Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

NICARAGUA

Que veulent les femmes ?

Inprecor n° 300, 12 janvier 1990 · p. 28 · 624 mots

Femmes Nicaragua

Dans le cadre de la campagne pour les élections du 25 février prochain au Nicaragua, Barricada a interrogé des femmes des différents partis en présence, afin de connaître ce qu'elles pensaient de leur condition au Nicaragua, dix ans après la révolution sandiniste. Aurora Lila Lacayo, du Parti démocrate de confiance nationale (PDCN-UNO) :

« Notre parti propose aux femmes, avant tout de sauver les valeurs morales qu'elles ont perdu depuis 10 ans. Le nombre de prostituées a énormément augmenté. La femme doit être réellement la protagoniste du changement au Nicaragua et à travail égal, son salaire doit être égal. La femme doit s'affirmer en tant que telle. Or, s'emparer d'un fusil, monter sur un tracteur, ou s'intégrer aux milices, ce n'est pas s'affirmer. (...) Quand la femme prend le fusil, elle abandonne son foyer, quand les enfants partent à la récolte de café comme main-d'œuvre gratuite du Front sandiniste, ils abandonnent aussi leur foyer. Notre parti défend le foyer et la première préoccupation de la femme doit être que mère, père et enfants forment une famille unie, en harmonie et en paix qui lui permette de se consacrer pleinement à son foyer. » l'Union nationale des étudiants, Front sandiniste de libération na-

« Nous n'avons pas perdu nos valeurs, tout au contraire, pour la première fois, nous avons les nôtres. Je ne pense pas que rentrer tard à la maison parce qu'on va à l'université ou qu'on reste dans un cercle d'études provoque la désunion de la famille. Il est certain que la famille est plus unie quand les jeunes ne sont pas au front ou encore aux récoltes de café pendant trois mois. Mais si nous n'étions pas passés par là, nous ne serions pas réunis aujourd'hui tout simplement parce que la guerre aurait continué et que nous n'aurions eu aucune possibilité de reprendre nos études.

« Les jeunes Nicaraguayennes constituent un électorat différent de celui des autres pays, tout d'abord parce que nous avons le droit de vote à 16 ans et ensuite parce que nous avons dû brûler des étapes à cause de la guerre,

NICARAGUA Que veulent les femmes ? des responsabilités qui nous incombent très jeunes dans la famille et au travail. Mais cela nous permet d'avoir une vision beaucoup plus vaste et plus forte de la vie. Les jeunes d'ici sont plus critiques et plus révoltés que les adultes et cela contribue à faire avancer la société. Il est donc logique que notre tendance électorale aille dans le sens d'un approfondissement du changement révolutionnaire et non du conservatisme. »

8 Mars: Nicaragua France Japon

Pologne

Journée internationale des femmes Socorro Medrano Reyes, du Parti conservateur démocrate du Nicaragua (PCDN) :

« Durant les 40 ans de la dictature somoziste, les Nicaraguayennes n'avaient aucune perspective. Nous étions fatiguées de notre rôle de maîtresses de maison. C'était inscrit dans notre culture : la seule chance pour une femme était de faire un bon mariage. Tout était conçu en fonction de cela, il était impensable, par exemple, qu'une femme se mêle de politique. Celle qui l'osait, était vraiment une héroïne, en rupture avec toutes les traditions et les préjugés.

«Je pense qu'en dix ans de révolution, les Nicaraguayennes ont évolué, elles ont une réflexion plus dynamique, elles participent davantage à la vie nationale, dans ses aspects socio-économiques et culturels.» Ivonne Siu, directrice de l'Institut nicaraguayen de la femme :

« Le niveau de conscience qu'ont acquis les femmes nicaraguayennes avec la révolution est suffisamment élevé pour que leurs choix politiques se fondent sur de bonnes raisons. Elles savent ce que les candidats ont à offrir, elles connaissent ceux qui mentent et ceux qui disent vrai, ceux qui dans le passé ont fait des promesses et ne les ont jamais tenues. »

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