L'INVASION du Caucase l'armée tsariste, au tout début du XIXe siècle, a ouvert une nouvelle page dans l'histoire de la région et des peuples azéris et arméniens. Le pacte de Türkmençay, en 1828, a attribué l'Arménie orientale et le nord de l'Azerbaïdjan à la Russie, alors que l'Azerbaïdjan du sud (qui forme les deux tiers de cette région) restait aux mains de l'Iran. Le peuple azéri (musulman chiite) a ainsi été coupé en deux parties.
Vers la fin du XIXe siècle, l'arrivée massive du capital russe et étranger a permis l'exploitation des riches ressources souterraines (notamment le pétrole) de la région et a engendré un certain développement économique. La bourgeoisie locale, qui venait de se constituer, ainsi que les propriétaires terriens étaient entièrement dévoués au régime tsariste. Mais le Caucase était sous l'égide d'un vice-roi (gouverneur de la région au nom du Tsar) qui tentait de l'administrer sur la base d'une division provinciale ne tenant absolument pas compte des particularités ethniques, religieuses ou régionales. L'oppression des peuples locaux ne faisait qu'attiser la conscience nationale.
"Réveil national"
Au début du XXe siècle, la Transcaucasie était totalement intégrée dans l'Empire russe. Tandis qu'au niveau politique, des branches locales des partis de Russie étaient constituées, au niveau culturel, des courants novateurs commençaient à former la conscience de leurs peuples dans le cadre d'un "réveil national". Mais l'antagonisme entre Arméniens et Azéris a souvent pris le dessus sur leur conflit commun avec les Russes, la nation dominante. Ainsi, la solidarité "naturelle" entre opposants au tsarisme laissait la place aux affrontements inter-ethniques.
Après l'invasion du nord de l'Azerbaïdjan par les Russes, les Arméniens (chrétiens grégoriens, rattachés à caucasien
La question caucasienne dans l'ancien empire par tsariste et l'Union soviétique d'aujourd'hui est marquée par la complexité extrême du mélange ethnique : plus d'une vingtaine d'ethnies y cohabitent (essentiellement les Arméniens, les Azéris et les Géorgiens).
Il est même impossible de délimiter exactement les frontières territoriales entre elles, notamment, en raison de la complexité de l'histoire du Caucase qui a subi une multitude d'invasions et d'occupations étrangères au long des siècles.
Il ne s'agit done pas d'une question nationale au singulier, mais de questions nationales au pluriel.
Fuat ORÇUN * l'Eglise d'Orient) de l'Empire ottoman et mondiale, étaient des réfugiés). Parallèlede l'industrie, ils s'installèrent massivefaisaient pourtant pas partie des terres historiques arméniennes.
Azerbaïdjan musulman, cette situation a le commerce et l'éducation déplaisait pro-
R.S.F.S.R.
GEORGIE
MER
NOIRE
TBILISSI
Акло котокі
ARMÉNIE
Abovian
TURQUIE
EREVAN
Monta
Ararat
NÀKHI
TCHẾYAN
Nakhlichevan
IRAN de Perse ont quitté ces pays musulmans où ils étaient opprimés, pour retourner dans la région. dans leurs territoires "historiques" (près de la moitié des 750 000 Arméniens du Caucase, à la fin de la Première guerre ment au développement du commerce et ment à Bakou et à Tbilissi (Tiflis) qui ne
Autant en Géorgie chrétienne qu'en créé des réactions semblables contre les Arméniens. Le fait qu'ils soient venus de l'extérieur et soient actifs dans l'industrie,
CASPIENNE AZERBAIDJAN Soumgait NAGORNY.
KARABAKH
UNION SOVIETIQUE fondément, tant aux bourgeoisies locales qu'aux couches les plus arriérées de la population. Au début du siècle, à Bakou, 29 % des 115 entreprises de la ville appartenait aux Arméniens et seulement 18 % aux Azéris. Même situation au niveau de la force de travail: 17,5 % du total des ouvriers et 25 % des ouvriers qualifiés étaient Arméniens. Par ailleurs, dans l'ensemble du Caucase, 39% de la population arménienne était citadine, alors que ce taux était beaucoup moins élevé pour les autres ethnies. La situation en Géorgie présentait beaucoup de similitudes, et l'expansion d'une bourgeoisie arménienne dominante, en l'absence d'une bourgeoisie géorgienne, ne faisait qu'attiser la haine anti-arménienne. Selon Staline, le sentiment anti-Arménien aurait précédé le sentiment anti-Russe
Pogroms
Par conséquent, la situation des Arméniens au Caucase devrait surtout être mise en rapport avec celle des Juifs d'Europe centrale et de Russie. Il serait donc profondémment erroné de réduire le conflit caucasien à un simple affrontement religieux. Il est indéniable que des massacres injustifiables de part et d'autre ont été perpétrés, tant par les Arméniens que par les Azéris. De semblables événements n'ont pas eu lieu en Géorgie (ce qui pourrait faire croire que la dimension religieuse était prédominante). Deux facteurs l'expliquent : Arméniens et Azéris vivaient ensemble sur des territoires qu'ils revendiquaient les uns et les autres, et par ailleurs, les Azéris manifestaient une sympathie évidente pour les Ottomans, de souche "turque" comme eux, qui étaient en conflit ouvert avec les Arméniens. Le fanatisme religieux n'a, en fait, joué qu'un rôle secondaire, comme élément d'ap-pui à un nationalisme réactionnaire des deux côtés. * Chercheur et militant arménien, diri de l'organisation de Turquie de la Ve Iner nationale.
