Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

AFRIQUE DU SUD

La métamorphose

· Inprecor n° 303, 23 février 1990 · p. 3-5 · 2 987 mots

Afrique australe Syndicalisme

NELSON MANDELA n'a pas passé 27 ans de sa vie en prison parce qu'il était favorable à la lutte armée ou parce que son mouvement travaillait avec des communistes. S'il a été incarcéré aussi longtemps, c'est pour quelque chose à la fois de beaucoup plus simple et de beaucoup plus dangereux pour le système : il symbolisait l'exigence de tous les Noirs d'être considérés comme citoyens sud-africains à part entière et de bénéficier du suffrage universel.

Or, si une telle revendication — aussi élémentaire — a mené le régime sud-africain à emprisonner Mandela aussi longtemps ce n'est pas parce qu'il était composé de sinistres crétins qui n'avaient pas compris tout l'avantage que pourrait procurer à l'économie sud-africaine le label de la démocratie parlementaire.

Non, l'apartheid n'a pas été un simple intermède dictatorial de 1948 à aujourd'hui. Héritage de toute la colonisation antérieure du pays, il a constitué un mode particulier de développement capitaliste, structurant simultanément les rapports entre les "races" et les rapports entre les classes. La particularité principale de l'Afrique du Sud n'est pas l'apartheid mais son histoire socio-économique qui a produit cette ségrégation raciale.

Il faut évidemment incorporer dans toute analyse les facteurs secondaires de l'héritage colonial et de la stupidité réactionnaire du colon afrikaner. Mais rien de cela ne saurait expliquer l'ensemble du système et sa reproduction au fil des décennies passées.

Qu'est-ce que l'apartheid ?

C'est pourquoi il faut se reporter encore aujourd'hui à ces critères socio-économiques pour comprendre l'évolution en cours et mesurer ce que l'on appelle actuellement le démantèlement de l'apartheid.

Certains auteurs ont qualifié l'apartheid de "capitalisme racial" afin d'illustrer la manière dont le système entremêle critères raciaux et critères de classe. L'existence d'une large petite bourgeoisie noire dans l'apartheid tardif n'ôte rien au fait fondamental que le système a été maintenu et reproduit afin de fournir une main-d'œuvre bon marché. Ce mode de régulation sociale était traversé par toutes sortes de contradictions. Mais ces der-

AFRIQUE DU SUD

La métamorphose

Pourquoi Nelson Mandela a-t-il été emprisonné pendant 27 ans ? La question mérite d'autant plus d'être posée que se développe une véritable euphorie consensuelle sur le retour de l'Afrique du

Sud dans le concert des nations démocratiques.

Peter BLUMER

PLANTa nières n'ont vraiment commencé à déstabiliser le système que lorsque, dans le cours du développement capitaliste du pays, il fallut élargir le marché intérieur et augmenter la main-d'œuvre qualifiée.

L'ère des réformes commença quand il fallut amender puis faire disparaître l'essentiel des règles qui réservaient toute gamme d'emplois aux seuls travailleurs blancs. Avec ce changement, au tournant des années 70 et 80, la cohérence du système s'effondrait brutalement.

Mais il s'en fallait de beaucoup pour que le système puisse s'auto-réformer car les antagonismes sociaux avaient atteint un tel degré que chaque brèche pouvait favoriser de nouvelles audaces de la part du mouvement des masses noires. Il y a eu la grève générale du Natal en 1973, le soulèvement de la jeunesse des townships au

Transvaal en 1976, puis en 1979 au Cap.

A partir de 1982, enfin, la situation bascula définitivement et le pays entra dans une période d'affrontements de grande ampleur. Ainsi s'enchevêtrent au cours de ces vingt années les éléments économiques et politiques de crise de l'apartheid. Mais pour comprendre ce qui est en train de se passer, il faut garder en mémoire cette double contrainte pour la bourgeoi- les nouveaux besoins du capitalisme et la montée révolutionnaires des masses —et ne pas croire qu'elle est seulement poussée au changement par la pression des luttes (1).

Sinon, on ne comprendrait pas les réserves dont dispose la classe dirigeante pour entamer des négociations et on se tromperait sur les rapports de forces actuels. Dans son discours du 2 février, annonçant la libéralisation politique, le président sud-africain De Klerk a bien expliqué qu'une « situation nouvelle requiert bien plus que des changements politiques et constitutionnels. Elle ne peut se poursuivre positivement en faisant abstraction des problèmes des autres sphères vitales qui exigent des solutions pratiques : la pauvreté, le chômage, le manque de logements, l'insuffisance de l'éducation et de la qualification, l'analphabétisme et les besoins de santé ».

Une Afrique du Sud sans discrimination raciale ?

