INPRECOR : Quel bilan tirez-vous de la lutte des masses après deux ans d'Intifada ? Quels en sont les principaux acquis ? Comment voyez-vous les perspectives de cette lutte ? Ouels sont, d'après vous, les objectifs que peut atteindre l'Intifada, et par quels moyens?
George HABACHE : L'Intifada patriotique courageuse, dont la première étincelle a jailli le 9 décembre 1987, constitue une nouvelle étape qualitative de la lutte nationale palestinienne, avec ses caractéristiques propres, complémentaires par rapport aux étapes précédentes. Cette Intifada, avec ses nouvelles particularités, a permis de réaliser de nombreux acquis à tous les niveaux : palestinien, israélien, arabe et international. Elle a aussi permis de dégager de nouvelles leçons théoriques et pratiques, qui influenceront positivement l'ensemble des objectifs de la lutte nationale palestinienne.
Ceci m'amène à parler des caractéristiques propres à l'étape que représente l'Intifida, dont je résumerais les principales ainsi :
1- Le caractère démocratique de masse de l'Intifada : elle a englobé l'ensemble des classes et catégories du peuple palestinien sans exception (hormis une petite poignée de collaborateurs), d'une part ; les personnes des deux sexes et de tous les âges, d'autre part. L'Intifada s'est étendue à chaque ville, bourg, village, camp de réfugiés, quartier et rue, sur tout le territoire de la Cisjordanie et de la bande de Gaza.
Il m'importe à cet égard de mettre en relief quelques faits qui ont une importance particulière à mes yeux : il a été possible, dans le cadre de l'Intifada, d'unifier toutes les classes et catégories du peuple palestinien, y compris la bourgeoisie nationale qui subit les préjudices des mesures économiques et politiques de l'occupation. Il a été possible, de même, de neutraliser certaines catégories sociales qui, avant l'Intifada, suivaient tel ou tel
Etat arabe, notamment la Jordanie et l'Egypte.
D'autre part, le caractère clairement politique de l'Intifada a permis de vaincre nombre d'obstacles sociaux qui, auparavant, rendaient difficile l'engagement de la femme palestinienne dans la lutte patriotique de façon massive et claire. Je peux même affirmer que le phénomène de l'engagement de la femme palestinienne dans la lutte est l'un des aspects les plus importants et les plus généralisés de l'In-
Enfin, il est inévitable que tout vaste mouvement de masse — tel que l'Intifada — souffre quelques exceptions, qui se sont manifestées par l'apparition de cliques de collaborateurs dans nos rangs. La Direction patriotique unifiée (DPU) de l'Intifada s'est chargée de ces derniers. Il est important d'être toujours attentif à la présence d'une cinquième colonne. Il est aussi très important de savoir que ce sont les autorités sionistes elles-mêmes qui soutiennent, organisent et arment ces col-
Il n'est pas vrai du tout, comme le prétend ou tente de l'accréditer la presse capitaliste, que ce qui se passe à ce niveau, c'est-à-dire les opérations de liquidation de collaborateurs, constitue une guerre interne veille attentivement à éviter au peuple palestinien toutes batailles secondaires dans ses rangs : toutes nos divergences sont d'ordre politique et se règlent par des moyens politiques. Quant aux collaborateurs, ils sont d'abord avertis et dénoncés publiquement, mais lorsqu'ils ne cessent pas de collaborer avec l'occupation et de nuire à l'unité du peuple palestinien et à son intérêt national, il faut en épurer les rangs du peuple.
2— Pour la première fois dans l'histoire moderne de la lutte nationale palestinienne, le centre de gravité du mouvement national palestinien s'est transféré de l'extérieur à l'intérieur de la Palestine. Comme l'on sait, la révolution palestinienne contemporaine est restée longtemps confinée, dans une large mesure, à la Jordanie entre 1967 et 1971, puis au Liban jusqu'en 1982.
Ceci ne veut pas dire que la révolution palestinienne n'a pas existé à l'intérieur de la Palestine ou qu'elle n'y a pas déployé une activité organisationnelle, politique et de masse; cependant, l'aspect principal de la révolution était à l'extérieur. Il y a plusieurs raisons objectives à cela, qu'il n'est pas nécessaire de décrire ici, mais il est possible d'en signaler rapidement les plus importantes : le contrôle
DOSSIER P
L'an III de de la Cisjordanie et de la bande de Gaza par l'occupation fut relativement aisé, bien qu'inégal entre les deux territoires, du fait que les autorités jordaniennes et égyptiennes avaient empêché, par divers moyens de répression, que ces régions soient préparées à affronter l'occupation immédiatement et massivement. D'autre part, les armées arabes défaites par Israël dans la guerre de 1967 étaient incapables de faire face au vaste mouvement de masse palestinien opposé à l'occupation, qui avait surgi en Jordanie et dans les autres pays limitrophes de la Palestine, notamment au Liban.
deuxième point, que l'extérieur est resté l'aspect principal de la lutte nationale palestinienne jusqu'en 1982. On sait que par suite de l'invasion israélienne du Liban principal centre de gravité de la révolution palestijusqu'alors — celle-ci a reçu un coup très douloureux. Ses composantes durent reconsidérer de nombreuses questions, parmi lesquelles une des plus importantes était la l'action à l'intérieur de la
Palestine et l'action à l'exple, nous sommes parvenus à la conclusion qu'il était nécessaire d'accorder une attention particulière et prioritaire à l'intérieur.