UNION SOVIETIQUE
Du côté arménien, avec la formation de l'organisation nationaliste Dachnaksoutioun (les Dachnaks), à partir de 1890, le mouvement nationaliste a gagné en force et en dynamisme. La cible du mouvement était au départ l'Empire ottoman et la récupération des terres arméniennes qu'il occupait. Par la suite, la politique par les d'assimilation forcée menée
Russes a conduit à des actions contre les intérêts russes avec, notamment, un atten-
Le génocide des Arméniens
Pour l'aile ultra-nationaliste des
Jeunes-Turcs au pouvoir, les
Arméniens étaient le principal obstacle à la réalisation de leurs objectifs nationaux de conquête d'une "grande Turquie" (Touran)
incluant le Turkestan en Asie centrale. Par ailleurs, une politique
"d'économie nationale" visant à exproprier les minorités nationales pour développer une bourgeoisie
"turque" avait été initiée dès le début de la Guerre : jusqu'en 1915, 80 % des entreprises étaient aux mains des "minorités nationales" et le reste des "musulmans", mais ce taux a été renversé en peu de temps à partir de cette date !
Il faut aussi relier ce problème aux visées multiples des forces impérialistes lors de la guerre et leur projet de démentèlement de l'Empire ottoman. Après la grande défaite de l'offensive turque à
Sarikamis, début 1915, la région de
Van-Ourmia, en Anatolie orientale, acquiert une grande importance stratégique. Les Turcs préparent une contre-offensive, alors que des détachements de volontaires arméniens s'apprêtent à marcher sur la ville de Van. Le 20 avril, les
Arméniens de Van se révoltent. Le gouvernement ottoman publie alors un décret ordonnant la déportation des Arméniens et la mise sous sequestre de leurs biens. Il en résultera des massacres plus ou moins systématiques selon les régions, des pillages, des convois de déportés. Avec les décès dus aux mauvais traitements, à la famine, aux maladies endémiques, environ 800 000 Arméniens (soit près de la moitié de la population arménienne de la région) y périront.
S'il ne s'agissait pas d'un génocide au sens strict du terme, le résultat n'en a pas été très différent ! En
1927, il n'y avait plus que 77 000
Arméniens en Turquie et il n'en reste plus que 40 000 aujourd'hui, essentiellement concentrés à
Istanbul. *
F.O.
tat qui a failli coûter la vie au préfet du
Le fait que les premiers affrontements inter-ethniques aient eu lieu en février 1905 éclaire la dimension politique des faits. L'étincelle a été l'attribution de l'assassinat d'un musulman de Bakou à un Arménien lié aux nationalistes du Dachnak. La population musulmane s'en prit aux quartiers arméniens de Bakou et les affrontements s'étendirent à diverses villes du Caucase, d'Erevan à Tbilissi. Selon différentes estimations, entre trois et dix mille personnes y auraient trouvé la mort.
La police et l'armée ne sont pas intervenues à Bakou au début des massacres. Cela a fait penser que le régime tsariste n'était pas mécontent de voir les travailleurs s'enfoncer dans un affrontement inter-ethnique qui les détournait du mouvement révolutionnaire et que, par conséquent, une provocation fomentée par la police tsariste n'était pas à exclure (1).
Par la suite, les Azéris ont fondé une organisation d'auto-défense, Difâi (Défense), basée à Gence. On pouvait noter un certain parallélisme entre les projets du Dachnaksoutioun, principale force politique de la région, et ceux de Difâi, dans la mesure où tous deux prévoyaient la répartition du Caucase en cantons, sur une base ethnique. C'était un premier pas vers une union des peuples transcaucasiens contre le tsarisme.
Après l'écrasement de la révolution, en 1907, la situation resta stable jusqu'au déclenchement de la Première Guerre mondiale qui allait profondément bouleverser l'équilibre politique de la région.
La Guerre mondiale
En 1914, après le bombardement du port russe de Sebastopol par des cuirassés allemands qui avaient traversé les détroits du Bosphore et des Dardanelles avec l'approbation de l'Empire ottoman, ce dernier entra en guerre contre la Russie aux côtés de l'Allemagne. Ce fait a modifié les rapports de force et les alliances ainsi que la nature de la question nationale au Caucase. Les Arméniens, mus par l'espoir de créer une liance de fait avec le gouvernement russe, se détournant ainsi de la révolution.
