Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

TROTSKY EN URSS

« Contre la dictature du marché »

· Inprecor n° 302, 9 février 1990 · p. 27 · 574 mots

URSS et Russie Stalinisme

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De nombreux pays socialistes se dirigent aujourd'hui vers des relations de marché. Le marché offre-t-il la clé pour résoudre les cation bureaucratique hyper-centralisée ? Notre correspondant, G Valiuzhenich, a discuté avec Catherine Samary, une soviétologue, professeur à l'Université de Paris. Sa thèse de doctorat a été consacrée à une étude de l'expérience yougoslave. Aujourd'hui, elle étudie les réformes en cours dans notre pays.

ARGUMENTI I FAKTI : Le marché a permis aux pays capitalistes d'atteindre un haut niveau de satisfaction des besoins de la population et de résolution des problèmes sociaux, ce qui nous

Catherine SAMARY : Le nide développement économique et de protection sociale ne peut pas être uniquement considéré comme un résultat du marché. Dans une large mesure, les garanties sociales ont été conquises par les travailleurs eux-mêmes à travers une longue lutte pour leurs droits. (...)

De plus, le marché conduira à de très importants fossés entre les revenus des différentes couches de la population. (...)

• Donc, vous êtes autant opposée à la planification hypercentralisée qu'au marché. Dans ce cas, quelle est l'issue que vous proposes?

Le choix n'est pas entre le marché (qui est supposé apporter efficacité et démocratie, ce qui n'est valable que pour ceux qui ont de l'argent et un emploi) et la protection sociale (avec une planification bureaucratique inefficace et une absence de libertés démocratiques) ! C'est une fausse alternative qui doit être rejetée. Je ne suis pas opposée au marché en tant que tel. Je suis contre la dicta-

TROTSKY EN URSS = La publication libérale soviétique la iFakti, diffusé à environ 30 millions d'exemplaires, a publié une interview de notre camarade Catherine Samary dans son numéro 49 du 2 décembre 1989. Cette interview a été réalisée l'été dernier. Nous en publions quelques extraits ture du marché (tout comme je suis contre la dictature de la bureaucratie), contre la vision du marché comme remède miracle. problèmes provenant de la planifi- Un marché est nécessaire mais sous le contrôle de la société. La solution première est la démocratie économique, l'autogestion. Les travailleurs n'ont aucune raison d'accepter comme quelque chose de naturel l'inégalité imposée par la dictature du marché. Ils n'ont aucune raison considérer comme juste (comme le résultat de "lois économiques universelles") le fait d'être traités comme des "choses", comme des "marchandises", qui peuvent être utilisées puis jetées à la rue selon les critères du marché. (...) • Pensez-vous que certaines des crises qui apparaissent SELjourd'hui dans notre pays résultent du socialisme? Pouvez-vous appeler "socialiste" un système où il n'y a pas de "libre association des producteurs", où il n'y a pas de contrôle par la société de la propriété sociale ? Je ne le pense pas. Selon ce qu'en dit la presse, certains économistes disent ici que le modèle socialiste était mauvais dès le départ et qu'il est responsable de tout. C'est la révolution d'Octobre qui aurait engendré tous les maux du pays. Ils disent même qu'il n'y avait pas d'alterative au stalinisme qui s'appuyait prétendument sur les idées du socialisme. Ces arguments proviennent de l'ignorance de gens qui manquent d'une connaissance profonde de leur propre histoire. Dans votre pays, on n'a toujours pas publié la plate-forme de l'Opposition de gauche qui a combattu Staline et proposé une voie alternative pour la construction du socialisme. En fait, vous êtes maintenant en train d'adopter ses idées : construire la démocratie socialiste authentique et l'autogestion. *

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