Ceci ne veut pas dire que nous ne nous occupions pas de l'intérieur auparavant, mais, comme je l'ai précisé, les circonstances dans lesquelles nous nous nous rendaient plus en me-
« L'établissement de l'Etat palestinien est passé du domaine de la possibilité
ALESTINE l'Intifada après le départ de la révolution palestinienne de Beyrouth, il devint naturel que notre attention se porte davantage sur l'intérieur. Depuis 1982, plusieurs facteurs objectifs et subjectifs se sont rassemblés à l'intérieur, qui ont rendu l'Intifada possible.
Parmi les plus importantes de ces conditions : le fait que l'occupation sioniste a poursuivi ses politiques répressives économique, militaire et administrative, qui visaient à détruire l'économie nationale palestinienne et à pousser les Palestiniens à s'exiler et à quitter leur patrie, politiques qui ont abouti à la mainmise sur les terres palestiniennes, au pillage des eaux d'irrigation et à l'emploid'unemain-d'œuvre palestinienne, estimée à 120 000 personnes, pour des salaires très bas, etc.
Par ailleurs, diverses organisations palestiniennes, dont la nôtre, ont accumulé une expérience organisationnelle et militante qui leur a permis, quand l'Intifada s'est mise en branle, d'encadrer les masses du peuple palestinien, de les organiser et de les diriger dans ce vaste mouvement de masse.
Il m'importe, parlant du rapport entre l'intérieur et l'extérieur, de préciser que le transfert du centre de gravité du mouvement national palestinien de l'extérieur vers l'intérieur ne signifie absolument pas que l'extérieur n'existe plus ou n'a plus d'importance. La révolution palestinienne, en raison de la dispersion forcée du peuple palestinien, s'appuyera deux toujours sur ces points d'appui fondamentaux.
3- L'Intifada a mis en avant, clairement, le caractère palestinien-sioniste du conflit, alors que dans les guerres précédentes (1956, 1967, 1973), le conflit était arabo-sioniste. En mentionnant ce nouveau développement, nous ne voulons pas dire que l'élément du conflit arabo-sioniste n'existe plus, mais seulement qu'il a reculé en importance. Le peuple palestinien a ainsi repris les choses en main, ce qui signifie que sa cause apparaît plus clairement qu'auparavant. Cela ne s'était jamais passé de la sorte depuis 1948.
4— Le caractère combatif de l'Intifada : ce caractère a pris essentiellement la forme d'une lutte pacifique avec manifestations, marches, grèves, boycott du travail dans les institutions économiques israéliennes, refus de paiement des impôts, ainsi que tracts, inscriptions murales, etc. Cette forme pacifique de combat n'a pas été contradictoire avec la présence d'une forme non pacifique, avec recours à la violence même si elle s'est limitée à des niveaux élémentaires : jets de pierres et de cocktails molotov, utilisation de couteaux et quelques opérations militaires restreintes.
historique à celui de la possibilité factuelle » Telles sont les principales caractéristiques de l'Intifada. Comme je l'ai dit précédemment, c'est sur la base de ces caractéristiques que se sont réalisés de nombreux acquis sur tous les plans: palestinien, israélien, arabe et international. Il n'est pas possible ici de décrire les acquis à tous ces niveaux ; je me contenterai donc d'en évoquer les principaux :
1- Sur le plan palestinien: l'unité de la lutte du peuple palestinien s'est consolidée plus fortement que jamais. Le ralliement des masses du peuple palestinien autour de la DPU, de l'OLP et des objectifs nationaux légitimes du peuple palestinien, s'est accru.
Souvenons-nous de la période de désaccord qui a précédé à cause de l'accord d'Amman (1), ainsi que des tentatives des régimes réactionnaires arabes de passer outre l'OLP au sommet arabe d'Amman, en novembre 1987. Depuis l'Intifada, il n'est plus possible à quiconque d'espérer provoquer une scission dans l'OLP ou d'exploiter quelques divergences tacti-
5— Le caractère organisé de l'Intifda : nous entendons par là, l'existence de structures partisanes organisées dirigeant l'Intifada, structures formées par les différentes organisations fondamentales de l'OLP : le Mouvement de libération nationale palestinienne — Fath, le FPLP, le Front démocratique pour la libération de la Palestine (FDLP) et le Parti communiste palestinien. Ces organisations se sont unies à l'intérieur des territoires occupés dans le cadre de la DPU.