Ce discours clôt ainsi des années de débat au sommet de l'Etat sur la "dérégulation" de l'apartheid et sur les réformes socio-économiques. Certains cercles bourgeois libéraux réclamaient cela depuis des années, mais il est tout à fait significatif que ce soit maintenant le chef d'Etat et le Parti national au pouvoir qui le disent et le fassent. Ainsi, toute idée selon quoi De Klerk traînerait les pieds et agirait contraint et forcé est erronée. Il faut, au contraire, s'attendre à d'importantes restructurations de la société sud-africaine.

Mais il ne faut pas pour autant se joindre au chour de ceux qui fêtent déjà l'ère des réconciliations et des consensus. Il y aura réformes, certes, mais la société sud-africaine va bien entendu rester une société de classe...

Le mouvement démocratique de libé-

1) Parmi les études récentes, voir notamment : Fuad Cassim. "Growth, Crisis and Change in South African Economy", After Apartheid, Centre for Southern African Studies, University of York, Londres 1988.

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AFRIQUE DU SUD ration ne s'est, jusqu'à présent, jamais cantonné à réclamer uniquement des mesures institutionnelles. Tous les courants politiques, quels qu'ils soient, ont avancé aux côtés de leurs demandes démocratiques des revendications socio-économiques plus ou moins radicales. Une société sans "apartheid" ne peut en effet se résumer à l'adoption du suffrage universel. Il faudrait que toutes les institutions soient définitivement "dé-racialisées" ment dit, que la référence à la "race" en soit ôtée (2). Il faudrait que les droits soient strictement les mêmes pour tous, qu'il n'y ait plus de discriminations sur le droit à la propriété, que les bantoustans soient détruits, etc.

Mais, au-delà de ces évidences, quel pourrait être le contenu, dans une société capitaliste, de la philosophie générale d'égalité ? Au Transkei, 80 % de la population rurale vit en-dessous du niveau de subsistance, et un enfant sur sept meurt avant cinq ans. Moins de 20 % des habitations de ce bantoustan ont accès à l'eau potable et les femmes passent deux heures par jour pour la collecter. Les estimations officielles concernant le logement en Afrique du Sud prévoient, pour l'an 2 000, si la situation ne change pas radicalement, un manque de 3,2 millions de logements pour les Noirs et de 181 000 pour les Blancs (3).

En 1988, la réussite au baccalauréat était de 96,1 % pour les étudiants blancs, pour les Indiens, de 67,8 % pour les "Métis" et de 57,9 % pour les Noirs (4). Elle est tombée à 42 % pour ces derniers en 1989. En 1987, selon le gouvernement, un travailleur noir de l'industrie (hors mines) et des services gagnait en moyenne 593 Rands (5), un

, un "indien" 1 061 Rd, et un Blanc 1 956 Rd.

Tous ces chiffrent expriment parfaitement ce qu'est l'apartheid : un mélange d'appartenance de classe et de classification raciale. Dans une société capitaliste ayant formellement aboli toutes les lois raciales, il faudrait de toute manière des décennies pour faire disparaître un tel héritage ! (6) Si la bourgeoisie sud-africaine a bien l'intention de procéder à des réformes, elle se gardera pourtant de scier la branche sur laquelle elle est assise.

Quelles négociations ?

Au niveau constitutionnel d'abord, les négociations vont porter sur le suffrage universel. Jusqu'à présent, toutes les organisations du mouvement de libération ont exigé le système du "une personne, une voix". Pris au pied de la lettre, cela voudrait dire qu'il n'y aura plus de corps électoral subdivisé selon la race, que les "Africains" voteront comme les autres, que toute personne pourra être candidate et élue dans n'importe quelle élection et dans n'importe quelle circonscription. Une telle réforme institutionnelle aboutirait immédiatement et de facto à un Parlement à majorité noire.

L'enjeu des négociations sur ce point va être celui d'un compromis juridique. Déjà depuis deux ans, le gouvernement explique qu'il faut remplacer le système des groupes raciaux par celui de regroupements librement consentis (pour l'habitat ou les écoles par exemple). Dans son discours du 2 février De Klerk a déclaré : « Il est clair qu'un système de protection des droits des individus, des minorités et des entités nationales doit former un tout bien pesé et équilibré. » Il ne s'agit absolument pas ici du droit démocratique élémentaire à pratiquer librement sa culture, sa langue ou sa religion, mais de trouver un moyen constitutionnel quelconque qui offre à la minorité blanche un droit particulier de contrôle ou de veto (7).

L'objectif des dirigeants blancs sera de trouver une formule constitutionnelle reconnaissant formellement le principe du "une personne une voix" mais aboutissant, grâce à certains mécanismes (circonscriptions, ou droits de veto, ou double chambre) à une garantie spécifique pour l'électorat blanc. Les négociations vont par ailleurs être longues. Mais, présentées sous la forme d'une table ronde visant, d'un commun accord, à "changer" l'Afrique du Sud, elles prendront inévitablement la forme d'une longue transition durant laquelle chaque organisation sera testée sur sa capacité à discipliner ses membres et ses sympathisants.

