Le rapport annuel du Comité d'Etat des statistiques (Goskomtat), publié le 28 janvier dernier, révèle qu'en Union soviétique 13 millions de personnes ne participent pas à la production sociale dont 4,3 millions sont des femmes au foyer, 4 millions font leur service militaire et 4 autres millions sont « des gens temporairement sans emploi parce qu'ils viennent de le perdre ou à cause de la nature saisonnière de leur occupa tion, des handicapés qui ne peuvent travailler, ou des gens qui cherchent à éviter le travail social utile, et autres ». Ces chiffres établiraient le taux national de chômage autour d'environ 2 %, mais ils ne sont guère fiables.
Ainsi, Argumenti i Fakti a récemment publié une interview d'Evgenii Afanas' ev, cadre du Comité soviétique du travail (Goskomtrud), qui concède que les fonctionnaires ne font aucun effort pour mesurer scientifiquement le taux de chômage. Si cet article ne donne aucune information nouvelle à ce sujet, il contient en revanche des statistiques inédites sur l'emploi : selon Afanas'ev, environ un million et demi d'emplois ne sont pas occupés en URSS. A Moscou, 112 000 postes d'ouvriers et 14 000 d'employés sont disponibles. Plus de 100 000 étrangers travaillent actuellement en URSS pour aider à pallier à ce manque de bras. La plupart d'entre eux sont des Vietnamiens ou des Chinois vivant dans la région orientale du pays.
En revanche, les statisticiens estiment que la moitié des chômeurs vivent en Asie centrale, au Kazakhstan, et au Caucase — ainsi, en Ouzbékistan, il y aurait 800 000 chômeurs pour neuf millions d'habitants.