En plus des organisations politiques palestiniennes, existaient de larges organisations de masse œuvrant dans les domaines économiques, sociaux et politiques. Le résultat est que, sur la base de ces éléments organisés, se sont constitués les Comités populaires pour la direction de l'activité de masse dans les différents domaines. Ces formes organisationnelles se sont solidement établies dans les rangs du peuple, de sorte qu'il est devenu difficile de les distinguer. Notre peuple a appliqué de façon créatrice le principe du poisson dans l'eau. D'autre part, et par suite de la consolidation du caractère organisé de l'Intifada, il n'est plus possible à quiconque de prétendre qu'elle est spontanée, comme ont cherché à le faire à ses débuts les forces ennemies de notre peuple. * ques pour porter atteinte à l'unité du peuple palestinien. Nous, FPLP, avons lancé au cours de la 19e session extraordinaire du Conseil national palestinien (CNP) à Alger, en novembre 1988, le mot d'ordre de "Révolution jusqu'à la victoire, unité jusqu'à la victoire".
2— Sur le plan israélien : l'Intifada a pu provoquer de nombreux effets économiques et sociaux, psychologiques, militaires et politiques. Au niveau économique, par exemple, le taux de croissance du Produit intérieur brut (PIB) israélien a commencé à baisser, au point que ce PIB n'augmente plus, même de façon minimale. Les pertes économiques israé-
1) L'accord d'Amman a été conclu, en février 1985, entre le roi Hussein de Jordanie et le chef de l'OLP, Yasser Arafat. Il prévoyait une délégation commune jordano-palestinienne à des négociations de paix avec Israël devant déboucher, en cas de retrait israélien des territoires occupés en 1967, sur une confédération jordano-palestinienne. Le roi Hussein dénoncera lui-même l'accord, un an plus tard, jugeant qu'il pouvait désormais se passer de l'OLP (voir Inprecor numéros 243 et 244 des 25 mai et 8 juin 1987).
= DOSSIER PALESTINE liennes dues à l'Intifada sont estimées à 5 millions de dollars par jour. Au niveau militaire, les chefs de l'armée israélienne reconnaissent maintenant qu'ils sont incapables de venir à bout de l'Intifada. Les cas de refus de servir dans les territoires occupés se sont multipliés. Au niveau politique, des mouvements de protestation et de contestation sont apparus. Les effets de l'Intifada ont atteint quelques petits partis politiques représentés au Parlement israélien. L'embarras politique s'est répété plus d'une fois au sein du gouvernement de coalition, et les divergences sont parvenues au sein même des deux grands partis politiques : le Parti travailliste et le Likoud.
En résumé, je peux dire qu'un courant est apparu au sein d'Israël revendiquant la paix et la réalisation des droits du peuple palestinien. En mentionnant cette réalité, nous n'ignorons pas que l'attitude israélienne générale reste intransigeante au sujet de la paix, et même que les sondages d'opinion en Israël indiquent généralement une tendance vers l'extrême droite en ce qui concerne les droits du peuple palestinien.
3- Sur le plan international, de nombreux acquis ont été réalisés. En plus de la reconnaissance par de nombreux gouvernements de l'Etat de Palestine proclamé le 15 novembre 1988, et des nombreuses démonstrations d'un large soutien de masse à l'Intifada et à la lutte du peuple palestinien auxquelles on a assisté dans beaucoup de pays et notamment en Europe, l'Intifada a pu frapper fortement aux portes de l'ONU. L'Assemblée générale de celle-ci a adopté plusieurs résolutions soutenant, d'une part, les droits du peuple palestinien et stigmatisant, d'autre part, les agissements sionistes. De même, le Conseil de sécurité a adopté quelques résolutions importantes, parmi lesquelles je tiens à citer la résolution 605.
Celle-ci, en effet, a désigné les territoires occupés, pour la première fois, comme territoires palestiniens, et a souligné la nécessité du retrait israélien de tous ces territoires, alors que la résolution 242 du Conseil de sécurité, adoptée à la suite de la guerre de 1967, désignait les territoires occupés uniquement comme ceux qu'occupe Israël, sans autre identification, et appelait au retrait "de territoires occupés" et non de tous ces derniers. Ajoutons que la réalité de l'existence du peuple palestinien et la justesse de sa cause sont devenues plus évidentes qu'elles ne l'ont jamais été depuis la déclaration Balfour (2).
