En qui
EST-IL nécessaire de préciser que L'i notre choix du FPLP pour Inprecor n'est pas le fruit du hasard, mais bien un choix délibéré, dicté par l'appréciation que nous portons sur cette organisation ? Le FPLP, en effet, est la principale formation de la gauche palestinienne et compte dans ses notamment en Palestine même, la majeure partie des militant(e)s les plus radicaux de la lutte palestinienne. C'est pourquoi le dialogue est possible et nécessaire avec le FPLP, y compris avec sa direction.
Certes, nous sommes loin de partager avec le Dr Habache le même cadre programmatique et théorique ou les mêmes choix politiques, au delà des convergences naturelles entre ceux qui militent contre l'impérialisme, le sionisme et les régimes arabes dépendants des EtatsUnis. Sur le plan de la méthode générale, le chef du FPLP a beaucoup plus en commun avec la mouvance traditionnellement liée à Moscou qu'avec nous. On s'en rend compte, par exemple, dans la manière dont il gomme, au début de sa contribution, les différences dans l'attitude des diverses classes et couches sociales des territoires occupés par rapport à l'Intifada, au nom de la lutte nationale. La comparaison entre l'appréciation qu'il porte et l'analyse d'un marxiste palestinien que 24= se de dialogu e Dr Habach
¡terview qui précède a été réalisée à dista
Nous avons transmis au Dr Habache les thèmes que nous souhaitions le voir traiter ;
il nous a expédié ses réponses. Il ne nous a donc pas été possible d'avoir un dialogue direct avec le chef du FPLP, comme nous l'aurions aimé.
Nous nous contenterons done de ces quelques commentaires sur la contribution du Dr Habache, de manière à nourrir un dialogue que nous espérons avoir l'occasion de poursuivre.
Salah JABER nous avons publiée il y a un an (1), est tout à fait éloquente à cet égard.
De même, nous avons déjà eu l'occasion de critiquer, dans notre série d'articles de l'année dernière (2), la façon dont le FPLP, ainsi que les autres fractions de la gauche de l'OLP, avalent les couleuvres que leur sert en permanence la direction droitière de l'Organisation, au nom de l'unité nationale. A ce propos, nous aurions bien aimé interroger le Dr
Habache sur le moyen par lequel il envisage de réaliser la cinquième des tâches qu'il cite, à savoir la réforme démocratique du cadre de l'OLP. La majorité que détient la direction Arafat, au sein de celle-ci, étant institutionnelle et inamonee. vible, la tâche fixée par le chef du
FPLP a tout l'air d'un vœu pieux. Tout comme le souhait qu'il exprime, « en toute gravité et responsabilité », de voir la direction de changer d'attitude, n'est qu'une prière impuissante, du moment qu'il ne se donne pas les moyens de peser efficacement sur cette attitude. Si le prix que la direction Arafat doit payer pour ses concessions en chaîne aux ennemis du peuple palestinien, du côté de celui-ci, n'est autre que les critiques feutrées des fractions de gauche, elle ne se gênera pas pour continuer. La gauche palestinienne doit montrer sa détermination à s'ériger en direction de rechange pour la lutte des masses, tout en maintenant l'unité d'action avec la droite chaque fois que cela est possible. Il ne s'agit d'ailleurs pas seulement de peser efficacement sur l'attitude de la droite, mais bel et bien de battre en brêche son hégémonie sur le mouvement des masses et d'avancer sur la voie de la construction d'une direction palestinienne majoritaire, totalement indépendante des régimes féodaux et bourgeois arabes et exprimant le point de vue des prolétaires et semi-
1) Voir "Les forces sociales des territoires" dans Inprecor numéro 282 du 20 février 1989
2) Voir Inprecor numéros 280, 281 et 282 des 23 janvier, 6 et 20 février 1989.
prolétaires qui constituent l'écrasante majorité du peuple palestinien.