Par ailleurs, le massacre et la liquidation des Arméniens d'Anatolie orientale par les Ottomans (voir encadré) a conduit à un afflux massif de réfugiés Arméniens au Caucase, changeant ainsi la composition ethnique de la région au profit de ces derniers. Il est clair que ces nouveaux réfugiés n'éprouvaient pas des sentiments très fraternels à l'égard des Turcs ! Il faut aussi ajouter que la politique officielle de l'Etat ottoman, à l'époque, était la fondation d'un Etat pan-turc musulman qui s'étendrait jusqu'aux confins de l'Asie centrale, même si le sultan (2) avait décrété la djihad (Guerre sainte) donnant ainsi un relief plus religieux que nationaliste à la guerre. Pour expliquer les causes objectives de cet affrontement, il suffit de savoir que la présence des Arméniens — ni Turcs ni musulmans — sur le chemin qui mène à l'Asie centrale, tant du côté russe qu'ottoman, était un obstacle concret à ce projet.
Les relations turco-azéris
En revanche, la situation de l'Azerbaidian était différente. Même si les Azé ris n'avaient rien à craindre d'une occupadéveloppé une conscience nationale propre à partir de la fin du XIXe siècle et, par ailleurs, la région était plus riche que l'Empire ottoman et ses relations écono miques s'étaient surtout développées avec la Russie. Par conséquent, les Azéris cherchaient avant tout une solution "nationale" dans le cadre de la Russie. Ils n'ont donc jamais abandonné l'idée d'un Azerbaïdjan indépendant, au profit d'une occupation ottomane. Par la suite, l'entrée des troupes ottomanes dans la région a détruit toute velléité de rapprochement entre Azéris et Ottomans, d'autant plus que ces derniers étaient hostiles à l'indépendance de l'Azerbaïdjan.
Dans la mesure où les musulmans de Transcaucasie, comme d'ailleurs tous les musulmans, étaient exempts du service militaire dans l'Empire russe, il a été difficile de déterminer exactement leur attitude durant la guerre. La probabilité d'un soulèvement des musulmans à l'approche des troupes ottomanes est devenue caduque avec les victoires successives des Russes sur le front, à partir de 1916, et leur entrée dans les terres ottomanes, en Anatolie. Ainsi, le massacre des Armé niens et la haine nationale croissante entre Arméniens et Turcs — et non pas Azéris — a rendu impossible toute recherche de solution au conflit en dehors du giron
La révolution de février 1917 allait remettre à l'ordre du jour le renforcement des tendances nationalistes chez les peuples du Caucase, à l'instar de la révolution de 1905. Mais aucune de ces na-
1) Il est édifiant de constater que la bureaucratie d'aujourd'hui utilise les mêmes méthodes que le tsarisme d'hier, puisque c'est une provocation du même genre qui aurait été à l'origine des récents massacres de Bakou l
2) Le sultan ottoman était à la fois le chef d'Etat et des armées et la plus haute autorité religieuse du monde musulman sunnite (le calife).
tions — des plus développées aux plus arriérées — n'était en mesure d'obtenir son indépendance par ses propres forces et elles ne posaient pas le problème en termes de "dépendance-indépendance". La Géorgie menchevique en sera le meilleur exemple, cherchant tantôt l'appui de l'impérialisme allemand, tantôt celui de l'impérialisme britannique.
La situation était, en effet, on ne peut plus confuse, avec la présence sur le terrain, outre de l'équivalent régional des forces politiques centrales, des multiples courants nationalistes. Les mencheviques en Géorgie, les Moussavatistes (3) en Azerbaïdjan et les Dachnaks en Arménie étaient les forces prédominantes. Mais, au lieu de résoudre la question de leur indépendance dans le respect de celle des autres nationalités, chacune de ces forces menaçait les intérêts vitaux de ses voisins avec, notamment, des alliances éphémères et douteuses. La seule force politique qui œuvrait au dépassement des rivalités nationales en unissant tous les travailleurs contre les Dachnaks, les Khans, les Beys (4) ou les mencheviques géorgiens, était le mouvement initié par le bolchevique arménien Stepan Chaoumian (5). Mais, faute de soutien social suffisant et sous les coups des ingérences étrangères, ce mouvement fut vaincu.
Jusqu'au vide politique créé par les aléas de la "soviétisation" du Caucase, aucune de ces nations n'avait réellement de projet "d'indépendance". Même les Arméniens ne concevaient la survie de leur l'identité nationale qu'au sein de la Russie et grâce à la protection des Russes, notamment pour éviter d'être emprisonnés entre les Turcs d'Anatolie et les Azéris (les mêmes raisons restent valables aujourd'hui). Même les Géorgiens (pourtant les plus avancés sur cette voie) se contentant de revendications d'autonomie culturelle au sein d'un régime russe qu'ils espéraient voir évoluer dans une sens libéral.