4— Les acquis dans le cadre arabe ont été les moindres, malgré la reconnaissance par les Etats arabes de l'Etat de Palestine, malgré la tenue des sommets arabes d'Alger et de Casablanca consacrés à l'Intifada, malgré la rupture des liens entre la Jordanie et la Cisjordanie (3) et malgré les nombreuses résolutions adoptées par les deux sommets pour soutenir l'Intifada politiquement, financièrement et dans le domaine de l'information. L'ensemble des résolutions est resté, en fait, sur le papier. Pis encore, certains régimes arabes, comme l'Egypte, qui ont reconnu l'Etat palestinien, ont vidé par la suite leur engagement de son contenu en entamant des tractations avec des projets américains et sionistes ou en proposant leurs propres projets, qui ne mentionnent ni de près ni de loin l'Etat palestinien et se rapprochent des accords de Camp David (4) qui n'accordaient aux Palestiniens qu'un droit à l'autonomie, sans indépen-
Voilà pour les gouvernements arabes. Sur le plan arabe populaire, le bilan n'a pas été meilleur. Je regrette de dire que, malgré quelques mobilisations de masse en soutien à l'Intifada, que nous apprécions, les démonstrations de soutien et d'appui populaires arabes ont été très restreintes. La responsabilité en incombe aux composantes du mouvement de libération nationale arabe qui se sont trouvées, ou se sont mises dans une situation où elles ne peuvent pas remplir leurs devoirs nationaux de soutien à l'Intifada et à la lutte du peuple palestinien.
En tout état de cause, l'ensemble des acquis réalisés par l'Intifada nous a amené à la conclusion suivante : l'établissement de l'Etat palestinien est passé du domaine de la possibilité historique à celui de la possibilité factuelle. C'est-àdire que l'établissement de cet Etat est devenu possible dans l'avenir prévisible. C'est sur cette base qu'il a été possible, lors de la 19e session du CNP, de proclamer la fondation de l'Etat palestinien, le 15 novembre 1988.
Il faut néanmoins attirer l'attention sur le fait que nous, au FPLP, avons distingué entre la proclamation de cet Etat
2) La déclaration de Lord Balfour au nom de sa majesté britannique, en novembre 1917, accordait au mouvement sioniste l'autorisation d'établir un "foyer national juif" en Palestine, territoire qui allait passer nous mandat colonial britannique à la fin de la première mondiale.
3) Le 31 juillet 1988, face à la vigueur de l'Intifada en Cisjordanie qui, jusqu'en 1967, avait été annexée par la Jordanie, le roi Hussein décida de palestinien et son établissement réel sur le terrain. Nous avons affirmé, dès le départ, que la réalisation matérielle complète du mot d'ordre de liberté, indépendance et Etat palestinien, était une tâche de longue haleine exigeant encore plus de luttes et de sacrifices. Nous avons affirmé cela, car nous connaissons bien la nature de l'ennemi que nous affrontons, un ennemi sioniste, réactionnaire, colonialiste, fasciste, expansionniste, qui ne peut reculer ou renoncer à ses objectifs facilement.
Sur cette base, nous, au FPLP, étions réservés en ce qui concerne les concessions faites, et notamment les concessions gratuites, non compensées par une concession de l'ennemi. Nous avons insisté plus d'une fois, en particulier lors de la 19e session du CNP, sur la nécessité de se fonder sur l'Intifada, sur les masses de notre peuple et sur tous nos amis aux niveaux arabe et international, pour susciter un changement du rapport de forces obligeant l'ennemi à reculer, à faire des concessions et à accepter le règlement politique.
« Intensifier l'Intifada »
Partant, notre intérêt essentiel s'est toujours concentré sur les tâches de développement et d'intensification de l'Intifada par tous les moyens. Ces tâches, à notre avis, se résument ainsi :
1- La radicalisation de l'Intifada : nous entendons par ceci la consolidation de l'implantation de la DPU dans toutes les parties des territoires palestiniens occupés, et ce par la construction de branches de la DPU dans toutes les régions ainsi que par l'unification des organisations de masse palestiniennes, de manière à achever l'organisation sur les deux plans régional et syndical à la fois. S'y ajoute l'action pour l'extension des Comités populaires sous toutes leurs formes jusqu'à couvrir toutes les régions. En d'autres termes, il s'agit de consolider l'unité du peuple et son ralliement autour de la DPU. « rompre les liens légaux et administratifs entre les deux rives du Jourdain », c'est-à-dire d'abandonner ses prétentions à récupérer la Cisjordanie pour son propre royaume.
4) Les accords de Camp David ont été conclus, en 1978, entre le président égyptien Sadate, le Premier ministre israélien Begin et le président américain Carter. Ils ont ouvert la voie au traité de paix égypto-israélien signé en 1979.
A cet égard, il faut œuvrer pour que les forces palestiniennes qui sont encore en dehors du cadre de la DPU s'y joignent. Nous visons par là, plus précisément, le Mouvement de la résistance islamique (Hamas) avec lequel l'action commune a pris jusqu'ici la forme d'une coordination sur le terrain. Notre ambition est que Hamas devienne une composante de la DPU : ceci est possible si l'on considère la nécessité de s'entendre sur l'affrontement de l'occupation et de laisser de côté toutes les divergences idéologiques. En tous cas, nous nous efforçons de rassembler toutes les masses organisées autour de la DPU.
