Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

MAROC

Grèves de la faim

· Inprecor n° 303, 23 février 1990 · p. 26 · 386 mots

Syndicalisme Maghreb

De nouvelles grèves de la faim se poursuivent depuis le dé but de l'année dans les prisons marocaines, à Marrakech, Rabat et Meknes. En fait, les prisons marocaines sont agitées depuis plus de quatre ans par des vagues de protestation des détenus politiques contre les mauvaises conditions de détention.

Le 19 août 1989, Abdelhak Chbada, un étudiant de 28 ans, est décédé à la suite d'une grève de la faim de 64 jours, à Rabat. Trois autres détenus, accusés d'appartenir au mouvement d'extrême gauche du 23 mars ont été hospitalisés en état de coma. Des actions du même type se sont également déroulées dans d'autres prisons du pays, à Casablanca et Marrakech. Selon l'Organisation marocaine des droits de l'homme, il y aurait encore au moins 266 prisonniers politiques au Maroc.

Le 31 janvier dernier, les prisonniers politiques de la prison ci-

« Au moment où se poursuit la grève illimitée de la faim des détenus politiques de Marrakech et de Rabat, les détenus politiques de Meknes (11 militants) se trouvent contraints, à leur tour, d'observer une grève de la faim illimitée, à compter du 13 janvier 1990, pour faire valoir leurs droits légitimes à l'enseignement, à l'information, aux soins médicaux, à une nourriture convenable, à la "promenade" et à la visite dite de contact, ainsi que leur droit au re-

« Le recours à la grève n'est intervenu qu'après qu'ils aient tenté vainement tous les autres moyens : demande de dialogue avec l'administration de la prison, sollicitations écrites et répétées de l'intervention de l'administration pénitentiaire centrale et du ministre de la Justice, communiqués, lettres ouvertes, etc.

Face à toutes ces initiatives, au lieu de satisfaire les revendications légitimes des prisonniers, l'administration persiste dans son refus de dialoguer avec eux. Pire encore, elle a multiplié dernièrement les harcèlements à l'encontre des détenus et de leurs

«Nous, soussignés détenus politiques incarcérés à la prison civile de Casablanca, condamnons énergiquement la politique d'homicide volontaire qu'opposent les responsables marocains aux modestes et légitimes revendications des grévistes de la faim et appelons toutes les consciences vives et les défenseurs des droits de l'homme à intervenir auprès des autorités marocaines en vue de la satisfaction des revendications des grévistes de la faim et, partant, d'empêcher une éventuelle réédition du drame des groupes de Mar-

Abdallah Ajaha, Dahbi Machrouhi

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