Partant, il nous semble tout à fait contraire à l'intérêt réel de la gauche palestinienne de dissoudre entièrement ses ambitions de direction de la lutte des masses dans des cadres qu'elle sait pertinemment, et pour cause, être solidement dominés par la droite. Cela s'applique à l'OLP ; mais c'est aussi le cas de la DPU, la direction de l'intérieur qui, comme on sait, a été placé sous le contrôle de la direction extérieure de l'OLP (3). Or le Dr Habache met beaucoup plus l'accent sur le rôle de la DPU que sur celui des Comités populaires qui, pourtant, sont le véritable moteur, à la base, de l'Intifada, outre qu'il s'agit de la forme d'organisation la plus démocratique que le mouvement des masses palestiniennes se soit jamais don-
Le danger de l'intégrisme
Quant à l'invitation pressante faite par le chef du FPLP au mouvement intégriste islamique Hamas de se joindre à la DPU, elle témoigne, à notre avis, d'une myopie politique qui pourrait s'avérer néfaste à moyen terme. Hamas, dont l'idéologie est foncièrement réactionnaire et fanatique, voire raciste, a refusé jusqu'à présent de participer à la DPU, entre autres raisons parce que le Parti communiste palestinien en fait partie ! Ce courant représente un grave danger pour l'avenir de la lutte palestinienne, bien plus grave que celui que peut représenter la droite traditionnelle. Hamas, qui exploite judicieusement les concessions et capitulations de cette dernière, se présente comme une direction de rechange qui se propose de supplanter toutes les autres fractions.
Par son radicalisme anti-israélien, qui s'apparente à un fanatisme moyenâgeux, et les critiques acerbes qu'il formule haut et fort à l'encontre de l'OLP, le mouvement intégriste gagne de plus en plus de terrain parmi les Palestiniens, et non seulement en Palestine. Il constitue potentiellement un ennemi mortel pour la gauche palestinienne, comme le même mouvement l'a amplement démontré dans d'autres pays de la région. Il constitue aussi l'ennemi idéal pour la droite sioniste, un ennemi qui peut lui rendre beaucoup plus aisée la tâche de souder la population israélienne en un bloc compact anti-
Tout en ne rejetant pas a priori l'unité d'action ponctuelle avec Hamas dans le cadre de l'Intifada, il est d'une importance vitale pour la gauche palestinienne qu'elle mène contre ce courant une lutte idéologique et politique sans ménagement. Ceci comprend la nécessité de dénoncer les nombreuses ambiguïtés des rapports passés et présents de
Hamas, et des
Frères musulmans dont il est l'émanation, avec les autorités sionistes.
Il faut mettre les masses palestiniennes garde contre la mystification que propage le courant intégriste, et non donner à ce courant un surcroît de crédibilité en le faisant participer à la direction de la lutte. Le Dr Habache peut juger que, sur plusieurs questions, l'attitude de
Hamas lui semble plus en résonance avec celle du FPLP que ne l'est celle de la direction de l'OLP. Ce serait faire bien peu de cas des considérants de chaque position, et de ce qui est proposé par chacune à la place de ce qu'elles rejettent apparemment en commun.
Malheureusement et paradoxalement, certaines positions qui singularisent Hamas parmi les forces agissantes sur le terrain, sont tout à son avantage à long terme. C'est le cas du rejet par les intégristes de la "conférence internationale" en tant qu'instance pour le réglement du problème palestinien. Cette conférence — qui, selon le projet de l'OLP, placerait les négociations entre les
Palestiniens et les Etats arabes, d'une part, et le gouvernement israélien de l'autre, sous l'égide des cinq grandes puissances - est en contradiction avec le droit le plus élémentaire du peuple palestinien à l'autodétermination. Elle ne saurait déboucher sur l'Etat indépendant auquel aspirent les Palestiniens.
Pour une conférence internationale ?