Quelles réformes ?

L'autre enjeu des négociations sera celui du Group Area Act [la loi réglementant la ségrégation de l'habitat, ndlr] et par voie de conséquence, celui de la ségrégation scolaire. Là, il ne fait aussi aucun doute qu'il y aura des réformes spectaculaires. Il y a d'ailleurs, en la matière, des évolutions objectives incontournables : des zones urbaines entières ont été officiellement ouvertes aux populations noires, entérinant ainsi une situation de fait. Mais, en revanche, rien n'indique que les réformes en vue vont faire disparaître les ghettos noirs et modifier l'urbanisme de l'apartheid. Les prix du terrain ne constituent-ils pas d'ailleurs un autre moyen de ségrégation ?

Les revenus du travail vont sans doute augmenter et la petite bourgeoisie noire s'étendre. Mais cela se ira de pair avec une aggravation des différenciations sociales au sein des communautés noires. Un nouveau droit de propriété du sol va voir le jour, mais cela va aboutir, entre autres, à la capitalisation accélérée d'une petite agriculture noire, avec ses conséquences dramatiques pour la grande majorité des pauvres dans les zones rurales. Rien de tout cela, finalement, ne ressem-

2) C'est pourquoi la majorité des organisations se réclament dorénavant d'une Afrique du Sud "non raciale" au lieu de "multi-raciale"

3) Race relations Survey, p. 190, Johannesburg, 1989.

4) Ibidem, sans le Transkei, p. 270.

5) 1 rand = 0,4 dollar.

6) Sur cette question, la référence à la situation des Noirs et des Chicanos aux Etats Unis aujourd'hui — malgré l'égalité formelle est tout à fait pertinente.

7) Malheureusement, la phrase de N. Mandela selon laquelle l'ANC reconnait les revendications des Blancs d'obtenir des garanties structurelles pour éviter une domination noire est une concession au projet du Parti national.

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blera à une Afrique du Sud "non-raciale". Le système sera réformé, non révolution-

Il reste d'autres inconnues. D'abord le problème des bantoustans que les négociations vont devoir aborder un jour ou l'autre. Un vrai démantèlement des homeLand représenterait rien moins que la fin de la longue histoire des "réserves". 20 millions de personnes sont recensées comme "citoyens" de ces dix bantoustans, où 13,8 millions habitent en permanence. Les faire disparaître en tant qu'entité socio-économique particulière nécessiterait une réforme agraire radicale éliminant la dualité entre agriculture capitaliste blanche et agriculture de subsistance noire et permettant une profonde re-

Il faudrait que disparaisse l'ensemble des systèmes politiques particuliers qui ont donné naissance, au sein de ces bantoustans, à des formations sociales et à des administrations publiques spécifiques (8). Il faudrait aussi que leurs forces armées et leurs polices soient démantelées. De tels bouleversements sont-ils envisageables à court terme ? Comment en maîtriser la gestion en évitant les explosions populaires dues à l'impatience et à la montée de revendications révolution-

La question des forces armées va aussi se poser. Une Afrique du Sud non-raciale nécessiterait une armée non-raciale à tous les échelons de la hiérarchie.... Or, à la différence de ce qui s'est passé au Zimbabwe, l'intégration massive des ailes militaires de l'ANC et du PAC dans l'armée actuelle n'est pas chose envisageable.

Toutes ces questions touchent à des aspects structurels de l'Etat sud-africain. Dans son premier discours du Cap, Nelson Mandela a réaffirmé l'objectif — présent dans la Charte de la Liberté — de la nationalisation des mines et d'autres secteurs clés. La suite des événements montrera comment évolue cette demande (9), dans un pays où l'économie est en effet entre les mains de monopoles à plus de 70 %. Mais les nationalisations elles-mêmes soulèvent le problème de la nature des institutions et de la rupture avec l'Etat-apartheid. Les bantoustans, la nature et la composition des forces de répression, les législations, les systèmes fonciers, les loyers des sols, etc., seront autant de révélateurs de la profondeur ou de la superficialité des réformes.

Il ne faut donc entretenir aucune illusion sur le processus politique en cours. La bourgeoisie sud-africaine n'est pas acculée à faire des réformes. Elle a intégré, depuis longtemps maintenant, la nécessité de changer le système de domination. Elle n'est donc pas dans une position où elle devra faire des concessions dramatiques pour sauver l'économie de marché. C'est pourquoi, les réformes constitutionnelles n'impliqueront sans doute pas des bouleversements socio-économiques majeurs.