Le POSDR au Caucase
Quant aux organisations révolutionnaires en Transcaucasie, leur histoire est tout aussi complexe. L'exemple le plus typique à ce sujet est l'organisation du Parti ouvrier social-démocrate russe (POSDR). Jusqu'au VIle congrès du POSDR (bolchevique), en 1917, mencheviques et bolcheviques caucasiens étaient regroupés dans les mêmes structures. Minoritaires, les bolcheviques y voyaient un terrain d'unité d'action, tandis que les mencheviques pensaient pouvoir contrôler ces derniers.
Mais les différenciations ethniques ont également pesé sur les organisations révolutionnaires et elles ont été longtemps incapables d'agir en commun et de s'unir. En 1903, le Parti avait refusé au Bund (6) , le droit de s'organiser "séparé ment" et d'être le représentant exclusif du prolétariat juif. Mais, compte tenu de l'impossibilité de recruter des musulmans dans une organisation dirigée par des chrétiens d'origine, comme les Russes, les Géorgiens ou les Arméniens, le POSDR a autorisé de fait, en 1904, la formation de Hümmet (Entraide), une organisation sociale-démocrate musulmane indépendante qui gardait cependant des liens organiques avec le Parti central.
Hümmet
Hümmet avait à l'origine un programme centré essentiellement sur une critique du tsarisme et des survivances religieuses. Le bolchevique Nerimanov, qui a rejoint Hümmet en 1905, a joué un grand rôle dans son développement (avec son camarade Azizbekov). Selon lui, « les ouvriers azéris ne sont pas aussi révolutionnaires que les Russes ou Arméniens. Cela est dû à l'arriération et à l'ignorance, mais aussi aux attitudes chauvines de certains mencheviques du Hümmet. Il faut y ajouter les préjugés nationaux et
3) Le parti Moussavat (les Moussavatistes), principale force politique azérie a été fondé en 1912 par des déçus du socialisme. Son programme était ouvertement pan-islamiste.
4) Les Khans et les beys étaient des propritaires terriens dirigeant cette région divisée en khanats.
5) Stepan Chaoumian (1878-1918). Membre du Comité central du Parti bolchevique qui a dirigé la révolution en 1917, il a été nommé par Lénine Commissaire spécial en Caucasie. Lors de la conférence de toutes les branches du Parti bolchevique, du 2 au 7 octobre 1917, Chaoumian défendit la sé paration du Caucase en différentes régions autonomes nationales, mais la majorité se rangea à une motion préconisant prendre en compte les différences ethniques. La résolution adoptée stipulait que, compte tenu du mélange extrême des peuples de la région, il ne pouvait être question de créer des Etats fédéraux. A posteriori, on peut constater que cette position défendue par des "vieux bolcheviques" comme Ma-
UNION SOVIETIQUE
Unités d'auto-défense des villages arméniens, au début du siècle (DR)
Hümmet avait également des cellules dans la région de la Mer caspienne et au Daghestan. Il a fait élire un représentant à la Douma [parlement], en 1906. Il possédait une publication en deux langues (en arménien et en azéri), Davet-Koch, destinée spécialement aux ouvriers musulmans. On possède peu d'information précises sur ses liens organiques avec le POSDR. En 1906, Staline tenta — en vain
- de rattacher Hümmet au centre.
Du côté arménien, pour des raisons similaires à Hümmet, une organisation sociale-démocrate indépendante arménienne, du même type que le Bund juif avait été fondée à Bakou. Mais c'est surtout l'Union des sociaux-démocrates arméniens, fondée à Tbilissi (en Géorgie) en octobre 1902 sous la direction de Chaoumian, qui a marqué le mouvement ouvrier arménien. L'année suivante, en mars 1903, les sociaux-démocrates caucasiens organisaient leurs premiers comités, à Tbilissi, Batoum et Bakou, et décidaient de publier un organe en trois langues (russe, arménien, géorgien) : La lutte du prolétariat.
Avec la révolution russe de février 1917, l'histoire du Caucase s'accélère à nouveau. Le vice-roi du Caucase est démis et un gouvernement provisoire kharadzé ou Kavtaradzé, laissait aux Dachnaks et Moussavatistes le soin de régler la "question nationale", pour ne se préoccuper que des questions sociales et a causé des torts importants aux bolcheviques
6) Le Bund, Association générale ouvrière juive de Pologne, de Lithuanie et de Russie, fondée à Vilnius en 1897, représentait à l'époque la force principale du mouvement ouvrier juif au sein de l'Empire tsariste. Après avoir été l'une des organisations à l'origine du POSDR, en 1898, le Bund s'en sépara lors du llè Congrès du POSDR, en 1903. Partisan de l'autonomie nationale culturelle juive et d'une transformation dans un sens fédéraliste du POSDR, le Bund se heurta à l'orientation centraliste des sociaux-démocrates russes (tant bolcheviques que mencheviques). Il réintégra le POSDR après la révolution de 1905, sans qu'aucune des divergences ne soit réglée.
