Récemment le gouvernement soviétique a fait de nombreuses concessions aux Eglises : visite de Gorbatchev au Pape en novembre 1989, discussion d'une nouvelle loi sur la liberté de conscience, couverture médiatique importante des événements religieux, etc. Les Eglises, pour leur part, mettent constamment l'accent sur leur intérêt pour la perestroïka et sur leur appui actif des batailles gouvernementales contre les problèmes sociaux tels l'alcoolisme, la délinquance et la drogue.
Ainsi, à la fin 1989, s'est formé un groupe d'initiative pour appuyer la perestroika : "L'Eglise et la perestroïka" Ses militants ont déclaré vouloir: le renouveau l'Eglise orthodoxe russe ; démocratiser la vie paroissiale ; organiser du travail missionnaire, des écoles et des bibliothèques religieuses ; créer une organisation de jeunesse chrétienne ; et participer à des activités charitables. Dans ce dernier domaine, (voir Inprecor numéro 297 du 13 novembre 1989), l'offensive de charme des Eglises est arrêtée par la législation existante qui leur interdit toute action caritative.
Cependant, malgré cet obstacle, des croyants ont commencé à s'occuper de malades dans plusieurs cliniques de Moscou, de Léningrad et de différentes autres villes, et ont organisé de nombreux concerts de charité, dont l'un dans la principale synagogue de Moscou.
Aujourd'hui, les représentants des Eglises peuvent également visiter les prisonniers. En août 1989, le métropolite de Kiev s'est rendu dans un camp de travail près de cette ville, tandis qu'un prêtre orthodoxe visitait la prison Butyrki de Moscou. En décembre dernier, les portes du camp de travail pour femmes de Berezniki ont été largement ouvertes aux prêtres et la Literaturnaya Gazeta a décrit avec "émotion et sympathie" comment les prisonnières se sont signées et ont fondu en larmes en les voyant arriver. C'est probablement l'appel du gouvernement à « utiliser toutes les forces disponibles pour combattre le crime » qui a déterminé ces expériences, encore limitées pour l'instant, mais qui ne devraient pas tarder à se développer.
URSS