2 L'intensification de l'Intifada : nous entendons par là son intensification sur les plans économique et militaire. Nous pensons que le fait d'infliger un surcroît de pertes économiques et humaines à l'ennemi sioniste constituera un facteur important pour l'obliger à reculer.
Dans ce domaine, notre peuple se retrouvera confronté à la nécessité objective de se défendre contre la répression sioniste quotidienne qui tue, blesse, emprisonne, déporte, détruit les maisons, etc. II lui sera ainsi légitime de prendre ses armes. D'autre part, nous ne porterions pas d'armes, n'étaient-ce l'intransigeance israélienne et le refus par le gouvernement israélien de se soumettre à la volonté de paix.
3— Le développement du soutien apporté à l'Intifada par les masses de notre peuple palestinien des territoires palestiniens occupés depuis 1948 et de la diaspora, sous toutes les formes politiques, matérielles et dans le domaine de l'information. A cet égard, nous nous concentrons en particulier sur le développement du soutien de notre peuple à l'intérieur de la "ligne verte" (5), de manière à élever progressivement le niveau de son soutien jusqu'au stade de son intégration à l'Intifada. En ce qui nous concerne, nous pensons que cette intégration est impossible aujourd'hui en raison des conditions objectives et subjectives qui diffèrent de celles des régions de 1967. Il faudra y arriver dans une étape ultérieure.
4- La protection politique de l'Intifada: notre peuple palestinien n'affronte pas seulement au quotidien la répression sioniste sous toutes ses formes; il affronte aussi les projets américainssionistes-réactionnaires qui visent à mettre un terme à l'Intifada sans qu'elle
ECOR
PALESTINE
BRESIL Ou va TOLP ?
La victoire
QU PT réalise son objectif de liberté et d'indépendance. Depuis la période où George Shultz était au Département d'Etat américain jusqu'à nos jours, notre peuple a mis en échec tous les plans ennemis. Aujourd'hui, il affronte les projets de Shamir, Moubarak et Baker. Nous sommes persuadés que l'unité de notre peuple fera échouer tous ces projets, comme pour les précédents.
5— La réalisation d'une réforme démocratique du cadre de l'OLP : nous pensons que l'Intifada offre l'occasion de rételle réforme. est inconcevable, après deux années d'Intifada que les bureaux, ambassades et institutions de l'OLP restent tels quels, incapables d'encadrer et de dynamiser plus de trois millions de Palestiniens de la diaspora qui n'accomplissent pas pleinement leur devoir de soutien à l'Intifada.
6— Sur le plan israélien, il nous faut resserrer les liens avec l'ensemble des forces juives non sionistes qui soutiennent les droits du peuple palestinien, ainsi qu'avec les mouvements de protestation qui s'opposent aux méthodes terroristes de la répression sioniste.
7— Sur le plan arabe, nous agirons à deux niveaux : gouvernemental et populaire. Au premier niveau, nous œuvrerons à mettre les Etats arabes face à leurs engagements de soutien à l'Intifada pris aux sommets d'Alger et de Casablanca. Je précise, à ce sujet, que les Etats arabes doivent, au moins, dire à l'administration américaine que ses relations avec eux dépendent de son attitude envers l'Intifada. L'administration américaine doit savoir que ses intérêts dans la région arabe sont en danger tant qu'elle soutiendra Israël et
DOSSIER PALESTINE = Quant au niveau populaire arabe, il faut que le mouvement de libération arabe intensifie sa solidarité avec l'Intifada par tous les moyens. Nous espérons que le deuxième anniversaire de l'Intifada sera l'occasion pour les organisations concernées de le faire. Nous sommes en droit de leur demander : pourquoi n'ont-elles pas été à la hauteur de l'Intifada ?
8- Au niveau international, nous avons la possibilité évidente d'obtenir de nouvelles reconnaissances de l'Etat de Palestine. Il y a l'invitation au dialogue euro-arabe lancée par le président François Mitterrand, qu'il nous faut mettre à profit pour regrouper les efforts en vue d'une conférence internationale avec la participation de l'OLP comme partie indépendante, et des cinq Etats membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU. Ajoutons à cela l'importance de la pression sur Israël dans les domaines de l'information et de l'économie, ainsi que sur l'administration américaine pour modifier sa position de soutien absolu à Israël, de même que la nécessité de continuer à entretenir l'opinion publique internationale qui soutient l'Intifada et condamne les pratiques répressives sionistes.
Telles sont les tâches dont la réalisation permettra l'établissement de l'Etat palestinien dans la prochaine étape.
• Quel bilan faites-vous des options politiques de la direction de l'OLP, un an après la dernière session du CNP ?
Comment évaluez-vous les conséquences de l'acceptation de la résolution 242 du Conseil de sécurité de
L'ONU ? Où mèneront, d'après vous, ces concessions, et d'autres concessions qui seraient éventuellement faites aux Etats-Unis et à l'Etat sioniste?
