspectives Les résultats venant seulement d'être connus, il est encore un peu tôt pour en tirer toutes les conclusions en ce qui concerne les perspectives. Le chef du gouvernement, Raymond Barre, après avoir constaté le succès de l'Union de la Gauche, a déclaré que le gouvernement continuerait à appliquer son "plan" dans le domaine économique et a appelé sa "majorité" (qui est désormais une minorité dans le pays) à "s'unir" pour gagner les élections législatives de 1978. Dans le domaine économique, Giscard ou Chirac, la bourgeoisie n'a pas de choix quant aux moyens de faire payer la crise aux masses travailleuses. Dans le domaine politique proprement dit, toutes les fractions de la bourgeoisie, depuis que la défaite les a frappées, crient : unité, unité ! Mais unité derrière qui ? unité, comment? Sans aucun doute, il se trouvera de bonnes âmes pour donner de bons

ЗНАЯ conseils à ces messieurs; mais on sait que, si rien ne réussit mieux que le succès, rien n'accentue mieux les tensions et les divergences qu'une défaite. Le Président de la République et le chef du gouvernement sont aujourd'hui situés entre une gauche majoritaire dans le pays et un parti qui, tout en affirmant qu'il est derrière le chef de l'Etat et du gouvernement, ne leur fait plus confiance et dispose d'une position de force à Paris même. Des tentatives de conciliation seront faites, mais inévitablement les tensions auront de nombreuses occasions de se manifester. Et ni Giscard ni Chirac n'ont une véritable de s'assurer l'hégémonie. La politique gouvernementale ne peut qu'accentuer la lutte de classe. Le "plan Barre" va maintenant s'attaquer à un domaine complémentaire de celui des salaires, celui de la Sécurité sociale, particulièrement sensible pour les travailleurs à un moment où le chômage ne peut que s'aggraver. Avec les élections qui viennent d'avoir lieu, les travailleurs ont acquis une plus grande confiance en eux-mêmes. La situation serait donc très favorable à des actions qui bousculeraient un gouvernement . aussi fragile. Mais ce qui sert la bourgeoisie dans de telles conditions, c'est plus que tout la politique attentiste des dirigeants de l'Union de la Gauche. Ils n'ont pas d'autres objec-• tif que de gagner les élections de 1978 en se laissant porter par le courant qui leur est favorable et ils ne feront rien pour l'utiliser. La direction du PCF songe avant tout à savourer ses victoires électorales et à consolider ses positions. Mitterrand, de son côté, n'est pas plus pressé de parvenir au gouvernement; lui aussi, tout en affinant ses pointes et ses sarcasmes contre les hommes au pouvoir (un jeu où il excelle), ne songe qu'à consolider son parti et à éviter de mettre de l'huile sur le feu. Dans une interview à une chaîne de télévision au cours de la campagne électorale, il a exprimé sa crainte que "le climat d'extrême politisation d'ici mars 1978 ne soit préjudiciable à la France et aux Français" L'extrême-gauche a vu ses forces d'intervention dans la lutte de classe accrues, mais toutefois pas encore au point où elle pourrait prendre des initiatives décisives pour la mise en mouvement de très larges masses. C'est du développement de la lutte de classe que pourrait émerger, avant 1978, un mouvement spontané qui dérangerait les calculs électoralistes des dirigeants de l'Union de la Gauche. De toute façon, les militants révolutionnaires, la LCR tout particulièrement, doivent plus que jamais appeler à l'action pour chasser Giscard, Barre et Chirac au contraire des dirigeants des deux partis ouvriers de masse et des deux grandes centrales syndicales, CGT et CFDT, qui ont les yeux fixés sur 1978 pendant que gouvernement et patronat poursuivent leurs attaques contre les conditions d'existence et de travail de la classe ouvrière. NOTES 20 mars 1977 (1) Voir Inprecor n° 57 du 9.09.1976. (2) Voir Inprecor n°66 du 27.01.1977. (3) De son côté, pour marque son refus de soutenir la présence de radicaux de gauche ou d'autres candidats bourgeois, la LCR a appelé à ne pas voter pour les listes se revendiquant de l'Union de la Gauche lorsqu'elles étaient conduites par de tels candidats. Tel était par exemple le cas à Perpignan. Il s'agissait dans ces cas d'élire une municipalité non à direction de parti ouvrier, mais à direction bourgeoise.

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