C'est ainsi que se pose la question du compromis. Et déjà, on voit dans la presse internationale des articles expliquant que De Klerk et l'ANC auront à se garder de leurs "extrémistes". Renvoyer dos à dos l'extrême droite fasciste blanche et les courants qui, dans le mouvement de masse noir, pourraient souligner l'insuffisance des réformes est en soit un scandale. Mais le plus grave est, bien sûr, d'identifier par là-même la fin de l'oppression raciale au projet de réforme du système par De Klerk lui-même. Est-ce "tomber dans l'extrémisme" que d'exiger qu'il n'y ait aucun droit constitutionnel spécifique pour les Blancs ? Est-ce de l'irresponsabilité de vouloir le démantèlement complet des bantoustans et une réforme agraire radicale ? Est-ce irréfléchi de penser que l'oppression des Noirs subsistera tant que la grande masse des exploités sera, elle aussi, majoritairement noire ?

Phase décisive pour le mouvement de masse

Les négociations vont donc représenter une phase tout à fait décisive pour le mouvement de masse et tous les mouvements politiques. On sait fort bien ce qui amène le Congrès national africain (ANC) à la table des négociations : une nouvelle situation mondiale marquée par la nouvelle politique soviétique et l'impasse stratégique après le grand mouvement des années 1983-87. Mais cela ne signifie pas que l'ANC soit monolithique et aborde la nouvelle situation de manière homogène. Son hégémonie sur la majorité du mouvement de masse n'empêche pas la représentativité réelle d'autres forces (10) et il doit compter aussi sur l'existence de mouvements aussi réactionnaires qu'Inkatha, l'organisation zou-

8) Quatre de ces bantoustans sont déclarés "indépendants". Preuve des nouvelles spécificités, le général Holomisa, nouveau dirigeant du Transkei, a autorisé les activités de l'UDF avant De Klerk et a demandé que la "réintégration" du Transkei dans l'Afrique du Sud soit ré-envisagée.

9) Le Weekly Mail du 16 février 1990 rapporte que Mandela a déclaré que la controverse autour de son appui aux nationalisations des secteurs clés était inutile et mal conçue, et qu'il n'avait eu d'autre but que de réaffirmer la position actuelle de l'ANC tout en étant entendu que le mouvement était prêt à tout renégocier. Le même journal cite également les propos du secrétaire général du PC sud-africain, Joe Slovo, qui estime que les nationalisations ne sont pas le seul moyen d'assurer la redistribution des richesses. Slovo a déclaré à la BBC :

AFRIQUE DU SUD lou de Buthelezi, président du bantoustan Kwazulu (11).

Le mouvement de masse reste très mobilisé, bien qu'affaibli par rapport aux années 1985-87. Mais les négociations ne s'ouvrent pas dans une situation révolutionnaire. Pour la grande masse des militants le problème n'est plus "socialisme ou négociations". Les vraies questions vont plutôt être de savoir comment utiliser cette nouvelle situation pour clarifier les grands débats politiques qui traversent le mouvement de masse depuis de nombreuses années. Partir de l'expérience élémentaire des militants pour redonner des perspectives au mouvement nécessite de poser tout d'abord la question de qui négocie et comment. Il est tout à fait décisif que les négociations ne soient pas secrètes, que le mouvement de masse et toutes ses organisations aient les moyens de savoir ce qui se dit et ce qui se fait. Ensuite, il est important que le mouvement ouvrier s'implique dans ces débats en posant son propre programme immédiat. A savoir :

— "une personne, une voix" et toutes les libertés démocratiques sans délais. Abolition immédiate de toutes les lois racistes et de toutes les entraves au droit syndical.

— disparition totale des bantoustans et réforme agraire.

- nationalisation des mines et des grosses sociétés capitalistes, avec droit de veto des organisations syndicales dans leur gestion. Redistribution des terres et réforme agraire.

- démantèlement de toutes les forces de sécurité et de la police. Désarmement immédiat des groupes fascistes.

— unité et indépendance du mouvement syndical par rapport à tous les mouvements politiques.

— rejet de toutes les pressions internationales sur les organisations progressistes, qu'elles viennent de Washington, Londres ou Moscou. *

16 février 1990 «La question de savoir comment nous allons trouver les ressources pour corriger les injustices d'antan doit encore être élaborée. L'approche àde ces question peut être négocié. »

10) Ceci a été notamment constaté à la Conférence pour un avenir démocratique, où la moitié de l'assistance représentait des forces indépendantes de gauche, tout à fait réticentes au processus de négociation.

11) Une situation de guerre civile entre Inkatha et les militants se réclamant des organisations progressistes (notamment de l'ANC) se déroule depuis plusieurs années dans la région du Natal. Il y a maintenant des dizaines de morts par semaine. Tout le monde s'accorde à penser que N. Mandela peut jouer un rôle décisif dans le règlement négocié de cette crise.

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