J'aimerais d'abord clarifier la position que nous avons adoptée lors de la session du CNP au sujet de la résolution 242 et de son acceptation comme base du règlement politique. Sans aucun doute, nous prenons en considération l'importance de l'opinion publique mondiale pour notre cause et nous soulignons constamment dans nos publications l'importance de l'échelon international : nous ne vivons pas isolés du monde, de ses changements et de ses aftitudes. C'est pourquoi nous avons dit : l'OLP doit mettre à profit la légalité internationale, c'est-à-dire les réso-
5) La "ligne verte": nom donné à la frontière qui séparait, jusqu'en 1967, l'Etat d'Israël de la Cisjordanie.
= DOSSIER PALESTINE lutions de l'ONU relatives à la question de la Palestine et du Moyen-Orient.
On sait que ces résolutions reconnaissent l'OLP, la conférence internationale, ainsi que les droits du peuple palestinien, y compris le droit au retour, à l'autodétermination et à l'établissement de l'Etat palestinien indépendant. La résolution 242, par contre, ne reconnaît pas le peuple palestinien et traite les Palestiniens uniquement comme des réfugiés, dont le problème doit être réglé. Par conséquent, cette résolution à elle seule, séparément des autres résolutions de l'ONU, ne suffit pas, à notre avis, pour régler le conflit. La question que nous nous sommes posée au
CNP était : pourquoi nous limiter à une résolution dépassée par la légalité internationale elle- même ?! Après cela, nous avons vu la direction de l'OLP faire de nouvelles concessions gratuites.
Aujourd hui, un an après la session du CNP, nous nous demandons : quels étaient les résultats tangibles de la politique suivie par la direction de l'OLP ?
Nous ne nions pas qu'il y ait eu des effets et des changements dus à cette politique, sans oublier cependant que la raison fondamentale du changement est l'Intifada elle-même. C'est l'attitude européenne, par exemple, qui a été principalement modifiée;
ainsi que le début du dialogue américain-palestinien. Mais on ne peut juger des résultats uniquement par rapport à la position européenne ou au dialogue avec les Etats-Unis. L'Europe qui appelle à une conférence internationale, par exemple, n'a pas pu passer outre la position américaine qui continue à tergiverser au sujet de cette conférence et à œuvrer pour des négociations bilatérales et des règlements séparés.
L'attitude israélienne est plus importante que tout cela. Le gouvernement israélien persiste jusqu'à maintenant dans son attitude intransigeante de refus de reconnaissance de l'OLP, de la conférence internationale et des droits du peuple palestinien.
Nous sommes au courant des changements positifs survenus en Israël aux deux niveaux, civil et politique; toutefois, la tendance générale de l'opinion publique israélienne, en revanche, est de avons toujours su quelle est la nature de gratuites ne poussera pas l'ennemi à faire des concessions et à reconnaître nos tensification sans cesse croissante. Il y a 20 ans 5 1967 la guerre des six jours
La résistance syndicale en Afrique du Sud l'OLP comme de cesse, après les concessions que lui a faites l'OLP, d'exiger de nouvelles concessions. Hélas, la direction de l'OLP, après avoir accepté la résolution 242, a fait de nouvelles concessions, telles que la reconnaissance d'Israël, la renonciation au "terrorisme" et la déclaration que la Charte nationale était "caduque". Et pourtant, l'administration américaine persiste dans son attitude, de même que l'establishment israélien. il pas permis de nous interroger sur l'utilité de cette politique ? Ne sommes-nous pas en droit de dire que cette politique plus en plus extrémiste et droitière. Nous l'ennemi sioniste, de son idéologie et de sa politique concrète fondée sur les profits matériels tirés de l'occupation. Nous avons dit que la politique des concessions droits. Ce qui l'oblige à venir au règlement politique, c'est l'Intifada et son in-
De même, l'administration américaine, qui a commencé son dialogue avec
(nous considérons le dialogue dialogue un acquis positif pour nous), n'a
A la lumière de tout cela, ne nous estcrée la confusion dans les rangs de nos masses, ainsi que dans les rangs des masses arabes ?! Ne sommes-nous pas en droit de dire : la politique des concessions gratuites a affaibli et continue d'affaiblir notre demande d'isolement d'Israël ?! En toute gravité et responsabilité, nous souhaitons que la direction de l'OLP considère ces résultats pour qu'elle en tire les leçons et les enseignements, adopte vis- à-vis de l'administration américaine et du gouvernement israélien, une attitude ferme, et concentre de nouveau le maximum de ses efforts sur le développement et l'intensification de l'Intifada qui a réalisé nos plus grands acquis.
Ceci dit, il m'importe de préciser que ce désaccord au sein de l'OLP ne nous empêche pas d'indiquer les éléments de l'unité en en son sein. La résolution du
CNP relative à la résolution 242 du Conseil de sécurité n'est pas la seule. Il y aussi les résolutions d'unanimité nationale au sujet de la proclamation de l'Etat palestinien, et celles portant sur le soutien à l'Intifada et sur son développement. De même, l'unité sur le terrain dans le cadre de la
DPU, à l'intérieur du territoire occupé, est forte et bien ancrée.