7) Russian Azerbaijan 1905-1920, Tadeusz Swictochowski, Cambridge University Press, 1985.
= UNION SOVIETIQUE transcaucasien formé. Les trois grands partis du Caucase, mencheviques géorgiens, Dachnaks arméniens, et Moussavatistes azéris y sont représentés. Un Soviet des délégués ouvriers est proclamé à Tbilissi le 4 mars. Le 7 mars, un Soviet des délégués ouvriers est constitué à Bakou avec la participation des Dachnaks, des Moussavatistes, des Socialistes-révolutionnaires (S-R) (8), des mencheviques et des bolcheviques. A sa première réunion, avec 52 délégués représentants 52 000 ouvriers, le Soviet élit Chaoumian à la présidence. Pourtant, les bolcheviques ne disposaient que de neuf délégués (en avril, le nombre de délégués bolcheviques s'élévera à 25).
Même après la victoire de la révolution d'Octobre, le rapport de forces au Caucase resta défavorable aux bolcheviques. Aux élections pour l'Assemblée constituante, ils n'obtinrent que 8 % des voix dans l'ensemble du Caucase, contre 30 % pour les mencheviques, 20 % pour les Dachnaks, et 19 % pour les Moussavatistes. Mais à Bakou, ils parvinrent cependant à gagner une majorité relative avec 22 % des voix. La dissolution de l'Assemblée constituante à Pétrograd, en janvier 1918, força les groupes d'opposition à adopter une attitude plus conciliatrice envers les bolcheviques.
Les ingérences étrangères
Après l'effondrement du tsarisme, les questions nationales du Caucase ont également revêtu un caractère international dépassant l'histoire et les particularités des peuples de la région. Les impérialistes allemands, comme les Ottomans, avaient l'ambition de combler le vide laissé par les Russes et de s'approprier les richesses souterraines du Caucase en contrôlant, voire même en annexant la région. Après la signature du traité de Brest-Litovsk (9), les armées ottomanes ont rapidement envahi les terres à forte concentration arménienne, qu'ils avaient perdues lors de la guerre russo-ottomane de 1878, poussant leur avancée jusqu'en Géorgie, à Batoum.
Cette poussée ottomane reflétait une claire volonté d'annexion en lien avec le projet panturquiste, d'autant plus que le traité de Brest-Litovsk n'avait nullement attribué cette région à l'Empire ottoman. Le 22 avril 1918, le Seim (Parlement de Transcaucasie dominé par les mencheviques) proclame la République fédérative indépendante de Transcaucasie. En réaction, le 25 avril, les bolcheviques annoncent la formation d'un gouvernement du Soviet de Bakou sous la direction de Chaoumian, avec la participation de Chaparadzé, ainsi que des bolcheviques azéris membres de Hümmet : Nerimanov (futur chef d'Etat azéri) et Azizbekov. Mais, les armées turques qui avaient uni leurs forces à celles des Azéris qui habitaient en dehors de Bakou, formèrent une "Armée de l'Islam" de 20 000 hommes et poursuivirent leur progresion en s'affrontant aux Arméniens.
Le Soviet de Bakou
Avec l'avancée ottomane, les affronrangés aux côtés des Russes, les Azéris aux côtés des Turcs. Selon le récit de Chaoumian : « D'un côté la garde rouge soviétique, le régiment bolchevique international et la flotte rouge. De l'autre, la dans ses rangs de nombreux officiers russes et des bandes armées musulmanes dirigées par les Moussavatistes. L'issue du combat nous a été favorable. (...) Nous avons eu 6 000 combattants et 3 à 4 000 hommes de troupes arméniennes soumises aux Dachnaks. Leur participation a pris le caractère d'une lutte intercommunautaire, mais il a été impossible de l'éviter. » (10)
La Géorgie, se son côté, a demandé la protection des Allemands, leur permettant ainsi de s'approprier le contrôle du chemin de fer acheminant le pétrole de Bakou et d'obtenir des garanties sur la livraison du manganèse géorgien.
En mai 1918, la guerre civile débuta en Russie. La Fédération de Transcaucasie sera dissoute le 26 mai par les mencheviques et les Moussavatistes, malgré l'opposition des Arméniens. A un jour d'intervalle, l'un après l'autre, la Géorgie, l'Arménie et l'Azerbaïdjan déclarèrent leur indépendance. Le 4 juin, chacune de mane poursuivit son offensive vers Bakou. Malgré l'opposition des bolcheviques, le Soviet de Bakou (avec les voix des mencheviques, des Dachnaks et des
8) Socialistes-Révolutionnaires (S-R): courant issu du populisme russe, était la principale force révolutionnaire dans la paysannerie. A participé au gouvernement de Kerenski après la révolution de février 1917 et a soutenu la poursuite de la guerre. Le mouvement a scissionné et les S-R de gauche ont soutenu la révolution d'octobre, en formant un gouvernement avec les bolcheviques. Ils s'en séparèrent après le traité de Brest-Litovsk, en 1918.