Le Dr Habache ne semble d'ailleurs pas s'apercevoir qu'il est incohérent d'expliquer que ce ne sont pas les concessions de l'OLP qui ont permis de réaliser les acquis, mais bien l'Intifada, et que la direction de l'OLP devrait plutôt concentrer ses efforts sur l'intensification du soulèvement, alors qu'il appelle, par ailleurs, à
« regrouper les efforts en vue d'une conférence internationale », et ce avec
Mitterrand et ses partenaires européens de surcroît ! A moins de croire très naïvement que la conférence en question viendra tout naturellement confirmer les acquis réalisés par l'Intifada...
Nous avons été bien surpris, d'autre part, de voir le Dr Habache esquiver notre
DOSSIER PALESTINE =
MANDON
LEBANON WAR ANNOUNCES RISE OF EXPLOSIVE CRISES IN MIDDLE EAST Rebuilding Solidarnosc: A Dossier question sur les tâches du mouvement palestinien en Jordanie, sous prétexte que le régime du roi Hussein ne représente plus un danger immédiat "pour la cause palestinienne" depuis qu'il s'est désisté de la Cisjordanie. Etrange réponse de la part d'un homme qui, pour avoir longtemps milité en Jordanie, sait pertinemment que le nombre des Palestiniens qui y vivent est plus élevé que celui des habitants de Cisjordanie, et qu'ils y subissent une répression encore pire que celle qu'exerce l'occupation sioniste.
Etrange réponse de la part d'un protagoniste direct des batailles de 1970, au cours desquelles le pouvoir jordanien a massacré bien plus de Palestiniens que ne l'a fait le pouvoir sioniste en Etrange réponse, enfin, de la part de quelqu'un qui aspire à un Etat palestinien indépendant, sans abdiquer la lutte antisioniste : n'est-il pas évident, ne serait-ce que pour des raisons géographiques, qu'aucune indépendance de la Cisjordanie vis-à-vis de l'Etat sioniste n'est concevable si elle ne s'appuie pas sur la Jordanie ?
Notons enfin que si le chef du FPLP se juge en droit de demander aux organisations du mouvement de libération arabe « pourquoj a'ont-elles pas été à la hauteur de l'Intifada? » et de leur attribuer la responsabilité de cette carence, celles-ci sont au moins tout autant en droit de re-
3) Les rapports entre la DPU et l'OLP sont décrits dans Inprecor numéro 282 du 20 février 1989.
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= DOSSIER PALESTINE jeter une grande partie de cette responsabilité sur le mouvement de libération palestinien qui a privilégié et continue à privilégier ses rapports avec les régimes arabes, y compris les plus pourris.
Il nous suffira de rappeler à cet égard comment la dernière session du Conseil national de l'OLP, réunie à Alger en novembre 1988 moins d'un mois après la répression de l'Intifada algérienne dans un bain de sang, a salué dans une belle et touchante unanimité « le président combattant Chadli Bendjedid » ! Sans parler du ferme soutien apporté au tyran irakien, Saddam Hussein, ou du grand service rendu au régime égyptien par la direction de l'OLP qui a rompu, la première, le boycott officiel arabe consécutif à la signature par Le Caire du traité de paix avec Israël.
C'est d'ailleurs là que réside ce qui est peut-être, au fond, la divergence principale que nous pouvons avoir avec la gauche de l'OLP : nous pensons que l'intérêt véritable de la lutte palestinienne est d'être en symbiose avec les luttes révolutionnaires des masses des pays de la région arabe, et non avec les gouvernements qui les oppriment. A court terme, cela fera moins d'argent dans les caisses des organisations palestiniennes, mais le peuple palestinien y trouvera certainement les seuls alliés stratégiques sur lesquels il peut vraiment et directement compter. *
12 janvier 1990
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Correspondance de presse internationale T4 noversbre 1900 Entre la Torah ISRAEL et l'intitada Vingt ans de lutte IRLANDE ANGLETERRE