• Comment jugez-vous le rôle des régimes égyptien et jordanien, ainsi que les relade l'OLP avec tions eux deux? Quelles sont les tâches qui incombent au mouvement palestinien en
Jordanie?
Dans la phase actuelle, le régime jordanien est moins dangereux pour la cause palestinienne que le régime égyptien. Avant la rupture des liens entre la Jordanie et les territoires occupés, le régime jordanien représentait un danger pour la cause. Il se présentait comme une solution de rechange par rapport à l'OLP quant à la représentation du peuple palestinien, et se considérait comme détenteur de droits légitimes sur les territoires au cas où Israël y renoncerait.
C'est pourquoi il a préparé et entrepris plusieurs tentatives pour frapper l'OLP et prendre sa place, ou s'y associer. L'option jordanienne est restée, jusqu'au début de l'Intifada, dans l'esprit des Etats-
Unis, d'Israël et de la réaction arabe.
C'est sur cette base que nous avons combattu, quant à nous, l'accord d'Amman que nous avons considéré comme une violation du principe selon lequel l'OLP
est seule représentante du peuple palestinien, et une renonciation au programme de l'étape, celui de l'établissement de l'Etat palestinien. L'accord signifiait que le régime jordanien partageait avec l'OLP la représentation du peuple palestinien, et remplaçait l'objectif de l'Etat palestinien par celui de la confédération jordano-palestinienne. Nous avons aussi combattu le sommet arabe d'Amman de novembre 1987 qui a tenté d'orienter l'évolution politique en direction de l'option jordanienne. Cependant, l'Intifada, après avoir imposé au roi Hussein la rupture des liens avec la Cisjordanie, a éloigné le danger jordanien, d'autant plus que l'OLP a relevé le défi du régime s' Amman en se considérant responsable des territoires occupés et en proclamant l'Etat palestinien.
* La solution véritable de la question palestinienne est la libération de toute la Palestine »
• A quelles forces à l'intérieur de l'Etat sioniste, le mouvement palestinien doit-il s'adresser, selon vous?
Comment jugez-vous le choix de dialoguer avec des sionistes ?
Comme je l'ai dit précédemment, nous nous adressons aux forces démocratiques juives non sionistes, celles qui soutiennent nos droits nationaux légitimes, et nous refusons que l'on s'adresse aux forces sionistes. Le sionisme, comme vous savez, est un mouvement raciste, colonialiste et expansionniste. Nous fondons notre opposition au sionisme sur la résolution 3379 de l'Assemblée générale de l'ONU qui considère le sionisme comme une forme de racisme et de discrimination ethnique.
Nous estimons que la rencontre avec des forces sionistes, outre que nous la refusons par principe, est tactiquement dangereuse. Par exemple, quelques Etats africains qui avaient rompu leurs relations avec Israël après la guerre de 1973, les ont rétablies après que l'Egypte eut reconnu Israël.
Notre devoir, et celui de tous nos amis, est d'isoler le sionisme et non de rompre son isolement en contactant diverses forces sionistes. Je rappelle à ce sujet que l'OLP a établi de nombreux contacts avec des forces sionistes, et que nous avons considéré que cela constituait une violation des résolutions duCNP qui restreignent les relations aux forces démocratiques juives.
Ceci dit, nous n'excluons pas la possibilité que le régime jordanien tente à nouveau de supplanter l'OLP ; mais nous ne ressentons pas ce danger aujourd'hui.
A notre avis, le régime égyptien est plus dangereux à présent. Le danger qu'il représente provient du rôle qu'il joue actuellement pour mettre un terme à l'Intifada. C'est ce régime qui a formulé, en 1988, un projet consistant à échanger l'arrêt de l'Intifada contre la cessation de l'implantation de colonies en Cisjordanie. C'est lui qui a formulé le projet en dix points qui ne diffère pas en substance du "plan Shamir", et qui ne reconnaît ni l'OLP, ni la conférence internationale, ni les droits du peuple palestinien. Ajoutez à cela les pressions exercées par Hosni Moubarak et son régime sur l'OLP. *
• Quelles sont, à votre avis, les conditions fondamentales d'une solution véritable de la question palestinienne?
Et quelles sont les tâches de la gauche palestinienne par rapport à ces objectifs?
D'abord, la solution véritable de la question palestinienne est la libération de toute la Palestine. C'est un objectif stratégique qui ne nous empêche pas de voir la nécessité d'objectifs intermédiaires. Nous n'assignons pas à l'Intifada la tâche de réaliser tous nos objectifs d'un seul coup. L'Intifada a mis le projet de l'Etat palestinien à l'ordre du jour. Quant au projet de l'Etat démocratique comprenant les Palestiniens et les Juifs, l'Intifada ne peut le réaliser à elle seule. En effet, nous désirons un Etat démocratique palestinien qui soit un modèle de coexistence pour toute l'humanité. Les conditions de réalisation de cet Etat démocratique différent de celles de l'Etat palestinien dans les territoires occupés. La principale condition pour réaliser l'Etat démocratique est la lutte judéo-palestinienne commune pour le réaliser.