9) Le traité de Brest-Litovsk a été signé le 3 mars 1918 entre l'Allemagne et le gouvernement soviétique. Avec ce traité que les bolcheviques ont dû si-
Armoiries de l'Azerbaïdjan
S-R) décida d'appeler les Britanniques à l'aide et d'arrêter le gouvernement bolchevique. Mais l'intervention britannique fut insuffisante et Bakou dû être évacuée. Chaoumian, Chaparidzé, Azizbekov et 34 autres commissaires bolcheviques furent fusillés par des S-R aux ordres des Britanniques. Neuf à dix milles Arméniens furent tués lors de la prise de Bakou par les Ottomans.
Après la défaite ottomane à l'issue de la Première Guerre mondiale, les Britanniques envahirent à leur tour la région, en faisant proclamer un gouvernement Azéri à leur solde. Ils étaient particulièrement intéressés par le contrôle des pétroles de Bakou. Mais ils durent finalement se retirer à leur tour en mai 1919, en laissant Bakou sous mandat... italien ! Ces derniers y renoncèrent assez rapidement. Les affrontements se poursuivirent jusqu'à l'occupation du Caucase par l'Armée rouge à l'issue de la guerre civile.
La guerre civile a paradoxalement rapproché les courants nationalistes de Moscou. Au début, en 1918-1919, les peuples musulmans étaient opposés au pouvoir soviétique. Par la suite, face à l'attitude des armées blanches qui, loin de reconnaître leurs droits à l'indépendance, refusaient même de leur accorder une autonomie culturelle et appliquaient une politique de répression typiquement chauvine grand-russe, les peuples musulmans ont commencé à se rallier au pouvoir bolchevique à partir de 1920.
Avec la défaite des armées blanches, le retrait des Anglais et l'arrivée de l'Armée rouge au Caucase, les rapports gner "le couteau sur la gorge", la Pologne, l'Ukraine, la Livonie, l'Estonie, la Lithuanie, la Russie blanche, soit au total un quart de la population, des terres cultivables, des voies ferrées et 75 % de la capacité de production d'acier et de fer de la Russie sont restés aux mains des Allemands. L'Empire ottoman a récupéré, de son côté, des villes comme Erzincan et Erzurum qu'il avait perdues durant la guerre, ainsi que des villes comme Batoum, Kars, Ardahan perdues en 1878.
10) L'Arménie, l'Azerbaïdjan et la Géorgie, Serge Afanasyan, L'Harmattan, Paris, 1981.
de forces ont une fois de plus été bouleversés : une insurrection à Bakou a jeté à bas le gouvernement azéri le 27 avril 1920. En Arménie, les Dachnaks ont formé un gouvernement qui était en guerre contre les Turcs. Fin 1920 alors que le gouvernement d'Arménie épuisait ses dernières munitions, un comité révolutionnaire qui accompagnait l'Armée rouge proclama la République socialiste d'Arménie.
Le mouvement national
Men Turquie
La "soviétisation" du Caucase a coincidé avec la défaite de l'Empire ottoman, son morcellement et son occupation par les forces alliées. A partir de 1919, un général de l'Empire ottoman, Mustafa Kemal (Atatürk) prend la tête d'un mouvement national dirigé contre l'occupation étrangère du pays. Il réussit à rallier des officiers nationalistes, la bourgeoisie moyenne et les notables d'Anatolie, les islamistes (dont il se débarrassera au lendemain de la victoire) et la paysannerie. II reconstitua une armée régulière et convoquera un Parlement à Ankara qui sera le centre du nouveau pouvoir.
Le combat contre le même adversaire — l'impérialisme britannique — a créé une alliance de fait entre le mouvement nationaliste turc et le gouvernement bolchevique. Cette alliance a soulevé de nombreuses questions théoriques et pratiques, tant dans le domaine des luttes de libération nationales, que de la "lutte antiimpérialiste" en général. En 1920, le Ile Congrès de l'Internationale communiste (IC) et le Congrès des Peuples d'Orient de Bakou (11) en ont largement débattu. On peut difficilement affirmer qu'il en sortit un cadre statégique cohérent. En réalité, les cadres de l'IC étaient loin de comprendre et de maîtriser ces problèmes et n'ont pas pu approfondir la question.
Mais la situation en Turquie nécessitait une réponse urgente. D'une part, les résidus de l'armée ottomane continuaient à se battre au Caucase, tandis qu'une résistance s'était organisée dans les territoires occupés. Les succès des armées turques contre l'impérialisme (en réalité contre les forces d'occupation) avaient une grande importance du point de vue de la sécurité de la Russie soviétique. Celleci apporta donc une grande aide logistique et militaire au mouvement national anatolien. Mais, au niveau politique, à chaque occasion, le gouvernement d'Ankara préféra s'éloigner de Moscou et s'allier à l'impérialisme. En revanche, Moscou adopta une attitude extrêmement conciliatrice à son égard, notamment sur le tracé des frontières au Caucase.
Au départ, par le biais du commissariat du peuple aux Affaires étrangères, Moscou avait tenté de faire pression sur le gouvernement turc pour que celui-ci respecte le droit des nations à disposer d'elles-mêmes. Cependant, il ne s'agissait que d'une attitude de principe qui n'eut pas de suite. Or, le dossier du Caucase fut reprise par le commissariat du peuple aux Nationalités, dirigé par Staline... et l'affaire fut rapidement expédiée.
Il était clair que l'Arménie ne faisait pas le poids aux yeux de Moscou, comparé à l'importance des relations stratégiques avec la Turquie et les peuples musulmans en général, sans oublier le pétrole azéri. Le gouvernement arménien du Dachnak avait capitulé et le gouvernement soviétique qui lui a succédé n'a pas eu la possibilité de faire prévaloir ses intérêts. La Turquie a donc été le grand bénéficiaire de ces relations diplomatiques. C'est ainsi que furent réglés le cas du Haut-Karabagh et du Nakhitchevan.
Les cas du Haut-Karabagh
Get du Nakhitehevan
Initialement, il était question d'unifier l'Arménie. Pourtant, non seulement l'Arménie occidentale a été abandonnée aux Turcs, mais des mesures en leur faveur ont été prises en Arménie orientale.
Le Nakhitchevan avait été cédé aux Arméniens par les Britaniques en 1918. Mais après leur retrait, les musulmans du Nakhitchevan attaquèrent la population arménienne et la forcèrent à évacuer le district. En 1921, lors des négociations avec le pouvoir soviétique, le gouvernement turc combina pressions diplomatiques et militaires pour que le Nakhitchevan soit attribué à l'Azerbaïdjan et les soviétiques cédèrent. Le traité d'amitié turco-soviétique du 16 mars 1921, accorda l'autonomie au Nakhitchevan dans le cadre de l'Azerbaïdjan, à condition que celui-ci ne puisse céder ses droits à un pays tiers.
Le Karabagh, de son côté, était peuplé à l'époque de 165 000 Arméniens et de 59 000 Azéris. Déjà en 1918, "'Armée islamique" turco-azérie avait exigé son annexion à l'Azerbaïdjan. L'administration
- sous protection britannique — envahit le Karabagh à l'été 1919, malgré l'opposition de la population arménienne. Après des guerres incessantes, où le territoire changea plusieurs fois de mains, le Karabagh, toujours sous la pression du gouvernement turc, fut rattaché à l'Azerbaïdjan. Son cas sera définitivement réglé en 1923, par la création du territoire autonome du Haut (Nagorny)-Karabagh.
Quant à la Géorgie, elle présentait un cas totalement à part : début 1921, le sou-
UNION SOVIETIQUE
La "soviétisation du Caucase"
1917
UNION SOVIETIQUE tien populaire du gouvernement menchevique subissait une rapide érosion et les conditions d'un soulèvement populaire mûrissaient. En février, Staline et Ordjonikidzé (11) poussèrent alors l'Armée rouge à envahir la Géorgie. L'Armée rouge ne put pénétrer à Tbilissi qu'après deux semaines d'affrontements sanglants. Contrairements aux attentes, il n'y eut ni soulèvement, ni accueil enthousiaste de la population (12).
La question géorgienne rebondit l'année suivante, avec la démission de tout le Comité central du Parti communiste local qui s'opposait à la création de la République soviétique de Transcaucasie et revendiquait la possibilité pour chaque république nationale du Caucase d'entrer directement dans l'Union soviétique. Cette "rébellion" des communistes géorgiens fut "réglée" par Staline et Ordjonikidzé. La question géorgienne fera l'objet du dernier combat de Lénine, sur son lit de mort, pour défendre les droits et la fierté bafoués des Géorgiens (13).
La "prison des peuples" La révolution russe avait créé des conditions nouvelles pour que les nations opprimées de la Russie tsariste — la plus grande "prison des peuples" du monde entier - puissent réécrire leur histoire. La déclaration qui fut adoptée par le gouvernement révolutionnaire, quelques jours après la victoire, comprenait quatre points essentiels : égalité et souveraineté des peuples de Russie ; droit à la séparation et à l'auto-détermination, y compris en fondant un Etat indépendant; fin des privilèges nationaux et religieux; libre développement des minorités nationales des territoires russes.
Le programme du Parti bolchevique, en 1919, proposait également une Union d'Etat fédéraux, organisés sur le modèle soviétique. On y soulignait l'importance d'accorder une attention particulière aux sentiments nationaux pour arriver à une union volontaire et permanente. Cependant, après la défaite du tsarisme et la victoire de la guerre civile, la direction bolchevique n'avait aucune idée précise sur la manière de régler le problème du Caucase ou des peuples musulmans d'Asie centrale. Au bout de quelques années, tant par manque « d'attention particulière », que par l'émergence de problèmes imprévus, la question nationale redevint source de crise.