Nous croyons que la création d'un Etat palestinien actuellement nous ouvrira de nouvelles perspectives pour l'avenir, des perspectives pour lesquelles agiront ensemble Arabes et Juifs. Pourquoi donc insistons-nous sur la libération de la Palestine et la réalisation de notre objectif stratégique d'établir un Etat palestinien démocratique ? Parce que nous considérons l'Etat d'Israël comme la matérialisa-
DOSSIER PALESTINE =
Correspond ance de presse internationale
PALESTINE Quatrième mois de soulèvement tion de l'idéologie sioniste et de son projet de colonialisme de peuplement et d'expansionnisme dans la région arabe. Israël étant tel, il n'est pas possible de coexister avec lui, à notre avis. Ajoutez à cela qu'Israël n'est pas seulement un danger pour le peuple palestinien dont il a usurpé la terre, mais aussi un danger pour l'ensemble des peuples arabes.
En plus de son appropriation du territoire palestinien, Israël occupe encore des terres de Syrie et du Liban, et a même annexé officiellement le plateau syrien du Golan par décision du Parlement. Sans parler, bien entendu, du rôle stratégique que joue Israël régionalement et mondialement, en tant que petit partenaire de l'impérialisme américain. Je peux affirmer, en outre, que la création de l'Etat d'Israël n'a pas résolu et ne résoudra pas la question juive. Israël est aujourd'hui un grand ghetto, et la plupart des juifs du monde n'y ont pas émigré et se sont intégrés aux pays qu'ils habitent. Le marxisme a présenté l'assimilation comme solution à la question juive ; nous présentons aussi l'Etat démocratique comme solution. Quant à la solution présentée par le sionisme à travers la création de l'Etat d'Israël, ce n'est qu'une mystification qui n'a pas résolu la question juive en pratique.
• Quelles devraient être, à votre avis, les priorités pour le mouvement international de soutien à la lutte palestinienne?
Dans cette phase de la lutte nationale palestinienne, tous nos amis dans le monde, après avoir proclamé et pratiqué leur soutien et leur appui au peuple palestinien, à l'OLP et aux droits du peuple palestinien, doivent passer à une position supérieure. Ils doivent dénoncer les prati-
= DOSSIER PALESTINE ques sionistes répressives et fascistes, ainsi que l'attitude israélienne intransigeante qui refuse de reconnaître l'OLP, la conférence internationale et les droits du peuple palestinien, dont au premier chef le droit au retour, à l'autodétermination et à l'Etat palestinien. En somme, dénoncer l'attitude israélienne de refus de la paix.
Comme l'intransigeance israélienne persiste et comme il est prévu qu'elle continue à défier la volonté et la légalité internationales, l'ensemble des forces amies doivent agir, sérieusement et activement, pour traiter Israël comme elles traitent l'Afrique du Sud aujourd'hui. Je veux dire par là, isoler Israël et le boycotter, y compris en demandant à tous les Etats de boycotter Israël économiquement pour qu'il soit dissuadé et se soumette à la volonté de paix.
Je me rappelle à ce sujet ce qu'a dit le ministre des Affaires étrangères de l'URSS, Edouard Shevarnadzé, qui a mis en garde Israël, lors d'une tournée au Moyen-Orient, de ne pas se retrouver, en refusant de répondre positivement à la volonté internationale, dans une position identique à celle de l'Afrique du Sud aujourd'hui, c'est-à-dire une position de condamnation, de boycott et d'isolement.
D'autre part, tous nos amis ont le devoir de soutenir l'Intifada par tous les moyens : politiques, matériels, et au niveau de l'information. Je n'exige peutêtre pas trop en demandant à nos amis dans le monde d'agir pour soutenir l'Intifada, comme ils l'ont fait au cours de ses premiers mois. Peut-être est-il utile de souligner que l'Intifada ne doit pas se transformer en événement routinier dans l'agenda de nos amis, qui ne s'en occuperaient alors qu'en certaines occasions. La lutte de notre peuple, ses sacrifices et ses souffrances doivent inciter tous nos amis à trouver tous les moyens originaux, quotidiens et sans cesse répétés, pour soutenir l'Intifada. Je suis persuadé cette tâche recevra toute l'attention requise de nos amis. A titre d'exemple, les formes organisationnelles larges et démocratiques, soutenant les droits du peuple palestinien et l'OLP et dénonçant les politiques israélienne et américaine, sont une tâche urgente et immédiate.
Damas, 25 novembre 1989 Propos recueillis par Salah Jaber
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