L'analyse de la politique du jeune gouvernement soviétique, puis du stalinisme, face à la question nationale relève d'une autre étude. Il est clair cependant que la révolution bolchevique n'a pas apporté de solution à la question nationale et que le droit à l'autodétermination est resté sur le papier. Sous le stalinisme, la "prison des peuples" s'est refermée. Il faut aussi souligner que les bolcheviques, qui avaient tout misé sur une victoire de la révolution allemande, étaient loin de pouvoir maîtriser et comprendre les problèmes qui se posaient aux nations opprimées de l'ancien empire, vivant encore dans des formations sociales précapitalistes. Quant aux intellectuels de ces sociétés, ils commençaient à peine à exprimer politiquement leurs problématiques. Il faut aussi ajouter que l'on ne peut amalgamer les problèmes relatifs à chacune de ces nations. La situation en Asie centrale était très différente du Caucase, tandis que l'Ukraine représentait un cas entièrement à part.
Mais partout, les directives politiques émanant du centre ont eu des effets semblables : pour pallier à la faiblesse, voire à prolétariat ou de cadres communistes indigènes (ou le manque de confiance envers eux) on y substitua des cadres russes émigrés. La "soviétisation", qui ne s'appuyait pas sur le soutien des peuples indigènes, a donc été synonyme de "russification". « Une dictature du prolétariat à caractère colonialiste »
Des cadres bolcheviques ont souligné le problème, dès le début des années 20. Safarov, envoyé spécial de Lénine en Asie centrale, a noté dans son rapport que « la dictature du prolétariat dans ces régions avait revêtu un caractère colonialiste ». Christian Racovski (14), en 1923, attirait l'attention sur les méfaits de la russification de l'Ukraine et notait que cette politique pouvait conduire à une nouvelle guerre civile. Lors du Congrès des peuples d'Orient de Bakou, divers délégués ont exprimé leurs griefs contre les faiblesses de la politique du pouvoir soviétique.
Plus la bureaucratie se renforçait, plus la solution de la question nationale revêtait un caractère de répression sanglante, marquée par le chauvinisme grand-russe. Le point de vue des communistes locaux était totalement ignoré et combattu par des méthodes bureaucratiques et administratives, à l'instar de Sultan Galiev, un bolchevique tatar qui avait occupé de hauts postes dans le commissariat du
Nations et développé une théorie spécifique sur le "communisme musulman" et sur les "peuples prolétaires". Il fut démis dès 1923 puis interné par Staline en 1929. Plus tard, Kamenev (15) notera qu'il s'agissait du premier exemple significatif des méthodes de liquidation stalinienne...
•ПРОЛЕТАРИИ ВСЕХ СТРАН, СОЕДИНЯЙ ТЕСЬ Armoiries de l'Arménie A partir des années 30, cette liquidation prit un caractère systématique et tous les dirigeants communistes, ainsi que les élites nationales des peuples opprimés, notamment au Caucase, furent exécutés par la bureaucratie stalinienne.
Le stalinisme n'a pu résoudre aucune des questions nationales en URSS, ni dans les régions les plus avancées, ni dans les régions les plus arriérées, au contraire, il les a envenimées. Si la question nationale revêt aujourd'hui un caractère si explosif en URSS, c'est la rançon de toute cette histoire, et non pas des "provocations impérialistes" ou du "nationalisme borné" des peuples opprimés. Face au manque de confiance entre les peuples opprimés du Caucase, Moscou se place en position d'arbitre alors qu'il est lui-même en grande partie responsable du conflit actuel. D'autant plus que les dégats causés par des décennies de pratiques criminelles ne pourront se résoudre par des appels à la fraternité naïfs ou hypocrites.
Seule l'existence de droits égaux entre Russes et non-Russes — non pas une simple égalité formelle, mais de nature à compenser les inégalités d'antan — pourrait servir de levier pour assurer une égalité réelle entre les nations opprimées elles-mêmes.
Istanbul le 6 février 1990
12) Serge Ordjonikidzé (1886-1937), militant bolchevique, membre du comité central, fut secrétaire du Parti en Transcaucasie. Se suicida en 1937.
13) Dans son livre sur Staline, en 1940, Trotsky nota que l'invasion militaire de la Géorgie marquait le début de la contre-révolution stalienne.
13) Voir Moshé Lewin, Le dernier combat de Lénine, Edition de Minuit, Paris.
14) Christian Racovski (1873-1942) cadre bolchevique d'origine roumaine, il fut l'un des dirigeants de l'Opposition de gauche aux côtés de Trotsky. II fut condamné lors des Procès de Moscou de 1938 et mourut en déportation.
15) Léon Kamenev (1883-1936), vieux bolchevique, compagnon de Lénine. Après la mort de Lénine, il s'allia d'abord à Staline lors de la lutte contre Trotsky, puis fit bloc avec ce dernier contre Staline. Il fut exécuté à la suite des Procès de Moscou de 1936.